vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301558 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 10 janvier 2024, M. B D conteste la décision de la caisse d'allocations familiales (CAF) de La Réunion du 6 novembre 2023 confirmant l'indu d'allocation de logement mis à sa charge en 2017 pour un montant de 3 342,35 euros.
Il soutient que la dette avait été annulée par une décision créatrice de droits du directeur de la CAF du 5 avril 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2024, la CAF conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- M. D demeure redevable de l'indu d'allocation de logement constaté en 2017 en conséquence de la prise en compte de sa situation professionnelle ;
- la décision d'annulation de dette n'a été prise qu'à l'égard de son épouse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, magistrat désigné ;
- les observations de Mme A, représentant la CAF.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête déposée le 4 décembre 2023, M. B D conteste, en invoquant une décision d'annulation de dette intervenue le 5 avril 2022, la décision de la CAF de La Réunion du 6 novembre 2023 confirmant l'existence de sa dette relative à l'indu d'allocation de logement qui avait été mis à sa charge en 2017 pour un montant de 3 342,35 euros. Il peut être regardé comme demandant à être déchargé de l'obligation de payer cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
3. La décision en date du 5 avril 2022 émane de M. E, directeur de la CAF de La Réunion, signataire de la décision. Elle comporte, parmi d'autres éléments d'explication donnés à sa destinataire, Mme C D, épouse de M. B D et allocataire vis-à-vis de la CAF depuis leur mariage célébré en 2021 et la fusion de leurs dossiers, les termes suivants : " La dette relative à l'allocation de logement a bien été annulée ". Si la CAF soutient, par ses écritures en défense de la présente instance, que la décision d'annulation de dette ne valait qu'à l'égard de Mme D et que l'indu, généré avant le mariage, constitue une dette propre de M. D, la réserve ainsi exprimée n'apparaissait pas dans la décision du 5 avril 2022, laquelle faisait suite à des échanges lors desquels Mme D, en tant qu'allocataire, évoquait la situation de l'ensemble de son foyer familial. Ainsi, il y a lieu de considérer que la décision d'annulation de dette était créatrice de droits tant pour Mme D que pour son mari. En affirmant à nouveau, par sa décision du 6 décembre 2023, que M. D était redevable d'une somme de 3 342,35 euros au titre de l'indu d'allocation de logement constaté en 2017, la CAF a implicitement procédé au retrait de cette décision créatrice de droits. Le retrait étant intervenu au-delà du délai de quatre mois dont disposait l'administration, la décision du 6 décembre 2023 est entachée d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du 6 décembre 2023 doit être annulée et que M. D doit être déchargé de l'obligation de payer la somme de 3 342,35 euros.
DECIDE :
Article 1er : La décision de confirmation d'indu du 6 décembre 2023 est annulée.
Article 2 : Il est accordé à M. B D la décharge de l'obligation de payer la somme de 3 342,35 euros correspondant à l'indu d'allocation de logement constaté en 2017.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la caisse d'allocations familiales (CAF) de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026