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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2000550

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2000550

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2000550
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTAMBURINI-BONNFOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 octobre 2020, M. B A, Mme E A, Mme I A et MM. Frédéric, François et Willem A demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de la Martinique à verser à

M. B A la somme de 100 863,23 euros en réparation des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux résultant d'une infection nosocomiale contractée dans cet établissement

le 12 juin 2013 ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de la Martinique à verser une somme de 15 000 euros à Mme E A, épouse de M. B A, en raison de ses préjudices d'accompagnement et d'affection, ainsi qu'une somme de 6 000 euros à chacun des quatre enfants de M. A en réparation de leur préjudice d'affection ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de la Martinique la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- M. A a été victime d'une infection nosocomiale à la suite de l'intervention qu'il a subie le 12 juin 2013 au centre hospitalier universitaire de la Martinique ;

- les préjudices de M. A directement imputables à cette infection doivent être évalués à 8 955 euros au titre de l'assistance par une tierce personne, 5 998,52 euros au titre de la perte de revenus, 20 000 euros au titre des souffrances endurées, 9 000 euros au titre des préjudices esthétiques temporaires, 12 795 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 5 000 euros au titre des préjudices esthétiques permanents, 18 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 5 000 euros au titre du préjudice sexuel, 8 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 5 614,71 euros au titre des frais de déplacement, et 2 500 euros au titre des frais d'expertise.

- Mme E A, épouse de M. A, a subi un préjudice d'affection et un préjudice d'accompagnement qui doivent être indemnisés, respectivement, à hauteur de 5 000 et 10 000 euros ;

- Mme I A et MM. Frédéric, François et Willem A, enfants de M. A, ont subi un préjudice d'affection qui doit être indemnisé par le versement à chacun d'eux d'une somme de 6 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2021, le centre hospitalier universitaire de la Martinique confirme le principe de sa responsabilité mais conteste les montants réclamés au titre des différents chefs de préjudice et des frais liés au litige.

Il fait valoir que :

- les préjudices doivent être évalués à 6 994 euros au titre de l'assistance par une tierce personne, 5 998,46 euros au titre de la perte de revenus, 3 500 euros au titre des souffrances endurées, 2 000 euros au titre des préjudices esthétiques temporaires, 5 995 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 800 euros au titre des préjudices esthétiques permanents, 10 050 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 1 500 euros au titre du préjudice sexuel, 3 363,72 euros au titre des frais de déplacement, et 2 500 euros au titre des frais d'expertise ;

- la demande tendant à l'allocation d'une indemnisation du préjudice d'agrément doit être rejetée ;

- les conclusions indemnitaires de l'épouse de M. A ainsi que celles de ses quatre enfants doivent être rejetées.

La requête a été régulièrement communiquée à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. de Palmaert,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Alors âgé de 52 ans, M. A a été victime le 13 avril 2013 d'un accident de la circulation lui ayant causé trois fractures, au genou gauche, au fémur gauche et à la pointe de la rotule. Il a été opéré le 14 avril 2013 au centre hospitalier universitaire de la Martinique, subissant une ostéosynthèse d'une fracture complexe supra-condylienne gauche. Une autre intervention chirurgicale est intervenue le 12 juin 2013, pour l'ablation d'une vis gênante. Le 1er juillet suivant, soit 19 jours après la seconde intervention, une arthrite sceptique est survenue et un staphylococcus aureus méticilline sensible a été décelé. A la suite de différentes autres interventions chirurgicales et d'un traitement médicamenteux, l'état de M. A a été déclaré consolidé à la date du 9 septembre 2014. Une expertise a été ordonnée en référé le 24 novembre 2017. Le rapport d'expertise a été enregistré au greffe le 23 juillet 2018. Par la présente requête, les consorts A demandent la condamnation du centre hospitalier universitaire de la Martinique à les indemniser de leurs préjudices résultant de l'infection nosocomiale contractée par M. A.

Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de la Martinique :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".

3. Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

4. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du 11 juillet 2018 que l'infection à staphylococcus aureus méticilline sensible, survenue au cours de l'intervention chirurgicale du 12 juin 2013 au sein du centre hospitalier universitaire de la Martinique doit être qualifiée de nosocomiale et ne peut être imputée à aucune cause étrangère. Par suite, la responsabilité du centre hospitalier universitaire de la Martinique est engagée, ce que reconnait au demeurant l'établissement défendeur.

Sur les préjudices de M. A :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des dépenses liées à l'assistance d'une tierce personne :

5. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

6. En l'espèce, le rapport d'expertise du 11 juillet 2018 évalue avant consolidation l'assistance de M. A par une tierce personne à raison de deux heures par jour en période de classe 3 (du 8 au 11 novembre 2013, puis du 13 décembre 2013 au 31 août 2014, soit 530 heures) et d'une heure par jour en période de classe 2 (du 1er septembre au 9 septembre 2014, soit 9 heures). Il convient de déduire de cette durée la période pendant laquelle M. A aurait eu besoin d'une assistance à tierce personne en l'absence d'infection nosocomiale, période estimée par l'expert à deux mois en classe 3 et un mois en classe 2. En se fondant sur un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros s'agissant, comme en l'espèce, d'une aide non spécialisée, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par le requérant en l'évaluant, au titre de 389 heures d'assistance d'une tierce personne, à la somme de 5 446 euros.

S'agissant des pertes de gains professionnels actuels :

7. M. A produit une attestation du 19 février 2019 du maire de la commune du Morne-Vert selon laquelle il a été rémunéré à demi-traitement du 1er septembre 2014 au 30 juin 2015, en raison de son arrêt de travail et de sa reprise à mi-temps thérapeutique. Il en résulte que l'intéressé a subi une retenue globale sur sa rémunération de 5 998,46 euros, somme non contestée en défense par l'établissement hospitalier. Par suite, il y a lieu d'allouer à M. A cette somme de 5 998,46 euros.

S'agissant des frais de déplacement :

8. D'une part, il résulte de l'instruction que, postérieurement au 12 juin 2013, date à laquelle a été contractée l'infection nosocomiale, l'épouse de M. A a utilisé un véhicule personnel pour se rendre au centre hospitalier universitaire situé à Fort-de-France d'une part, et au centre hospitalier du Nord Caraïbe situé au Carbet d'autre part. Les requérants déclarent sans être contestés, sur la période du 2 juillet 2013 au 13 décembre 2013, un total de 4 308 km dont ils demandent l'indemnisation au taux de 0,561 du kilomètre pour un véhicule de six chevaux. Il y a donc lieu d'allouer à M. A la somme de 2 416,79 €.

9. D'autre part, les époux A sollicitent le remboursement de frais de déplacement engagés pour se rendre à Poitiers, où M. A a été examiné le 2 mai 2018 par le médecin expert désigné par le tribunal. L'intéressé présente les factures acquittées, pour lui et son épouse, au titre du transport aérien et ferroviaire, de deux nuits d'hôtel et de frais de restauration. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'accompagnement de M. A par son épouse était nécessaire compte tenu de son état de santé. Il n'y a donc pas lieu de retenir les frais engagés pour le déplacement de Mme A. Par ailleurs, si le défendeur fait valoir qu'une seule nuit d'hôtel à Poitiers pouvait suffire, il convient toutefois de tenir compte de la longueur du voyage transatlantique, de sorte que M. A est fondé à demander le remboursement de deux nuits d'hôtel pour un montant de 125,60 euros. En revanche, le requérant n'est pas fondé à solliciter le remboursement de ses frais de repas lors de ce déplacement, ces frais n'étant pas en lien direct avec l'infection nosocomiale et n'excédant pas nécessairement les dépenses dont il s'acquitte normalement pour ses repas. Par conséquent, il y a seulement lieu de retenir les frais de transport de M. A (958,16 euros) et ses frais d'hôtellerie (125,60 euros), pour lui allouer la somme de 1 083,76 euros.

En ce qui concerne les préjudices personnels temporaires :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. A a subi, en lien direct avec l'infection nosocomiale dont il a souffert, un déficit fonctionnel temporaire total (100 %) durant 161 jours, d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % durant 265 jours, puis de 25% pendant 9 jours. Cependant, l'expert relève également que, même en l'absence d'infection nosocomiale, l'accident de M. A aurait nécessairement entraîné un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe 3 pendant 2 mois, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe 2 pendant un mois. Il sera donc fait une juste appréciation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire durant ces périodes en l'évaluant, sur la base de 15 euros par jour à taux plein, à la somme de 3 873,75 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

11. Il résulte de l'instruction que M. A a subi un préjudice esthétique temporaire, évalué par l'expert à 2 sur une échelle de 7 sur la période de classe 3 et à 1,5 sur la même échelle en période de classe 2. Dans les circonstances de l'espèce, il en sera fait une juste appréciation en évaluant ce préjudice à la somme de 2 000 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

12. Il résulte de l'instruction que M. A a subi des souffrances physiques et morales que l'expert a évaluées à 3 sur une échelle de 7. Dans les circonstances de l'espèce, il en sera fait une juste appréciation en les évaluant à la somme de 3 500 euros.

