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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2400641

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2400641

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2400641
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCOHEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de Mme A, qui contestait des cotisations d'impôt sur le revenu et des rappels de TVA. La requête a été jugée manifestement irrecevable car Mme A, bien qu'avocate, ne pouvait se représenter elle-même dans une instance où elle était partie personnelle, en vertu de l'article R. 431-2 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation, elle n'a pas constitué un mandataire distinct. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 et R. 612-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2024, Mme B A, représentée par Me A, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu pour un montant de 95 060 euros auxquels elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2021 et des rappels de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour un montant de 52 047 euros auxquels elle a été assujettie au titre de la période de janvier 2019 à décembre 2021 ainsi que des pénalités afférentes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne saurait être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, soit par un avoué en exercice dans le ressort du tribunal administratif intéressé, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né d'un contrat. / La signature des requêtes et mémoires par l'un de ces mandataires vaut constitution et élection de domicile chez lui ". Aux termes de l'article 1984 du code civil, qui définit la forme du mandat : " Le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom () "

2. Les dispositions relatives au mandat, résultant du code de justice administrative et du code civil, ainsi que le principe d'indépendance de l'avocat, en vertu duquel ce dernier a le devoir de demeurer indépendant à l'égard de tous et notamment à l'égard de son client, impliquent que l'avocat soit une personne distincte du requérant, dont les intérêts personnels ne sont pas en cause dans l'affaire et font obstacle à ce qu'un requérant exerçant la profession d'avocat puisse, dans une instance à laquelle il est personnellement partie, assurer sa propre représentation au titre de l'article R. 431-2 du code de justice administrative.

3. En dépit de la lettre du 3 juin 2024, mis à sa disposition par le biais de l'application Télérecours, Mme A n'a pas, à l'expiration du délai de quinze jours imparti, régularisé sa requête par le recours à l'un des mandataires énumérés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative. Par suite, la requête de Mme A, étant entachée d'une irrecevabilité manifeste, doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de la Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 11 octobre 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

A. KHATER.

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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