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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2300683

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2300683

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2300683
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 mai, 5 août et 28 octobre 2023, M. B A demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondant à la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu 2021 ;

2°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise le 9 mars 2023 par la direction départementale des finances publiques de La Réunion en recouvrement d'une somme de 5857 euros ;

Il soutient que l'administration a commis une erreur de calcul de son impôt sur les revenus 2021 en appliquant le système du quotient prévu pour des revenus perçus au titre d'indemnités de départ volontaire en retraite ou de mise à la retraite alors qu'il avait sollicité un étalement.

Par un mémoire, enregistré le 23 août 2023, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête et fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en l'absence de réclamation préalable ;

- les conclusions à fin d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur sont irrecevables en l'absence de demande de suspension de paiement ou d'opposition à la saisie administrative ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lebon,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- aucune des parties n'étant présente ou représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a perçu le 7 septembre 2021, des arriérés de pension de retraite au titre des années 2018, 2019 et 2020 après une régularisation de ses droits obtenue par une ordonnance du tribunal judiciaire de Montpellier du 17 mars 2021. En 2022, il a reçu un avis d'imposition d'un montant de 8370 euros intégrant les arriérés de pension au titre des revenus de l'année 2021. Après demande de réexamen de son dossier, il a reçu un avis de dégrèvement du 27 février 2023 d'un montant de 545 euros. Le 8 mars 2023, le conciliateur des finances publiques rejette sa demande le 8 mars 2023, la considérant comme prématurée. Le 14 mars 2023, il reçoit une saisie administrative à tiers détenteur datée du 9 mars 2023 d'un montant de 5857 euros. Par lettre recommandée du 9 mars 2023, il demande à l'administration fiscale un " réexamen de son dossier ", en proposant ses propres calculs comme s'il avait perçu sa retraite au titre des années 2018, 2019, 2020. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet implicite. Par la présente requête, M. A, en demandant au tribunal le réexamen de son dossier, doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondant à la cotisation supplémentaire de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2021.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du même livre " La demande prévue à l'article R. * 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ;b) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A n'a présenté ni de demande de suspension de paiement ni formé opposition à la saisie administrative à tiers détenteur du 9 mars 2023 qu'il conteste directement devant le juge. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par l'administration en défense tirée de ce que les conclusions de M. A à fins d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 9 mars 2023 sont irrecevables.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

4. Aux termes de l'article 163-0 A du code général des impôts : " I. Lorsqu'au cours d'une année un contribuable a réalisé un revenu qui par sa nature n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement et que le montant de ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels ce contribuable a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois dernières années, l'intéressé peut demander que l'impôt correspondant soit calculé en ajoutant le quart du revenu exceptionnel net à son revenu net global imposable et en multipliant par quatre la cotisation supplémentaire ainsi obtenue. Le revenu exceptionnel net s'entend après imputation, le cas échéant, du déficit constaté dans la même catégorie de revenu, du déficit global ou du revenu net global négatif. () II. - Lorsqu'au cours d'une année un contribuable a eu, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, la disposition d'un revenu correspondant, par la date normale de son échéance, à une ou plusieurs années antérieures, l'intéressé peut demander que l'impôt correspondant à ce revenu différé net soit calculé en divisant son montant par un coefficient égal au nombre d'années civiles correspondant aux échéances normales de versement augmenté de un, en ajoutant à son revenu net global imposable le quotient ainsi déterminé, puis en multipliant par ce même coefficient la cotisation supplémentaire ainsi obtenue. Le revenu différé net s'entend après imputation, le cas échéant, du déficit constaté dans la même catégorie de revenu, du déficit global ou du revenu net global négatif ".

5. M. A a sollicité l'étalement de son imposition sur le revenu au titre de l'année 2021, en raison de la perception d'arriérés d'une pension de retraite acquise au titre des années 2018, 2019 et 2020 en une seule fois en 2021 après une décision de justice. Il fait valoir que ces revenus ne doivent pas être perçus comme des revenus salariaux mais des sommes versées par la caisse nationale d'assurance vieillesse, la caisse générale et Pro BTP, la caisse complémentaire et qu'en appliquant le système du quotient, l'administration a commis une erreur. Il résulte toutefois de l'instruction que les rappels de pension constituent des revenus imposables dans la catégorie des traitements, salaires et pensions et présentent effectivement la nature de revenus différés. Il résulte de l'avis d'impôt du 21 février 2023 et il n'est pas contesté qu'au titre des pensions, retraites perçus par le requérant pour l'année 2021 les montants suivants de 23 756 euros de pensions, retraites, et de 33 844 euros de pension, retraites en revenus différés ont été pris en compte. Il résulte également de l'instruction que l'administration a calculé le montant total en revenus différés selon le système du quotient décrit au point précédent. Si M. A sollicitait l'étalement par parts égales sur l'année au cours de laquelle le contribuable en a disposé et les trois années suivantes, ce dispositif, prévu à l'article 163 A du code général des impôts, a été abrogé par la loi du 28 décembre 2019 susvisée et ne pouvait lui être appliqué. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction qu'en appliquant le système du quotient, qui permet d'atténuer les effets de la progressivité de l'impôt sur le revenu en cas de perception par le contribuable d'un revenu différé, l'administration aurait commis une quelconque erreur de calcul.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A doit être rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Khater, présidente,

M. Le Merlus, conseiller,

Mme Lebon, conseillère

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 28 novembre 2024.

La rapporteure,

L. LEBONLa présidente,

A. KHATER

La greffière,

E. POINAMBALOM

La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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