mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400886 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 juillet 2024, 3 et 20 septembre 2024, la société UP COOP, représentée par Me Villand, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le syndicat mixte de Pierrefonds à lui payer à titre provisionnel les sommes de 2 738,83 euros au titre des intérêts moratoires de la facture initiale du 9 mars 2023 d'un montant de 40 732,36 euros, de 2 498,61 euros au titre des intérêts moratoires de la facture du 20 décembre 2023 d'un montant de 42 425,97 euros et de deux fois 40 euros au titre de pénalités forfaitaires de recouvrement relativement aux factures des 9 mars et 20 décembre 2023;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte de Pierrefonds la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en dépit du règlement principal de la seconde facture d'un montant de 42 425,97 euros en cours d'instance, le syndicat mixte de Pierrefonds reste redevable de la somme de 2 738,83 euros d'intérêts moratoires sur la première facture de 40 732,36 euros et de 2 498,61 euros d'intérêts moratoires sur la seconde facture de 42 425,97 euros ; de plus, elle est redevable de deux fois la somme de 40 euros à titre de pénalités forfaitaires de recouvrement ;
- le principe et le quantum des sommes réclamées ne sont pas sérieusement contestables.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 août et 18 septembre 2024, le président du syndicat mixte de Pierrefonds conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- que le calcul des intérêts moratoires est erroné ;
- que la somme de 40 euros ne repose sur aucun fondement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat mixte de Pierrefonds a passé commande auprès de la société UP COOP, en mars 2023, de chèques déjeuner pour un montant de 40 732,36 euros ; une facture a été émise par la société UP COOP le 9 mars 2023 et réglée par le syndicat mixte le 3 octobre 2023. Une seconde commande a été passée en décembre 2023 pour un montant de 42 425,97 euros de chèques déjeuner. La facture correspondante, émise le 20 décembre 2023, a été réglée le 5 juillet 2024 par le syndicat mixte. Par la présente requête et dans le dernier état de ses écritures, la société UP COOP demande au juge des référés de condamner le syndicat mixte de Pierrefonds à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sommes provisionnelles de 2 738,83 euros au titre des intérêts moratoires à valoir sur la facture initiale du 9 mars 2023 d'un montant de 40 732,36 euros, de 2 498,61 euros au titre des intérêts moratoires de la facture du 20 décembre 2023 d'un montant de 42 425,97 euros ainsi que de deux fois 40 euros au titre de pénalités forfaitaires de recouvrement relativement aux factures des 9 mars et 20 décembre 2023 .
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. / Il ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire et, le cas échéant, à une indemnisation complémentaire versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire ". Selon l'article R. 2192-31 du code de la commande publique : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage ". Et aux termes de l'article D. 2192-35 du même code : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros " . Enfin, selon l'article R. 2192-36 de ce code : " Les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement sont payés dans un délai de quarante-cinq jours suivant la mise en paiement du principal ".
4. Il résulte de l'instruction que la facture émise le 9 mars 2023 devait être réglée par le syndicat mixte au plus tard le 9 avril 2023. Le retard de paiement ouvre donc droit au paiement des intérêts moratoires pour la période du 9 avril au 3 octobre 2023, date de paiement effectif de la facture. La société UP COOP est donc fondée à demander le versement d'une provision pour un montant non contestable, au regard des calculs effectués, du 10 mai au 1er octobre 2023, soit la somme de 1 790,83 euros à laquelle s'ajoute l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros. Par ailleurs, la facture émise le 20 décembre 2023 devait être réglée au plus tard le 20 janvier 2024 ; elle ouvre donc droit aux intérêts moratoires pour la période comprise entre cette dernière date et la date effective de paiement, le 5 juillet 2024. Toutefois, la société UP COOP n'apportant pas de précisions sur les modalités de calcul des intérêts de retard pour cette seconde facture, il lui sera alloué une somme provisionnelle, non sérieusement contestable, à hauteur de 1 700 euros ainsi que la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société UP COOP est fondée à demander le versement par le syndicat mixte de Pierrefonds de la somme provisionnelle globale de 3 570,83 euros.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du syndicat mixte de Pierrefonds le paiement à la société UP COOP d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le syndicat mixte de Pierrefonds est condamné à verser à la société UP COOP une indemnité provisionnelle de 3 570,83 euros.
Article 2 : Le syndicat mixte de Pierrefonds versera à la société UP COOP une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société UP COOP et au syndicat mixte de Pierrefonds.
Fait à Saint-Denis, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026