mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400905 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PAYEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 11 juillet et 12 septembre 2024, la SPL TAMARUN, représentée par Me Rapady, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la société SAS COD Restauration à lui verser la somme provisionnelle de 125 317,19 euros, assortie des intérêts au taux légal majoré de deux points ;
2°) de mettre à la charge de la société SAS COD Restauration la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société SAS COD Restauration s'est maintenue sur le site et a poursuivi son activité en dépit de l'injonction judiciaire de quitter les lieux à l'issue de l'échéance de la convention temporaire d'occupation du domaine public ;
- cette occupation sans droit ni titre la rend redevable d'une indemnité d'occupation ;
- elle est donc fondée à demander le versement d'une redevance d'occupation correspondant au loyer minimum qu'elle aurait dû percevoir du nouvel attributaire, de 6 800 euros par mois, soit 34 800 euros à date ;
- elle est de surcroît fondée à demande le règlement de la perte de chance de percevoir la part variable de la redevance domaniale pendant six mois, soit 30 600 euros ;
- en outre, elle est fondée à solliciter le règlement des frais de nettoyage du site, soit 1 340,64 euros, et les frais de démolition des constructions réalisées aux fins de remise en état des lieux, soit 72 076,55 euros ;
- les conclusions reconventionnelles de la SAS COD Restauration sont irrecevables ;
- il conviendra de tenir compte du règlement partiel de 13 500 euros intervenu en cours d'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, la SAS COD Restauration, représentée par Me Payen, conclut à ce que la demande de condamnation provisionnelle soit limitée à la somme de 13 677,42 euros, à ce que la SPL TAMARUN soit condamnée, à titre reconventionnel, à lui verser la somme de 18 000 euros à valoir sur le remboursement du dépôt de garantie, et à ce qu'il soit ordonné la compensation en condamnant la SPL TAMARUN à lui verser la somme de 4 322,58 euros.
Elle fait valoir que :
- la SPL TAMARUN ne justifie pas du montant du loyer applicable au nouvel attributaire de sorte que la demande d'une indemnisation provisionnelle au-delà du montant du loyer qu'elle versait elle-même se heurte à une contestation sérieuse ;
- de plus, toute indemnisation au-delà du 19 juillet 2024, date à laquelle elle a quitté les lieux est sérieusement contestable ;
- d'ailleurs, elle s'est d'ores et déjà acquitté de la somme de 13 500 euros au titre de l'indemnité d'occupation ;
- elle est bien fondée à demander la restitution du dépôt de garantie de 18 000 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par convention de délégation de service public du 24 mai 2023, la société publique locale (SPL) TAMARUN exploite notamment l'établissement dénommé le " Choka Bleu " dans la zone des cinquante pas géométriques de la commune de Saint-Paul. Elle a décidé de ne pas renouveler l'autorisation d'occupation temporaire du " Choka Bleu " par la SAS COD Restauration à son terme conventionnel du 31 décembre 2023. La SAS COD Restauration s'étant toutefois maintenue dans les lieux jusqu'au mois de juillet 2024, par la présente requête et dans le dernier état de ses écritures, la SPL TAMARUN demande au juge des référés de condamner la SAS COD Restauration à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la somme provisionnelle de 125 317,19 euros en règlement des différents préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. En premier lieu, une collectivité publique ou son délégataire est fondé à réclamer à l'occupant sans titre de son domaine public, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'il aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, il doit rechercher le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière, soit par référence à un tarif existant, lequel doit tenir compte des avantages de toute nature procurés par l'occupation du domaine public, soit, à défaut de tarif applicable, par référence au revenu, tenant compte des mêmes avantages, qu'aurait pu produire l'occupation régulière de la partie concernée du domaine public communal.
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la SAS COD Restauration s'est maintenue sans droit ni titre au sein des locaux du " Choka Bleu " du 1er février au 19 juillet 2024, privant ainsi la SPL TAMARUN de la possibilité de mettre en location le bien litigieux, dans le cadre de la nouvelle convention d'occupation temporaire du domaine public, entre le mois de février et le mois de juillet inclus, soit pendant 6 mois. Il résulte de l'instruction et notamment du cahier des charges de l'appel à projets en vue de la nouvelle convention que le loyer dû par le nouvel attributaire devait s'établir à 6 800 euros par mois. La SPL TAMARUN est donc fondée à demander la condamnation de la SAS COD Restauration à lui verser la somme provisionnelle de 40 800 euros, de laquelle il convient toutefois de déduire la somme de 6 000 euros versée au titre du mois de février et la somme de 13 500 euros versée lors de la libération des locaux en juillet 2024, soit une somme provisionnelle restant due de 21 300 euros.
