jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MAILLOT - AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 1200418 du 17 juin 2013, le tribunal administratif de Fort-de-France a annulé la décision par laquelle la directrice par intérim du centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante a rejeté la demande de M. D tendant à ce que sa maladie soit reconnue comme imputable au service.
Par un jugement n° 1400461 du 21 mars 2016, le tribunal administratif de la Martinique a prononcé une astreinte à l'encontre du centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante, à défaut de justifier dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement, avoir entièrement exécuté le jugement du 17 juin 2013 ; le taux de cette astreinte a été fixé à 30 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 1700789 du 23 octobre 2018, à défaut d'exécution, le tribunal a liquidé l'astreinte et condamné le centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante à verser à l'Etat et à M. D, respectivement, la somme de 14 410 euros.
Par un courrier enregistré le 7 avril 2021, M. D a présenté une nouvelle demande d'exécution du jugement du 17 juin 2013.
Une procédure juridictionnelle a été ouverte par ordonnance du 21 septembre 2021.
M. D demande au tribunal :
1°) de liquider l'astreinte prononcée par le jugement du 21 mars 2016 pour la période postérieure au 23 octobre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que le jugement du 17 juin 2013 demeure inexécuté.
La requête a été communiquée au centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La requête a été communiquée au directeur général de l'agence régionale de santé de Guadeloupe qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1400461 du 21 mars 2016, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre du centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante, à défaut de justifier, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement, avoir entièrement exécuté le jugement du 17 juin 2013 et a fixé le taux de cette astreinte à 30 euros par jour, jusqu'à la date de cette exécution.
Sur la liquidation de l'astreinte :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Aux termes de l'article L. 911-8 du même code : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. / Cette part est affectée au budget de l'Etat. "
3. Il résulte de ces dispositions que l'astreinte a pour finalité de contraindre la personne qui s'y refuse à exécuter les obligations qui lui ont été assignées par une décision de justice et, ainsi, à respecter l'autorité de la chose jugée. Sa liquidation a pour objet de tirer les conséquences du refus ou du retard mis à exécuter ces obligations. En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive de la décision, la juridiction procède, en vertu de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, à la liquidation de l'astreinte.
4. Le taux de l'astreinte a été fixé par le tribunal à trente euros par jour, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du jugement du 21 mars 2016. L'astreinte a été liquidée une première fois, par le jugement n° 1700789 du 23 octobre 2018, au titre de la période courant du 12 mai 2016 au 23 octobre 2018. Il résulte de l'instruction que le jugement d'annulation du 17 juin 2013 n'a toujours pas été exécuté, alors qu'il appartenait au centre hospitalier de réunir la commission de réforme et de statuer de nouveau sur la demande de M. D. Il est constant que le jugement du 23 octobre 2018, qui a liquidé l'astreinte une première fois, n'a également pas été exécuté en dépit de relances de M. D.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée par le tribunal, pour la période du 24 octobre 2018 au 7 juillet 2022, soit un délai de 1 352 jours au taux de 30 euros par jour de retard, correspondant à la somme de 40 560 euros. Aucune circonstance particulière ne justifie la suppression ou la modération de cette astreinte. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de tenir compte du délai de plus de deux ans pris par M. D pour saisir le tribunal d'une nouvelle demande d'exécution. Il y a également lieu de tenir compte de ce que le préfet de la Guadeloupe, pourtant saisi par M. D, n'a pas effectué les diligences utiles en vue de l'exécution du premier jugement de liquidation de l'astreinte. En conséquence, en application de l'article L. 911-8 du code de justice administrative, la somme de 40 560 euros sera versée pour 25 % à M. D et pour 75 % au budget de l'Etat.
Sur les frais liés au litige :
6. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante est condamné à verser à l'Etat la somme de 30 420 euros, et à M. D la somme de 10 140 euros, en liquidation de l'astreinte prononcée par le jugement n° 1400461.
Article 2 : Le centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante versera à M. D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au centre hospitalier Sainte-Marie de Marie-Galante, au directeur général de l'agence régionale de santé de Guadeloupe et au préfet de la Guadeloupe.
Copie en sera adressée au ministère public près la Cour de discipline budgétaire et financière en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative, au président la chambre régionale des comptes Guadeloupe, Guyane et Martinique et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
M. C
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, au ministre en charge des comptes publics et au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui les concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026