mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400396 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 27 mars et 25 octobre 2024, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du président du conseil départemental de La Réunion du 29 janvier 2024 confirmant, suite à son recours administratif du 3 novembre 2023, le refus d'attribution de la carte mobilité inclusion stationnement ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui accorder l'avantage sollicité.
Elle soutient que son handicap, qui tend à s'aggraver, justifie la délivrance de la carte mobilité inclusion stationnement.
Une mise en demeure a été adressée le 17 septembre 2024 au département de La Réunion, qui n'a pas défendu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Il a été constaté l'absence des parties lors de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte des dispositions des articles L. 241-3, 3° et R. 241-12-1, IV du code de l'action sociale et des familles que la carte " mobilité inclusion " avec mention " stationnement pour personnes handicapées " est délivrée aux personnes atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable leur capacité et leur autonomie de déplacement à pied. Il résulte de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 pris pour l'application des dispositions susmentionnées que le critère de la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied est rempli dans le cas d'une personne ayant un " périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ".
2. Il résulte des nombreuses pièces médicales produites par Mme A - dont le nom d'usage était précédemment De Barros - à l'appui de sa requête et de son mémoire complémentaire, qui attestent de l'aggravation, au cours des dernières années, des multiples pathologies invalidantes dont elle est atteinte, notamment au niveau du rachis lombaire, des vertèbres cervicales et du genou gauche, et de l'impact de son handicap sur sa capacité à se mouvoir, que les difficultés de déplacement auxquelles elle est confrontée sont particulièrement importantes. En l'espèce, le périmètre de marche peut être regardé, alors surtout qu'aucune défense n'a été présentée par le département de La Réunion en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée, comme largement inférieur à 200 mètres. Dès lors, il y a lieu de constater que le refus d'attribution de la carte mobilité inclusion stationnement, confirmé par l'autorité administrative le 29 janvier 2024 suite au recours préalable formé par l'intéressée le 3 novembre 2023, procède d'une inexacte application des dispositions précitées.
3. Il résulte de ce qui précède que les décisions de refus opposées à Mme A en 2023 puis janvier 2024 par le président du conseil départemental de La Réunion doivent être annulées et qu'une injonction de délivrance de la carte mobilité inclusion stationnement doit être prononcée.
DECIDE :
Article 1er : Les décisions du président du conseil départemental de La Réunion refusant d'attribuer à Mme A la carte mobilité inclusion stationnement sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au département de La Réunion d'attribuer la carte mobilité inclusion stationnement précédemment à Mme A.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIETLa République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026