jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100759 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FABRE-SAVARY-FABBRO, SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 décembre 2021, le 6 avril 2022 et le 23 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Valère, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de dire et juger que la société AmTrust devra garantir le centre hospitalier universitaire de Martinique de l'ensemble des condamnations qui seront mises à sa charge ;
2°) de condamner solidairement le centre hospitalier universitaire de Martinique et son assureur, la société AmTrust, à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices subis à la suite de l'information erronée qui lui a été communiquée le 26 avril 2018, assortie des intérêts de retard au taux légal à compter du 16 juin 2020 ;
3°) d'ordonner une expertise médicale afin de se prononcer sur la date de consolidation de son état de santé et l'ensemble de ses préjudices ;
4°) de mettre les dépens à la charge solidaire du centre hospitalier universitaire de Martinique et de la société AmTrust ;
5°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique et de la société AmTrust au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis une faute dans l'organisation et le fonctionnement du service, en l'informant à tort qu'elle devrait subir une chimiothérapie ;
- cette faute est à l'origine de souffrances psychiques et d'un déficit fonctionnel permanent qui doivent être évalués à la somme de 30 000 euros ;
- une expertise est utile afin de déterminer la date de consolidation de son état de santé et d'évaluer ses préjudices.
Par une intervention, enregistrée le 14 mars 2022, la compagnie AmTrust international underwriters, représentée par la SELARL Fabre et associées, demande au tribunal :
- d'admettre son intervention volontaire ;
- à titre principal, de rejeter la requête ;
- à titre subsidiaire, de limiter la condamnation à la somme de 3 600 euros ;
- en tout état de cause, de rejeter toute demande de la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique et de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle a intérêt à intervenir dans la présente instance, en sa qualité d'assureur du centre hospitalier universitaire de Martinique ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 14 mars 2022 et le 3 mai 2022, le centre hospitalier universitaire de Martinique et la société AmTrust France, représentés par la SELARL Fabre et associées, concluent :
- à la mise hors de cause de la société AmTrust France ;
- à titre principal, au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 3 600 euros et au rejet de la demande d'expertise ;
- à titre infiniment subsidiaire, à ce qu'il leur soit donné acte de ce qu'ils ne s'opposent pas à la désignation d'un expert et à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la requérante ;
- en tout état de cause, au rejet de toute demande de la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la société AmTrust France n'est pas l'assureur du centre hospitalier universitaire de Martinique ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
La procédure a été régulièrement communiquée à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique, qui n'a pas produit de mémoire.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à dire et juger que la société AM Trust devra garantir le centre hospitalier universitaire de Martinique de l'ensemble des condamnations qui seront mises à sa charge, qui s'apparentent à des conclusions aux fins d'appel en garantie, qui ne peuvent être présentées que par le défendeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Valère, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, alors âgée de 49 ans, a été prise en charge à la maison de la femme, de la mère et de l'enfant du centre hospitalier universitaire de Martinique, le 15 mars 2018, pour une intervention chirurgicale de mastectomie du sein droit avec reconstruction mammaire immédiate par prothèse. Le compte-rendu opératoire mentionnant la présence de trois ganglions métastatiques et la réalisation d'un curage axillaire, l'intéressée a été informée, le 26 avril 2018, lors d'une visite de contrôle post-opératoire, qu'un traitement par chimiothérapie pourrait être nécessaire si les résultats du curage ganglionnaire se révélaient positifs. Après des investigations complémentaires, il s'est avéré que les informations portées sur le compte-rendu opératoire étaient erronées, dès lors qu'aucun ganglion métastatique n'avait été décelé. Le 12 juin 2018, Mme A a alors été avisée de l'absence d'indication d'une chimiothérapie. Une expertise amiable, diligentée par l'assureur du centre hospitalier universitaire de Martinique, a été réalisée le 13 décembre 2019. Mme A, refusant la proposition d'indemnisation de l'assureur, a saisi le juge des référés du tribunal administratif de la Martinique qui, par une ordonnance n° 2000602 du 12 juillet 2021, a condamné le centre hospitalier universitaire de Martinique à verser à l'intéressée une indemnité provisionnelle de 3 000 euros. Le 23 novembre 2021, le conseil de la requérante a formé une demande indemnitaire préalable au centre hospitalier universitaire de Martinique, qui a été rejetée par décision du 11 janvier 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner solidairement le centre hospitalier universitaire de Martinique et son assureur à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice.
