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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2501542

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2501542

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2501542
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBAYOU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A... afin de suspendre la décision implicite de l'administration refusant d'exécuter la décision de la CDAPH attribuant à son enfant un accompagnement AESH-i de 18 heures hebdomadaires. Le juge a rejeté la requête, estimant qu'il n'y avait pas d'urgence caractérisée, l'enfant n'étant pas déscolarisé mais bénéficiant d'un accueil en classe, et que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2025 Mme D... A..., représentée par Me Bayou, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la « décision de l’administration » refusant d’exécuter la décision de la commission départementale des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la Réunion attribuant à son enfant, C... E..., un accompagnement individuel des élèves en situation de handicap (AESH-i) de dix-huit heures, valable du 24 juillet 2025 au 31 juillet 2026 ;

2°) d’enjoindre à la direction des services départementaux de l’éducation nationale de La Réunion de mettre à exécution cette décision dans un délai d’une semaine sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse est révélée par le fait que l’enfant ne bénéficie pas du nombre d’heures décidé par la CDAPH depuis la rentrée, l'attitude de l’administration et les circonstances de l’espèce ;
- l’urgence est justifiée, dès lors que, faute de bénéficier de l’accompagnement qui lui a été octroyé, l’enfant ne peut suivre une scolarisation adaptée, ce qui équivaut à une déscolarisation eu égard au déficit d’attention et d’autonomie dont il est affecté ;
- la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie, dès lors la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation, de la méconnaissance de droit à l’égal accès à l’éducation garanti notamment par l’article L. 111-2 du code de l’éducation et de la loi dite « Handicap » du 11 février 2005 ainsi que par l’article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, l’article 14 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 24 de la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant.


Vu :
_- le requête n° 2501543 du 13 septembre 2025 tendant à l’annulation de la décision litigieuse au fond ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ;
- le code de l’éducation ;
- la loi n°2005-102 du 11 février 2005 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Un accompagnement individuel des élèves en situation de handicap (AESH-i) de dix-huit heures hebdomadaires a été accordé le 29 juillet 2025 à l’enfant C... E..., né le 6 février 2019, fils de Mme D... A... et de M. B... E..., par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la Réunion. Scolarisé en classe maternelle à l’école Myosotis de La Plaine des Palmistes à compter de la rentrée scolaire 2025-2026, le jeune C... n’a pu bénéficier de cet accompagnement hebdomadaire. Par la présente requête, Mme A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la « décision de l’administration » refusant d’exécuter la décision de la CDAPH de La Réunion.


Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». ». L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter une demande par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, notamment lorsqu’elle ne présente pas un caractère d'urgence, ou lorsqu’il apparait manifeste, au vu de la demande, qu’elle est irrecevable ou mal fondée.

Aux termes de l’article L. 351-3 du code de l’éducation : « Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles constate que la scolarisation d'un enfant (…)requiert une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut notamment être apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap recruté conformément aux modalités définies à l'article L. 917-1 / (…) Des pôles inclusifs d'accompagnement localisés sont créés dans chaque département. Ils ont pour objet la coordination des moyens d'accompagnement humain au sein des écoles et établissements scolaires de l'enseignement public et de l'enseignement privé sous contrat. Ils constituent des pôles ressources à destination de la communauté éducative ; ils associent à cet effet des professionnels de santé et les gestionnaires des établissements et services médico-sociaux mentionnés aux 2° et 3° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles. Ces dispositifs visent à mieux prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de l'élève en situation de handicap en vue du développement de son autonomie (…) ».

Mme A... soutient qu’en l’absence d’affectation d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) auprès de son enfant C... le jour la rentrée 2025, il doit être considéré que lui a été opposée par l’administration une décision de refus de mise en œuvre de la décision de la CDAPH. Elle se prévaut à cet égard, premièrement, de plusieurs échanges téléphoniques avec l’école ainsi que d’un entretien le 12 septembre 2025 avec l’enseignante référente, en présence de la directrice de l’école, au cours duquel elle a été informée que son fils était en liste d’attente, et deuxièmement, de l’absence de réponse de l’administration à sa demande d’exécution de la décision de la CDAPH, ayant fait l’objet d’un courrier en date du 10 septembre 2025 de mise en demeure sous huit jours. Toutefois, la seule circonstance que son enfant n’ait pas bénéficié le jour de la rentrée scolaire d’un AESH, ne suffit pas à établir qu’aurait été opposée, à cette date, une décision administrative de refus de mise en œuvre de la décision de la CDAPH, alors en outre qu’il ressort de l’échange précité que la situation particulière de C... est bien prise en compte, et que, la mise en demeure du 10 septembre 2025 adressée au rectorat présente un caractère particulièrement récent. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme A... dans sa requête au fond sont dirigées contre une décision inexistante et, par suite, entachées d’une irrecevabilité insusceptible d’être couverte en cours d’instance.

Il résulte de ce qui précède, que la requête de Mme A... est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... A....

Copie en sera adressée au recteur de la Réunion.



Fait à Saint Denis, le 30 septembre 2025.


Le juge des référés,




Ch. BAUZERAND

La République mande et ordonne à la ministre d’Etat, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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