lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301184 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique enregistrée les 15 septembre 2023, 31 décembre 2023 et 5 février 2024, la société NVESTO 7, représentée par Me Ferdinand, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la région Réunion à lui verser, en conséquence des difficultés d'accès à sa station-service lors des travaux de la RN2 en 2021 et 2022, une indemnité provisionnelle de 2 016 983 euros ;
2°) de mettre à la charge de la région Réunion une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la région pour dommages de travaux publics est engagée à l'égard des conséquences, pour la rentabilité de l'entreprise, des importants travaux réalisés entre avril 2022 et juin 2023, qui ont entraîné une gêne considérable pour la clientèle et une fermeture totale de l'accès pendant une centaine de nuits ;
- elle a subi une perte d'exploitation significative et n'a pas été en mesure d'honorer ses obligations vis-à-vis de la société propriétaire, qui l'a expulsée en juillet 2023 ; elle a ainsi subi un dommage anormal et spécial qui doit être indemnisé par la région ;
- les pièces comptables produites à l'appui de sa créance attestent d'un droit à réparation à hauteur de 2 016 983 euros au total, les pertes de vente se montant à 875 427 euros pour le carburant et à 1 141 556 euros pour les produits " boutique " ;
- ainsi, l'obligation n'est pas sérieusement contestable.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 octobre 2023 et 5 février 2024, la région Réunion représentée par Me Lafay, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société NVESTO 7 une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les travaux litigieux, réalisés en prenant soin de préserver autant que possible l'accès à la station-service, n'ont pas été de nature à générer un préjudice significatif pour l'exploitant ;
- les préjudices invoqués ne sont, pour l'essentiel, pas établis ; en tout état de cause, ils ne revêtent pas un caractère spécial et normal ;
- ainsi, la créance est sérieusement contestable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".
2. Il appartient au riverain d'une voie publique qui entend obtenir réparation des dommages qu'il estime avoir subis à l'occasion d'une opération de travaux publics à l'égard de laquelle il a la qualité de tiers d'établir, d'une part, le lien de causalité entre cette opération et les dommages invoqués, et, d'autre part, le caractère anormal et spécial de son préjudice, les riverains des voies publiques étant tenus de supporter sans contrepartie les sujétions normales qui leur sont imposées dans un but d'intérêt général.
3. La créance dont se prévaut la société NVESTO 7, exploitante jusqu'en juillet 2023 de la station-service Vito sur la RN2 à Sainte-Marie, côté mer, a pour fondement un dommage de travaux publics qui serait imputable à la région Réunion et résulterait de l'importante opération de recalibrage de cette route à 2 X 2 voies, où a été créée une voie dédiée aux transports en commun en lieu et place de la bande d'arrêt d'urgence. Il résulte de l'instruction que, du fait de ces travaux, l'accès à la station a été fermé la nuit à maintes reprises entre avril 2022 et juin 2023, les pièces versées au dossier révélant que ces fermetures forcées ont plus précisément concerné 61 nuits. En revanche, l'accès à la station n'a jamais été interrompu pendant la journée, même si le déroulement du chantier en période diurne a pu avoir un impact sur la commodité d'accès. S'il est indiscutable que des pertes d'exploitation ont été subies par la société exploitante durant la période des travaux, quoique les éléments comptables produits par celle-ci à l'égard de ses baisses de chiffre d'affaires et de bénéfice entre les exercices 2021 et 2022 soient peu probants quant à la consistance et à l'importance du préjudice directement lié aux travaux, le dommage invoqué ne peut être regardé, en l'espèce, comme présentant un caractère anormal et spécial pour l'exploitant de la station Vito, qui était confronté à une sujétion non excessive au regard de la nécessaire amélioration de l'axe de circulation dont tire profit la station-service, et qui aurait dû pouvoir faire face à la baisse de rentabilité ayant affecté ponctuellement une activité économique destinée à prospérer sur un grand nombre d'années. A cet égard, la cessation d'exploitation subie par la société NVESTO 7 en juillet 2023 découle d'une dégradation de ses relations commerciales avec la société propriétaire de la station, mais ne peut être regardée comme une conséquence directe des agissements de la collectivité gestionnaire de la RN2. Ainsi, l'existence de l'obligation est sérieusement contestable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête en référé-provision présentée par la société NVESTO 7 doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir les conclusions présentées par la région Réunion à l'encontre de la requérante sur ce même fondement.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de la société NVESTO 7 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Réunion sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société NVESTO 7 et à la région Réunion.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 29 avril 2024.
Le président,
M.-A AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de la Réunion ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026