Sur les conclusions de la requête tendant à dire et juger que la société AmTrust devra garantir le centre hospitalier universitaire de Martinique de l'ensemble des condamnations qui seront mises à sa charge :
2. Les conclusions de la requête tendant à dire et juger que la société AmTrust devra garantir le centre hospitalier universitaire de Martinique de l'ensemble des condamnations qui seront mises à sa charge, s'apparentent à des conclusions aux fins d'appel en garantie, qui ne peuvent être présentées que par le défendeur. Ces conclusions doivent, dès lors, être rejetées comme irrecevables.
Sur la mise hors de cause de la société AmTrust France et l'intervention volontaire de la compagnie AmTrust international underwritters :
3. Par mémoire enregistré le 14 mars 2022, la compagnie AmTrust international underwritters fait valoir que la société AmTrust France n'est pas l'assureur du centre hospitalier universitaire de Martinique, mais uniquement la représentante en France de la compagnie AmTrust international underwritters, seul assureur du centre hospitalier universitaire de Martinique. Compte tenu des termes du contrat d'assurance produit à l'instance, il y a lieu de mettre hors de cause la société AmTrust France et d'admettre l'intervention volontaire de la compagnie AmTrust international underwritters.
Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise amiable, que lors de la consultation post-opératoire du 26 avril 2018, Mme A a été informée qu'un traitement par chimiothérapie pourrait être prescrit si le ganglion sentinelle prélevé se révélait positif. Toutefois, il est constant que le ganglion sentinelle n'a pas été prélevé et qu'aucun curage axillaire n'a été réalisé durant l'intervention chirurgicale du 15 mars 2018, contrairement aux indications erronées figurant sur le compte-rendu opératoire. Ce n'est qu'après la réalisation d'une échographie axillaire faisant apparaître l'absence de cicatrice axillaire et des ganglions normaux, que Mme A a été informée de l'absence d'indication d'une chimiothérapie, le 12 juin 2018. Cette erreur dans la rédaction du compte-rendu opératoire présente le caractère d'un défaut d'organisation du service, qui a conduit à poser un diagnostic erroné le 26 avril 2018, et à délivrer une information inexacte sur l'état de santé de la patiente, de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique, qui ne le conteste d'ailleurs pas.
Sur les conclusions aux fins d'expertise :
6. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre d'une personne morale de droit public d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge la réalité du préjudice subi et le lien de causalité entre ces préjudices et le fait de l'administration. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
7. Pour solliciter une nouvelle expertise, Mme A, qui ne conteste pas la complétude du rapport d'expertise amiable du 13 décembre 2019, s'agissant de la faute commise par l'établissement hospitalier, soutient que l'expert ne s'est pas prononcé sur l'intégralité de ses préjudices ni sur la date de consolidation de son état de santé, et se prévaut en particulier de séquelles psychologiques qu'elle continuerait à subir, et qu'elle qualifie de déficit fonctionnel permanent. Toutefois, en retenant un unique chef de préjudice temporaire tenant aux souffrances endurées, l'expert a ce faisant implicitement considéré que l'état d'anxiété de Mme A, imputable à la faute du centre hospitalier universitaire de Martinique, a cessé lorsque l'hôpital l'a informée de son erreur et lui a confirmé, le 12 juin 2018, que le traitement par chimiothérapie n'était pas indiqué. Les seules pièces médicales produites par la requérante, à savoir des certificats d'une psychologue attestant d'un suivi en consultation depuis l'intervention chirurgicale du 15 mars 2018, ne suffisent cependant pas à établir que ces souffrances psychologiques seraient en lien causal direct et certain avec la faute commise par le centre hospitalier universitaire de Martinique. Par ailleurs, hormis ces consultations bimestrielles chez un psychologue, il n'est pas établi, ni même allégué, que les activités professionnelles et quotidiennes de Mme A aient été, de quelque manière que ce soit, perturbées par les souffrances psychiques qu'elle allègue. Dans la mesure où la requérante ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les conclusions de l'expert rendues à la suite d'une procédure amiable, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne une expertise médicale, laquelle serait frustratoire.
