LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2500802

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2500802

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2500802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantAHMED BEN ALI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de Mme B... contestant l'arrêté préfectoral du 15 avril 2025 refusant un titre de séjour « vie privée et familiale » et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté le moyen d'insuffisance de motivation, estimant que l'arrêté visait les textes applicables et exposait suffisamment les circonstances de fait. Il a également jugé que la décision ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour la requérante de justifier d'une vie familiale stable et effective à La Réunion. La solution retenue est fondée sur les articles L. 421-7, L. 423-23 et L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mai 2025, Mme C... B..., représentée par Me Ali Ahmed, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 15 avril 2025 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d’un mois à destination de son pays d’origine ;

2°) d’enjoindre au préfet de La Réunion de procéder à l’examen de sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du décret du 29 avril 1976 relatif au regroupement familial ;

Elle soutient que :

- la décision de refus de séjour est dépourvue de motivation suffisante, en méconnaissance des dispositions de loi n°79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs ;
- le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation, en tant qu’elles entrainent pour la requérante des conséquences d’une exceptionnelle gravité si elle devait quitter le territoire français ;
- le refus de séjour litigieux méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- l’obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l’annulation du refus de titre litigieux.


Par une ordonnance du 2 juillet 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 15 août 2025.


Un mémoire produit par le préfet de La Réunion, enregistré le 23 septembre 2025, n’a pas été communiqué.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de M. Sauvageot, premier conseiller,
- et les observations de Me Ben Ali, avocat de la requérante.

Le préfet de la Réunion n’était ni présent ni représenté.



Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 15 avril 2025, le préfet de Mayotte a rejeté la demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l’article L.421-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par Mme C... B..., ressortissante comorienne née le 18 novembre 2001 à Mohoro Badjini-Est (Union des Comores), et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d’un mois à destination de son pays d’origine. Dans le cadre de la présente instance, la requérante demande au tribunal l’annulation de cet arrêté en tant qu’il refuse de lui délivrer un titre de séjour, qu’il lui fait obligation de quitter le territoire et qu’il fixe le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d’annulation du permis litigieux :

En ce qui concerne le refus de titre litigieux :

1. En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ».


2. En l’espèce, l’arrêté vise les textes dont le préfet de La Réunion a fait application, à savoir les articles L. 421-7, L. 423-23 et L. 441-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par ailleurs, l’arrêté expose de façon suffisante les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B.... Dans ces conditions, il mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de titre litigieux et qui permettent de le contester utilement. Par suite, le moyen tiré d’une insuffisance de motivation de la décision litigieuse de refus doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

4. En l’espèce, dans ses écritures, Mme B... mentionne qu’elle est entrée sur le territoire français le 29 novembre 2020, à l’âge de 19 ans. Elle ne justifie pas de la présence à La Réunion d’une sœur dénommée Mme E.... Enfin, si elle justifie être la mère de l’enfant français dénommé Elyazid A..., né à Mayotte le 16 avril 2022 de son union avec M. D... A..., lui-même né le 3 mai 2002 à Mayotte, elle ne soutient ni même n’allègue qu’elle vit maritalement avec le père de son enfant ni que celui-ci contribue à l’éducation et l’entretien de celui-ci. Par suite, rien ne s’oppose à ce qu’elle reconstitue sa cellule familiale avec son enfant dans son pays d’origine. Dans ses conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le refus de titre litigieux porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

5. En troisième lieu, si la requérante soutient que le refus de titre litigieux entraine pour elle des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle n’assortit pas le moyen des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé, et, en tout état de cause, ne le démontre pas. Par suite, à le supposer opérant, le moyen ne peut qu’être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que, en l’état des pièces du dossier, par les moyens qu’elle invoque, la requérante n’est pas fondée à demander l’annulation du refus de titre litigieux.

En ce qui concerne la mesure d’éloignement :

7. Il résulte de ce qui précède que la requérante n’est pas fondée à demander l’annulation de la mesure d’éloignement litigieuse par voie de conséquence de l’annulation de la décision de refus de titre, pas plus qu’en raison de l’illégalité de celle-ci, par la voie de l’exception.

8. En outre, si la requérante soutient que la mesure d’éloignement litigieuse entraine pour elle des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle n’assortit pas le moyen des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé, et, en tout état de cause, ne le démontre pas. Par suite, à le supposer opérant, le moyen ne peut qu’être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que, en l’état des pièces du dossier, par les moyens qu’elle invoque, la requérante n’est pas fondée à demander l’annulation de la mesure d’éloignement litigieuse.



En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. Il résulte de ce qui précède que la requérante n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision fixant la destination par voie de conséquence de l’annulation de la mesure d’éloignement prononcée à son encontre, pas plus qu’en raison de l’illégalité de celle-ci, par la voie de l’exception.

Sur les conclusions injonctives :

11. L’exécution de la présente décision, qui rejette les conclusions de la requête tendant à l’annulation de l’arrêté litigieux, n’implique aucune mesure d’exécution. Par suite, les conclusions injonctives de la requête doivent être rejetées, sans qu’il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.


D E C I D E :


Article 1er : La requête présentée par Mme B... est rejetée dans toutes ses conclusions.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... B... et au préfet de La Réunion.


Délibéré après l'audience du 1er octobre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président,
- M. Sauvageot, premier conseiller,
- M. Duvanel, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2025.


Le rapporteur,
F. SAUVAGEOT
Le président,
Ch. BAUZERAND


Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,



D. CAZANOVE

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions