jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 octobre 2021 et le 5 octobre 2022, la société Socipar, représentée par M. de Potter, agissant en vertu d'un mandat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie, pour la somme de 150 987 euros, dans les rôles de la commune du Lamentin ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 486,38 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure de rectification contradictoire a été méconnue ;
- la proposition de rectification du 6 novembre 2020 n'est pas suffisamment motivée ;
- elle a fait l'objet d'une double imposition dès lors que le même terrain avait déjà été pris en compte pour son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés non bâties ;
- l'abattement de 50 % prévu par l'article 1388 quinquies I du code général des impôts n'a pas été appliqué ;
- elle n'est pas redevable de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères dès lors que la parcelle AR 15 n'est pas desservie par le service de ramassage des ordures ménagères d'une part, et qu'elle ne produit pas de déchets d'autre part.
Par des mémoires en défense enregistrés le 28 mars 2022 et le 6 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 1er octobre 2020, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a informé la société Socipar qu'elle allait faire l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Ce contrôle a donné lieu à une proposition de rectification en date du 30 mars 2021. Par un courrier adressé à la société Socipar le 6 novembre 2020, l'administration fiscale l'a informée qu'elle envisageait de rectifier sa taxe foncière, avec un rappel sur quatre années, pour un montant de 150 987 euros. La société Socipar a présenté une réclamation préalable reçue le 8 mars 2021 et implicitement rejetée. Par la présente requête, elle conclut à la décharge de la somme de 150 987 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 54 B du livre des procédures fiscales : " La notification d'une proposition de rectification doit mentionner, sous peine de nullité, que le contribuable a la faculté de se faire assister d'un conseil de son choix pour discuter la proposition de rectification ou pour y répondre ". Aux termes de l'article L. 55 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts ou de l'article L. 2333-55-2 du code général des collectivités territoriales, les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A. () ". Et aux termes de l'article L. 56 du même code : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable : 1° En matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales ou d'organismes divers, à l'exclusion de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises prévue à l'article 1586 ter du code général des impôts ; () ".
3. La société Socipar soutient que la rectification litigieuse est entachée d'un vice de procédure au motif que le courrier du 6 novembre 2020, par lequel l'administration fiscale l'informe de son intention de procéder à une rectification au titre de la taxe foncière et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, ne précise pas qu'elle pouvait se faire assister d'un conseil de son choix pour présenter des observations en réponse.
4. Il résulte de l'instruction que la société Socipar a été informée le 1er octobre 2020 qu'elle allait faire l'objet d'une vérification de comptabilité et qu'elle pouvait, dès le premier rendez-vous et tout au long de la procédure, se faire assister par un conseil de son choix. Il ressort des mentions de la proposition de rectification, adressée le 30 mars 2021 à la société Socipar, que si " la première intervention s'est déroulée le 27 octobre 2020 dans les locaux du siège social, la vérification s'est déroulée les 30 novembre 2020, 18 décembre 2020, 13 janvier 2021 et 23 février 2021 ". Ainsi, le courrier du 6 novembre 2020, par lequel l'administration fiscale a informé la société Socipar qu'une rectification de taxe foncière était envisagée, a été adressé avant que ne commence les opérations de vérification de sa comptabilité. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que cette rectification au titre de la taxe foncière résulte de la vérification de la comptabilité de cette société. Il s'ensuit qu'elle n'est pas fondée à soutenir qu'ont été méconnues les dispositions de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales qui, dans les circonstances de l'espèce, ne trouvaient pas à s'appliquer. En tout état de cause, il ressort de l'avis de vérification de comptabilité en date du 1er octobre 2020 que la société Socipar avait été informée de son droit à être assistée d'un conseil de son choix tout au long de la procédure. Par conséquent, le moyen tiré de ce que la rectification litigieuse est entachée d'un vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, le courrier du 6 novembre 2020 précité précise que la rectification concerne la parcelle cadastrée section AR n° 15 sur le territoire de la commune du Lamentin, que la société Socipar y possède un espace de stockage de véhicules neufs existant depuis 2007. Est joint à ce courrier un tableau qui précise notamment le montant des bases et les taux applicables, tant pour la taxe foncière sur les propriétés bâties que pour la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Il s'ensuit que cet avis de rectification est suffisamment motivé.
6. En troisième lieu, la société Socipar fait valoir qu'elle a déjà été assujettie à la taxe foncière en s'acquittant de cotisations d'imposition au titre de la parcelle AR 15 jusqu'alors présentée comme un terrain non bâti. Toutefois, si la société requérante est fondée à soutenir qu'elle ne doit pas payer deux fois la taxe foncière au titre du même terrain, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de solliciter le remboursement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties dont elle se serait déjà acquittée. En revanche, elle n'est pas fondée à soutenir que le montant mis à sa charge au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties est erroné au seul motif que n'a pas été déduite de la somme recouvrée les sommes de 110 euros, 111 euros, 150 euros et 152 euros dont s'est acquittée la requérante au titre de la taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les années 2017 à 2020. Le moyen tiré de ce que la société Socipar a fait l'objet d'une double imposition doit, par suite, être écarté.
7. En quatrième lieu, la société Socipar " sollicite la bienveillance " du tribunal afin de bénéficier de l'abattement de 50 % résultant des dispositions de l'article 1388 quinquies I du code général des impôts, au motif que l'activité d'entreposage de véhicules serait éligible à un tel abattement. La société requérante ne soulève toutefois aucun moyen de légalité, se bornant, dans les mêmes termes que ceux de sa réclamation préalable, à solliciter une mesure gracieuse. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté comme inopérant.
8. En cinquième et dernier lieu, la société Socipar soutient qu'elle n'est pas redevable de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Elle soutient d'une part que son terrain, situé au 5015F chemin de la Lézarde, n'est pas inclus dans la zone de ramassage des ordures ménagères dont les camions passeraient à 500 mètres. Cette allégation n'est toutefois pas suffisamment démontrée, alors que l'administration fiscale soutient sans être contredite que la communauté d'agglomération du centre de la Martinique a défini par une délibération adoptée en octobre 2018 les zones non desservies par le service d'enlèvement des déchets ménagers, zones qui n'incluent pas la parcelle litigieuse. D'autre part, la société requérante soutient que son activité ne produit pas de déchets ménagers. Toutefois, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères n'est pas une redevance pour service rendu mais une imposition additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui est à la charge des propriétaires redevables de cet impôt. En conséquence, l'assujettissement à la taxe étant indépendant de l'utilisation effective du service, la société Socipar ne peut pas non plus utilement faire valoir qu'elle n'utilise pas le service d'enlèvement des ordures ménagères au motif qu'elle ne produirait pas de déchets.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la société Socipar doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Socipar au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Socipar est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Socipar et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. de Palmaert
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026