mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2023, Mme D A C demande au tribunal, suite à la décision de la CAF de La Réunion du 23 juin 2023 rejetant sa demande de remise gracieuse, de lui accorder une remise de dette à l'égard des indus de RSA, d'allocation de logement et de prime de fin d'année mis à sa charge à hauteur de 8 087,96 euros, de 1 964,00 euros et de 335,09 euros.
Elle soutient que :
- son droit aux prestations, ouvert sans difficultés lors de son arrivée à La Réunion, a été remis en cause sans qu'il ne puisse lui être reproché des manquements déclaratifs ;
- son absence de ressources et les charges liées à l'entretien de ses quatre enfants justifient une remise gracieuse de l'indu, qui représente une somme totale de 16 382,71 euros, y compris l'indu de prestations familiales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2023, la CAF de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les indus sont justifiés au fond ;
- s'agissant de la remise gracieuse, la situation financière de l'allocataire est laissée à l'appréciation du tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA)
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, magistrat désigné ;
- les observations de Mme A C, requérante ;
- les observations de Mme B, représentant la CAF de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante comorienne, a obtenu, suite à son arrivée à La Réunion en janvier 2022 en provenance de Mayotte, où elle disposait d'une carte de séjour pluriannuelle, l'ouverture de ses droits aux allocations familiales, au RSA et à l'allocation de logement. Par décision du 1er mars 2023, la CAF a remis en cause le droit à ces prestations au motif que l'intéressée, qui était en possession d'un simple récépissé, ne disposait pas à La Réunion d'une carte de séjour permettant l'ouverture du droit aux prestations. En conséquence, un indu de prestations a été mis à la charge de Mme A C, pour un montant total de 16 382,71 euros. Cet indu global incluait, au-delà de l'indu de prestations familiales dont le contentieux ne relève pas de la compétence du tribunal administratif, un indu de RSA fixé à 8 087,96 euros pour la période de mars à décembre 2022, un indu d'allocation de logement fixé à 1 964,00 euros pour la période de septembre à décembre 2022 et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2022 se montant à 335,39 euros. L'intéressée, qui ne conteste pas l'indu dans son principe, quoiqu'elle nie être responsable de la survenance de l'indu, réitère devant le tribunal administratif, suite au rejet de sa demande adressée à la CAF le 26 avril 2023, son souhait d'obtenir une remise de dette à titre gracieux, compte tenu de son état d'impécuniosité.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, qui concerne les indus de RSA : " () La créance peut être remise ou réduite () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Le code de la construction et de l'habitation comporte des dispositions similaires à l'égard des indus d'aide au logement.
3. Il appartient au juge du contentieux social, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non seulement d'apprécier la légalité de la décision ordonnant la récupération d'un indu, mais aussi de se prononcer lui-même sur la suite qu'il convient de donner à la demande de l'allocataire tendant à la remise ou à la modération, à titre gracieux, de la somme mise à sa charge, en recherchant si, au regard de l'ensemble des circonstances de fait dont il est justifié par les parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient une telle mesure, le bénéfice d'une remise gracieuse étant exclu en cas d'attitude frauduleuse de l'allocataire.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A C a demandé auprès de la préfecture, suite à son arrivée à La Réunion, un titre de séjour valable en ce lieu, se substituant au titre dont elle disposait à Mayotte et qui lui permettait de résider régulièrement dans ce seul département, et qu'elle a été mise en possession, en attendant que soit achevée l'instruction de sa demande, d'un " récépissé de demande de carte de séjour ". Le document ainsi détenu par l'intéressée valait autorisation provisoire de séjour, comportait la mention " autorise son titulaire à travailler " et était " valable jusqu'au 11/05/2023 ". C'est sur la base de cette situation administrative que le droit aux prestations a été ouvert en 2022, sans que l'intéressée ne puisse se voir reprocher d'avoir occulté, d'une manière ou d'une autre, des informations concernant sa situation. Si la CAF a estimé devoir remettre en cause rétroactivement, le 1er mars 2023, le droit aux prestations de l'intéressée en estimant qu'au regard des dispositions combinées du CESEDA et des codes régissant les prestations en cause, la possession d'un simple récépissé ne constituait pas la justification d'une situation administrative ouvrant droit aux prestations, le dossier soumis au tribunal ne met en évidence aucune mauvaise foi de la part de l'allocataire. Par ailleurs, il est établi que Mme A C, qui ne dispose plus d'aucune ressource alors qu'elle doit faire face à l'entretien de ses quatre enfants, est dans l'incapacité de rembourser les importantes sommes qui lui sont réclamées au titre des indus de RSA, d'allocation de logement et de prime de fin d'année. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de la remise gracieuse à laquelle peut prétendre l'allocataire en lui reconnaissant un droit à minoration à hauteur de 90 %.
5. Il résulte de ce qui précède que la dette de Mme A C doit être réduite de 7 279,17 euros en ce qui concerne l'indu de RSA, de 1 767,60 euros en ce qui concerne l'indu d'allocation de logement et de 301,85 euros en ce qui concerne l'indu de prime de fin d'année.
DECIDE :
Article 1er : Il est accordé à Mme A C la décharge de l'obligation de payer la somme de 7 279,17 euros au titre de l'indu de RSA fixé à 8 087,96 euros.
Article 2 : Il est accordé à Mme A C la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 767,60 euros au titre de l'indu d'allocation de logement fixé à 1 964,00 euros.
Article 3 : Il est accordé à Mme A C la décharge de l'obligation de payer la somme de 301,85 euros au titre de l'indu de prime de fin d'année 2022 fixé à 335,39 euros.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A C et à la caisse d'allocations familiales de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIET - BALOUKJYLa République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026