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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2400481

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2400481

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2400481
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCHARREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 avril et 11 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Dugoujon, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner la commune de Saint-Paul à lui verser, à titre de provision, la somme de 30 526,16 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 21 décembre 2023, correspondant à la prime de service et de rendement et à l'indemnité spécifique de service qui auraient dû lui être versées entre le 1er janvier 2019 et le 1er septembre 2023 ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Saint-Paul à lui verser, à titre de provision, la somme de 23 505,36 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 21 décembre 2023, correspondant à la prime de service et de rendement et à l'indemnité spécifique de service qui auraient dû lui être versées respectivement entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2022 puis entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2020 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la perte de primes et indemnités postérieure au 1er janvier 2019 n'est pas prescrite, compte tenu de la demande préalable indemnitaire réceptionnée le 21 décembre 2023 ;

- l'obligation n'est pas sérieusement contestable, les conditions d'attribution desdites primes exigées par la délibération du conseil municipal - non abrogée et donc toujours applicable - étant satisfaites :

- d'une part, il remplit la " part fonctionnelle ", ce que la commune reconnait en décidant de lui verser lesdites primes à compter de septembre 2023 alors qu'il occupait les mêmes fonctions sur la période 2019-2023 ;

- d'autre part, la " part liée à l'exercice des métiers, à l'occupation du poste " est remplie dès lors qu'il donne satisfaction dans sa manière de servir, sa motivation, son comportement et sa disponibilité, ainsi qu'en attestent ses évaluations professionnelles depuis 2019 ;

- le quantum de la somme à verser doit se calculer en prenant le montant des primes attribuées à compter de septembre 2023 comme base de l'indemnisation, son indice de rémunération étant constant sur la période.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Charrel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que tant l'obligation de versement de l'indemnité spécifique de service et de la prime de service et de rendement, que le quantum sollicité sont contestables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 modifié ;

- le décret n° 2009-1558 du 15 décembre 2009 modifié ;

- la délibération n° CM120426027 du conseil municipal du 26 avril 2012 portant sur le régime indemnitaire applicable au personnel communal ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, titularisé au grade de technicien principal territorial de deuxième classe depuis le 1er septembre 2015, a été réintégré à la commune de Saint-Paul, dans l'emploi de responsable de la cellule espaces naturels à compter du 2 janvier 2017. Le requérant demande, à titre de provision, le versement d'une somme de 30 526,16 euros correspondant aux montants de l'indemnité spécifique de service et de la prime de service et de rendement dues sur la période comprise entre le 1er janvier 2019 et le 31 août 2023, assortie des intérêts moratoires.

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

3. Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Pour apprécier si l'existence d'une obligation est dépourvue de caractère sérieusement contestable, le juge des référés peut s'appuyer sur l'ensemble des éléments figurant au dossier qui lui est soumis pourvu qu'ils présentent un caractère de précision suffisante et qu'ils aient été soumis à la contradiction des parties.

4. Il résulte de l'instruction que les modifications réglementaires des décrets sur lesquels se fonde la délibération du conseil municipal de Saint-Paul du 26 avril 2012 pour attribuer l'indemnité spécifique de service et la prime de service et de rendement à ses agents, d'une part, et les évaluations contrastées sur la manière de servir de l'intéressé et sur l'atteinte de ses objectifs professionnels durant la période en litige, d'autre part, ne permettent pas, en l'état de l'instruction, de regarder l'obligation dont se prévaut M. B envers la commune de Saint-Paul comme présentant le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Dès lors, il ne peut être fait droit à la demande provisionnelle, assortie des intérêts moratoires, présentée par le requérant. Il s'ensuit que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la commune de Saint-Paul au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Paul au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Saint-Paul.

Fait à Saint-Denis, le 20 septembre 2024.

La juge des référés,

A. KHATER

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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