5. En deuxième lieu, si la SPL TAMARUN sollicite, dans ses dernières écritures, le versement d'une somme provisionnelle correspondant à la part variable de la redevance domaniale, il résulte de l'instruction que cette dernière, selon le cahier des charges de la nouvelle convention, serait elle-même variable en fonction de chiffre d'affaires réalisé l'année précédente par le nouvel attributaire. En l'état en l'absence d'éléments circonstanciés permettant d'apprécier le montant de chiffres d'affaires qu'aurait pu dégager le nouvel attributaire à compter du mois de février 2024, l'obligation qui en résulterait pour la société défenderesse n'apparaît pas établie avec un degré suffisant de certitude.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 12 de la convention portant autorisation d'occupation temporaire du 21 octobre 2012 : " A la fin de la présente convention (), les installations, aménagements ou équipements réalisés par le Bénéficiaire, devront être enlevés et les lieux remis en leur état primitif par le Bénéficiaire. A défaut, par celui-ci, de s'être acquitté de cette obligation, dans le délai de trente jours à dater de la cessation de l'autorisation, il pourra y être pourvu d'office à ses frais et risques par TAMARUN SPL sans autre forme de procès ".
7. Si la SPL TAMARUN entend solliciter la somme de 1 340,64 euros au titre des frais de nettoyage de l'établissement qu'elle dit avoir engagés au mois d'août 2024, outre qu'elle se borne à produire un simple devis, il résulte des termes de la convention du 21 octobre 2012, et notamment de son article 5 que le bailleur était mis en possession de locaux bruts lors de la mise à disposition initiale, s'agissant en particulier des sols des locaux techniques et autres locaux, des murs, des plafonds, de l'électricité et de la plomberie. En l'état de l'instruction, la créance tirée de ces frais de nettoyage des locaux n'apparaît donc pas comme non sérieusement contestable.
8. En quatrième lieu, en application de l'article 12 de la convention précitée, la SAS COD Restauration devait restituer les locaux en leur état primitif, dénués de toutes installation, aménagements et équipements réalisés. Il résulte de l'instruction et notamment du procès-verbal de constat établi à la demande de la SPL TAMARUN le 19 juillet 2024 que de nombreux équipements d'électricité, de plomberie, des cloisons, des portes et des faux plafonds n'ont pas été enlevés, non plus que des structures en bois, des terrasses couvertes et des cheminements extérieurs. La SPL TAMARUN produit un devis de démolition de l'ensemble de ces équipements et structures pour un montant non contesté de 72 076,55 euros. Il y a lieu, dans ces conditions, de lui allouer un versement provisionnel de ce même montant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la SPL TAMARUN est fondée à demander le versement par la SAS COD Restauration de la somme provisionnelle globale de 93 376,55 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
10. La SPL TAMARUN est fondée à demander le versement des intérêts au taux légal sur la somme de 93 376,55 euros à compter du 11 juillet 2024, date d'enregistrement de sa requête.
Sur les conclusions reconventionnelles de la SAS COD Restauration :
11. Si la SAS COD Restauration sollicite le remboursement du dépôt de garantie qu'elle a versé dans le cadre de la convention initiale d'occupation temporaire du domaine public en date du 21 octobre 2012, il s'agit d'un litige distinct de celui relatif aux conditions d'occupation irrégulière des locaux du Choka Bleu. Par suite, ces conclusions sont irrecevables dans le cadre de la présente procédure présentée sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la SAS COD Restauration le paiement à la SPL TAMARUN d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La SAS COD Restauration est condamnée à verser à la SPL TAMARUN une indemnité provisionnelle de 93 376,55 euros.
Article 2 : La SAS COD Restauration versera à la SPL TAMARUN une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions reconventionnelles de la SAS COD Restauration sont rejetés.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SPL TAMARUN et à la SAS COD Restauration.
Fait à Saint-Denis, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous
commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026