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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2000116

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2000116

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2000116
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMERIDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 17 mai 2021, le tribunal a, avant de statuer sur la requête de M. C tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Martinique à l'indemniser de ses préjudices, ordonné une expertise médicale, sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, aux fins de déterminer les conditions dans lesquelles il a été pris en charge à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman du 21 au 29 février 2016 pour une occlusion intestinale, ainsi que de se prononcer sur l'imputabilité de son état de santé et l'évaluation de ses préjudices.

Par une ordonnance du 29 juillet 2021, le président du tribunal a désigné le docteur D en qualité d'expert.

Le rapport d'expertise a été déposé le 11 mai 2022.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 mai et 22 juillet 2022, le centre hospitalier universitaire de Martinique (CHUM), représenté par la SELARL Fabre et associées, conclut à ce que sa condamnation soit limitée à la somme de 1 009 euros s'agissant des préjudices de M. C, au rejet des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime et à ce que la somme mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative n'excède pas 1 000 euros.

Il fait valoir que :

- le rapport d'expertise diligenté par l'assureur du requérant est inopposable dès lors qu'il n'est pas contradictoire ;

- il ne conteste pas l'engagement de sa responsabilité s'agissant du retard de prise en charge le 21 février 2016 et du défaut de surveillance à la sortie d'hospitalisation du patient le 29 février 2016 ;

- l'indemnisation demandée par M. C au titre des dépenses de santé actuelles, du préjudice esthétique temporaire, du déficit fonctionnel permanent et du préjudice d'agrément doit être rejetée ;

- l'indemnisation demandée au titre du déficit fonctionnel temporaire et des souffrances endurées doit être minorée ;

- les frais d'hospitalisation de l'intéressé à la clinique Saint-Paul, engagés par la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime, ne sont pas en lien causal direct et certain avec la prise en charge de M. C au centre hospitalier universitaire de Martinique.

Par un mémoire, enregistré le 28 juillet 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime déclare se désister de ses conclusions indemnitaires dirigées contre le centre hospitalier universitaire de Martinique.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 16 mai 2022, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 2 104 euros.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 19 février 2016, M. C, alors âgé de 63 ans, a souffert de douleurs abdominales, de nausées et de vomissements. Une échographie abdominale est réalisée le jour même à la clinique Saint-Paul, puis, le lendemain, un médecin généraliste lui prescrit des antalgiques et un traitement anti-inflammatoire. Devant la persistance des douleurs, le 21 février 2016 à 16h16, l'intéressé est admis au service d'accueil des urgences de l'hôpital Pierre Zobda-Quitman. Il est examiné le lendemain matin à 4h26 par un interne qui lui prescrit un bilan sanguin, une échographie ou un scanner abdominal. Le bilan sanguin montre un syndrome inflammatoire modéré et l'échographie, réalisée le 22 février 2016 à 12 heures, permet de constater une distension diffuse des anses grêles. M. C quitte de sa propre initiative le service d'accueil des urgences à 14h30, sans en avertir l'équipe médicale et avant que le scanner abdominal ne soit réalisé. Le 25 février 2016, l'intéressé se rend à la clinique Saint-Paul, où un scanner abdominopelvien révèle un syndrome occlusif grêle. Il est alors adressé au service d'accueil des urgences de l'hôpital Pierre Zobda-Quitman. Un nouveau bilan sanguin est réalisé, une sonde nasogastrique en aspiration douce est positionnée et un traitement intraveineux est initié. M. C est hospitalisé au service de chirurgie générale et digestive le 26 février 2016 à 2h40 pour la poursuite de sa prise en charge, et face à l'apaisement des douleurs, à la reprise du transit intestinal et de son alimentation, il est autorisé à regagner son domicile le 29 février 2016, avec une prescription pour un traitement médicamenteux et une coloscopie à effectuer dans le délai d'un mois. Toutefois, dès le lendemain, 1er mars 2016, M. C se présente à la clinique Saint-Paul pour de violentes douleurs abdominales et des vomissements, et le 3 mars 2016, face à un tableau d'occlusion intestinale, il subit une intervention chirurgicale de résection segmentaire de l'intestin grêle. A la demande de M. C, l'agence régionale de santé de la Martinique a diligenté une enquête médico-administrative relative aux conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Martinique, qui conclut à un défaut de surveillance du patient par le service des urgences les 21 et 22 février 2016 et à une prise en charge secondaire au service de chirurgie qui n'a pas permis au patient d'être informé sur le diagnostic ni d'être durablement soulagé. M. C a adressé une demande indemnitaire préalable au centre hospitalier universitaire de Martinique le 21 novembre 2019, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par un jugement avant dire droit du 17 mai 2021, le tribunal a ordonné une expertise médicale. L'expert a rendu son rapport le 11 mai 2022. Dans la présente instance, M. C demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser la somme de 42 752,90 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa prise en charge à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman du 21 au 29 février 2016.