Sur l'évaluation des préjudices :
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la situation d'incertitude et d'incompréhension dans laquelle a été placée Mme A pendant près de sept semaines, a généré chez elle une forte angoisse, caractérisée par des troubles de la concentration et du sommeil. L'annonce d'une chimiothérapie a, par ailleurs, conduit la requérante à remettre en cause certains projets d'avenir. Compte tenu de l'intensité des souffrances psychiques endurées, qui ont été évaluées à 3 sur une échelle de 7 par l'expert, et de la période concernée, qui a nécessairement pris fin le 12 juin 2018 lorsque l'intéressée a été informée que le traitement par chimiothérapie n'était pas indiqué, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme A en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.
9. En second lieu, Mme A se prévaut d'un déficit fonctionnel permanent qui résulterait de souffrances psychiques qu'elle continuerait à endurer postérieurement au 12 juin 2018. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que la simple production de certificats d'une psychologue attestant d'un suivi en consultation depuis l'intervention chirurgicale du 15 mars 2018, ne permet pas d'établir que les souffrances psychiques persistantes que la requérante allègue subir seraient en lien causal direct et certain avec la faute commise par le centre hospitalier universitaire de Martinique. Il s'ensuit que l'intéressée n'est pas fondée à demander une indemnisation à ce titre.
10. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier universitaire de Martinique et la compagnie AmTrust international underwritters doivent être solidairement condamnés à verser à Mme A une somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice, sous déduction de la provision qui lui a déjà été accordée pour le même montant, en exécution de l'ordonnance n° 2000602 du juge des référés du tribunal administratif de la Martinique du 12 juillet 2021.
Sur les intérêts :
11. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure ". Les intérêts moratoires sont destinés à réparer pour le créancier d'une somme d'argent le préjudice né de l'indisponibilité de cette somme en raison du défaut d'exécution de son obligation par le débiteur.
12. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a formé une demande indemnitaire préalable au centre hospitalier universitaire de Martinique que le 8 décembre 2021, le courrier du 16 juin 2020 adressé à la société AmTrust France ne sollicitant, en tout état de cause, pas le versement d'intérêts moratoires. En outre, il ressort des pièces produites en défense que le chèque de 3 000 euros, émis en exécution de l'ordonnance n° 2000602 du juge des référés, a été adressé au conseil de Mme A le 16 août 2021. Dans la mesure où le paiement de cette provision correspond au montant de la condamnation prononcée par le présent jugement, Mme A n'est pas fondée à demander le versement d'intérêts moratoires, le paiement de sa créance étant intervenu avant même l'envoi de sa demande indemnitaire préalable.
Sur la déclaration de jugement commun :
13. La caisse générale de sécurité sociale de la Martinique, mise en cause, n'a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
14. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions de Mme A tendant à ce que les dépens soient mis à la charge des défendeurs doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au centre hospitalier universitaire de Martinique et à la société AmTrust France la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées par la compagnie AmTrust international underwritters sur ce fondement doivent être rejetées pour le même motif, l'intervenant volontaire n'étant au demeurant pas partie à l'instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique et de la compagnie AmTrust international underwritters une somme de 1 000 euros à verser à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société AmTrust international underwritters est admise.
Article 2 : La société AmTrust France est mise hors de cause.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique et la compagnie AmTrust international underwritters sont solidairement condamnés à verser à Mme A une somme de 3 000 euros, sous déduction de la provision qui lui a déjà été accordée pour le même montant par l'ordonnance n° 2000602 du juge des référés du tribunal administratif de la Martinique en date du 12 juillet 2021.
Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique et la compagnie AmTrust international underwritters verseront une somme de 1 000 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Martinique et de la société AmTrust France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Les conclusions de la compagnie AmTrust international underwritters présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier universitaire de Martinique, à la société AmTrust France, à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique et à la compagnie AmTrust international underwriters.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
A. CLa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026