En ce qui concerne les préjudices personnels permanents :

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

13. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 11 juillet 2018, qu'à la suite de la consolidation de son état de santé, fixée au 9 septembre 2014, M. A reste atteint d'un déficit fonctionnel permanent en lien avec l'infection nosocomiale, évalué par l'expert à 10 %. Par suite, compte-tenu de l'âge de M. A, né le 19 mars 1961, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par lui au titre du déficit fonctionnel permanent en l'évaluant à la somme de 12 757 euros.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

14. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la consolidation de son état de santé,

M. A subit toujours un préjudice esthétique permanent, caractérisé par une cicatrice externe disgracieuse, que l'expert a évalué à 1 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 950 euros.

S'agissant du préjudice d'agrément :

15. Il ressort du rapport d'expertise du 11 juillet 2018 que M. A, compte tenu de ses séquelles, a dû réduire la distance de ses randonnées. Le requérant produit des témoignages de proches attestant qu'en 2013, il n'a pu s'adonner à ses activités habituelles comme la marche à pied, la mécanique et l'accompagnement de ses fils à des activités sportives. Toutefois,

M. A n'apporte pas de précisions sur la nature et l'étendue de son préjudice d'agrément depuis sa consolidation intervenue en septembre 2014. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

S'agissant du préjudice sexuel :

16. Il ressort du rapport d'expertise que le préjudice sexuel du requérant, qui existait compte tenu de la fracture subie, a été majoré par l'infection nosocomiale. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux à hauteur de 40 025,76 (quarante mille vingt-cinq euro et soixante-seize centimes) euros. Dès lors, il y lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de la Martinique à lui verser cette somme.

Sur les préjudices des victimes indirectes :

S'agissant des préjudices de Mme A :

18. Mme A soutient qu'elle a subi un préjudice d'accompagnement et un préjudice d'affection. La requérante n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation d'un préjudice d'accompagnement dès lors que son époux n'est pas décédé des suites de l'infection nosocomiale contractée. En revanche, Mme A est fondée à demander l'indemnisation d'un préjudice d'affection, même si elle n'a versé au dossier de l'instance que très peu d'éléments de nature à établir l'intensité de son préjudice. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à Mme A la somme de 1 000 euros.

S'agissant des préjudices des enfants de M. A :

19. Les consorts A soutiennent que l'infection nosocomiale contractée par leur père ont causé aux quatre enfants de M. A, nés en 1990, 1995, 2000 et 2004, un préjudice d'affection dont ils demandent la réparation. Il résulte de l'instruction que Mme I A et M. H A, qui étaient majeurs en 2013, n'indiquent pas s'ils vivaient en 2013 au foyer de leurs parents. Il ressort par ailleurs de leurs témoignages que ces deux enfants de M. A ne font pas état d'un préjudice d'affection particulier. En revanche, il ressort du témoignage de M. F A, âgé de neuf ans en 2013, que la période de séparation avec son père a été " très difficile " compte tenu de son absence et de l'impossibilité de pratiquer avec lui les activités qu'il affectionnait. Cette situation doit être regardée comme tout autant difficile pour son frère François-Emmanuel, âgé de 13 ans en 2013. En conséquence, il convient de rejeter la demande indemnitaire de Mme I A et de M. H A, dont le préjudice d'affection n'est pas suffisamment établi dans les circonstances de l'espèce, et d'allouer la somme de 700 euros, respectivement à M. G A et à M. F A.

Sur les frais d'expertise :

20. Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés ont été taxés et liquidés à la somme totale de 2 600 euros par une ordonnance du 28 octobre 2019. Il y a lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de la Martinique au paiement de ces frais. Il résulte de l'instruction que M. A a versé à l'expert et à son sapiteur une somme totale de 2 500 euros à titre de provision. Il est donc fondé à solliciter le remboursement de cette somme par le centre hospitalier universitaire de la Martinique.

Sur les frais liés au litige :

21. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de la Martinique la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de la Martinique est condamné à verser à

M. A la somme de 40 025,76 euros en réparation de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de la Martinique est condamné à verser, au titre de leurs préjudices d'affection, la somme de 1 000 euros à Mme A, la somme de 700 euros à M. F A et la somme de 700 euros à M. G A.

Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 600 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de la Martinique ; ce dernier remboursera en conséquence à M. A la somme de 2 500 euros versée en juin 2018 à titre de provision à l'expert et son sapiteur.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de la Martinique versera aux consorts A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, Mme E A, Mme I A, MM. Frédéric-Guillaume, François-Emmanuel, Willem-Alexandre A, et au centre hospitalier universitaire de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Wallerich, président,

- M. de Palmaert, premier conseiller,

- M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le rapporteur,

S. de Palmaert

Le président,

M. D

Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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