Sur le désistement de la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime :

2. La caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime, dans son mémoire du 28 juillet 2022, déclare se désister de ses conclusions indemnitaires dirigées contre le centre hospitalier universitaire de Martinique. Son désistement est pur est simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. C, admis le 21 février 2016 à 16h16 au service d'accueil des urgences de l'hôpital Pierre Zobda-Quitman pour des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements, n'a, hormis les premières constatations cliniques réalisées par un infirmier à 17h06, pas été pris en charge avant le 22 février 2016 à 4 heures du matin. Il a ainsi dû patienter, assis sur une chaise dans un couloir, pendant plus de 11 heures, sans recevoir le moindre traitement destiné à apaiser ses douleurs, avant qu'un interne l'examine et prescrive un bilan sanguin, une échographie abdominale ou un scanner abdominal. Des traitements antalgique, antiémétique et antispasmodique sont alors administrés, un examen des urines est effectué et une hydratation est mise en place. L'intéressé bénéficie ensuite d'un traitement antisécrétoire gastrique par voie intraveineuse à 10h36, et doit de nouveau patienter jusqu'à 12 heures, soit pendant plus de 8 heures, pour que l'échographie abdominale soit réalisée, permettant de constater une distension diffuse des anses grêles. M. C prend finalement l'initiative de quitter le service d'accueil des urgences le 22 février 2016 à 14h30, sans en avertir l'équipe soignante et avant même que le scanner abdominal ne soit réalisé. Il résulte ainsi de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise judiciaire, que si l'état de santé de M. C ne présentait pas le caractère d'une urgence vitale, il n'en demeure pas moins que ce temps d'attente excessif, empêchant ainsi que ses douleurs abdominales ne soient traitées précocement, est de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique. Ces circonstances témoignent également d'un défaut de surveillance de l'état de santé de M. C, imputable à l'établissement hospitalier, ayant notamment conduit à ce qu'il puisse quitter l'hôpital sans que l'équipe soignante ne s'en aperçoive. Le scanner abdominopelvien réalisé le 25 février 2016 à la clinique Saint-Paul ayant révélé un syndrome occlusif grêle, l'intéressé a de nouveau été pris en charge à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman du 25 au 29 février 2016, avant d'être autorisé à regagner son domicile compte tenu de l'apaisement des douleurs et de la reprise du transit intestinal et de l'alimentation de l'intéressé. S'il résulte de l'instruction que cette prise en charge dans le service de chirurgie générale et digestive était conforme aux données acquises de la science, en revanche, la prise en charge secondaire de M. C à sa sortie de l'hôpital le 29 février 2016 n'a pas été attentive. Le patient a en effet été invité à libérer sa chambre sans qu'aucun avis hospitalier gastroentérologique n'ait été requis et sans qu'un rendez-vous de consultation n'ait été programmé, alors que l'absence de tout traitement spécifique de l'iléite pouvait légitimement laisser penser que cette dernière serait susceptible de récidiver à court terme. Il s'ensuit que M. C est fondé à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis des fautes dans l'organisation et le fonctionnement du service, de nature à engager sa responsabilité, à raison des conditions de sa prise en charge les 21, 22 et 29 février 2016.

5. En second lieu, l'article L. 1111-2 du code de la santé publique dispose que : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen () ".

6. Il résulte de l'instruction que durant sa prise en charge au service d'accueil des urgences du centre hospitalier universitaire de Martinique les 21 et 22 février 2016, M. C n'a pas bénéficié d'informations de la part de l'équipe soignante et médicale sur son état de santé, sur un possible diagnostic d'occlusion intestinale, nécessitant un scanner abdominal, ni sur la nécessité de rester à jeun. En outre, il doit être regardé comme n'ayant pu bénéficier à sa sortie de l'hôpital, le 29 février 2016, de conseil sur la conduite à tenir en cas de réapparition de ses symptômes, son dossier médical ne permettant aucune traçabilité des éventuelles informations délivrées sur son état de santé et sur les risques évolutifs encourus. Dans ces conditions, et alors que le centre hospitalier universitaire de Martinique ne rapporte pas la preuve que ces informations ont été délivrées à l'intéressé, la faute tenant au défaut d'information doit être regardée comme établie.

7. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

8. M. C, qui se borne à reprendre les termes du rapport d'expertise amiable diligentée par son assureur, soutient que le centre hospitalier universitaire de Martinique doit être déclaré intégralement responsable des dommages qu'il expose subir. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que ces manquements n'ont pas été à l'origine d'une perte de chance pour M. C de voir son état de santé s'améliorer et d'échapper à l'intervention chirurgicale pratiquée le 3 mars 2016 à la clinique Saint-Paul, laquelle n'était au demeurant pas justifiée. Il résulte en effet de l'instruction que les fautes dans l'organisation et le fonctionnement du service public hospitalier imputables au centre hospitalier universitaire de Martinique, qui n'ont pas entraîné une aggravation de l'état de santé du patient, sont uniquement à l'origine de souffrances endurées et d'un déficit fonctionnel temporaire.

Sur l'évaluation des préjudices :

En ce qui concerne la consolidation de l'état de santé :

9. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que la consolidation de l'état de santé de M. C doit être fixée au 31 mars 2016.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

10. Au titre des dépenses de santé actuelles, M. C sollicite le remboursement de son reste à charge lors de son hospitalisation à la clinique Saint-Paul du 1er au 8 mars 2016. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intervention de résection de l'intestin grêle de l'intéressé est dépourvue de tout lien de causalité avec les manquements commis par le centre hospitalier universitaire de Martinique, l'indication de cette opération étant d'ailleurs sujette à caution selon l'expert judiciaire. M. C n'est ainsi pas fondé à demander le remboursement de ces sommes.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise judiciaire, que M. C a présenté un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25 % durant deux jours, de sa sortie de l'hôpital Pierre Zobda-Quitman le 29 février 2016 jusqu'à son hospitalisation à la clinique Saint-Paul le 1er mars 2016, directement imputable aux manquements commis par le centre hospitalier universitaire de Martinique. En revanche, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'un déficit fonctionnel temporaire du 22 au 25 février 2016, dans la mesure où il a quitté l'hôpital de sa propre initiative, tandis que les autres périodes de déficit fonctionnel temporaire alléguées sont en lien exclusif avec sa pathologie d'occlusion intestinale. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, sur la base de 15 euros par jour d'incapacité fonctionnelle totale, à la somme de 10 euros.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a subi des souffrances du fait du retard de prise en charge de son occlusion intestinale et de l'absence de soins attentifs lors de sa sortie de l'hôpital le 29 février 2016, que l'expert, dans son rapport du 11 mai 2022, a évaluées à 2 sur une échelle de 7. Dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu de la durée limitée du supplément de période douloureuse en lien avec les manquements du centre hospitalier universitaire de Martinique, soit uniquement du 21 au 22 février puis du 29 février au 1er mars 2016, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 400 euros.

13. En troisième lieu, si M. C se prévaut d'un préjudice esthétique du fait de ses cicatrices post-opératoires, il n'est pas fondé à demander une indemnisation à ce titre dès lors que l'intervention chirurgicale de résection de l'intestin grêle est dépourvue de lien de causalité avec les manquements commis par le centre hospitalier universitaire de Martinique.

14. En quatrième lieu, si l'intéressé sollicite une indemnisation de son déficit fonctionnel permanent, en se prévalant des conclusions fantaisistes du rapport de l'expertise non contradictoire diligentée par son assureur, il résulte toutefois du rapport d'expertise judiciaire que les manquements commis par le centre hospitalier universitaire de Martinique ne sont à l'origine d'aucun préjudice fonctionnel permanent. M. C n'est ainsi pas fondé à demander une indemnisation à ce titre.

15. En cinquième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant, qui allègue pratiquer la voile, aurait été contraint d'abandonner cette activité sportive en raison de la prise en charge fautive du centre hospitalier universitaire de Martinique. Par suite, il ne peut être fait droit à la demande d'indemnisation de ce chef de préjudice.

16. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à verser à M. C une somme de 410 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les intérêts moratoires et la capitalisation des intérêts :

17. D'une part, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. A défaut d'une telle demande préalable, les intérêts moratoires, lorsqu'ils sont demandés dans la requête, courent à compter de cette saisine.

18. D'autre part, l'article 1343-2 du code civil dispose que : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

19. M. C a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 410 euros à compter du 25 février 2020, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal. En outre, la capitalisation des intérêts ayant été demandée pour la première fois par l'intéressé à l'occasion du dépôt de sa requête, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 25 février 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les dépens :

20. Par une ordonnance du 16 mai 2022, le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme totale de 2 104 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais d'expertise à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Martinique.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire à lui verser la somme de 3 764,02 euros au titre de ses débours, ainsi que la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique est condamné à verser à M. C une somme de 410 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 25 février 2020. Les intérêts échus à la date du 25 février 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2 104 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Martinique.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique versera une somme de 1 500 euros à M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au centre hospitalier universitaire de Martinique et à la caisse primaire d'assurance maladie de Charente-Maritime.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouland-Boyer, présidente,

M. de Palmaert, premier conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

La rapporteure,

A. ELa présidente,

H. Rouland-Boyer

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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