jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200132 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 mars 2022, le 13 septembre 2022, le 14 septembre 2022, le 29 octobre 2022 et le 6 février 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qu'elle estime lui être due au titre du remplacement qu'elle a effectué le 16 septembre 2021, ainsi que la somme de 51,04 euros en complément de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qu'elle a perçue au titre du remplacement qu'elle a effectué du 3 au 18 janvier 2022.
Elle soutient que :
- elle a effectué un remplacement à l'école élémentaire publique Auguste Rejon, située à la Trinité, pour la matinée du 16 septembre 2021, qui n'a toutefois pas donné lieu au versement de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement ;
- l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qu'elle a perçue au titre du remplacement effectué du 3 au 18 janvier 2022 à l'école primaire publique Christiane Lange, située à la Trinité, est insuffisante, dans la mesure où la distance qui sépare l'école de son établissement de rattachement est supérieure à 10 kilomètres.
La procédure a été régulièrement communiquée à la rectrice de l'académie de Martinique, qui n'a pas produit de mémoire.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire de Mme B, enregistré le 24 février 2023, n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté des conclusions de Mme B tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 51,04 euros en complément de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement relative au remplacement du 3 au 18 janvier 2022, dans la mesure où ces conclusions ont été présentées pour la première fois dans le mémoire du 13 septembre 2022, postérieurement à l'expiration du délai de recours de deux mois ouvert à compter de la décision implicite du 20 juin 2022, née sur la demande indemnitaire préalable présentée par Mme B le 20 avril 2022.
Mme B a présenté des observations sur ce moyen, enregistrées le 28 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 89-825 du 9 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, professeure des écoles de classe normale chargée de remplacement, est rattachée à l'école maternelle publique Simone Branglidor, située sur la commune du Robert (97231). Par un courrier réceptionné le 13 janvier 2022, elle a demandé le versement de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement relative au remplacement qu'elle a effectué le 16 septembre 2021, qui a toutefois été implicitement refusé par le recteur de l'académie de Martinique le 13 mars 2022. Elle a adressé un second courrier, réceptionné le 20 avril 2022, sollicitant le versement d'un complément de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qui lui a été versée au titre du remplacement effectué du 3 au 18 janvier 2022, pour un montant de 51,04 euros, qui a également fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 20 juin 2022. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement relative au remplacement qu'elle a effectué le 16 septembre 2021, ainsi que la somme de 51,04 euros en complément de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qu'elle a perçue au titre du remplacement du 3 au 18 janvier 2022.
Sur le remplacement du 16 septembre 2021 :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". En outre, l'article 1er du décret du 9 novembre 1989 portant attribution d'une indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré dispose que : " Peuvent bénéficier d'une indemnité journalière de sujétions spéciales de remplacement pour les remplacements qui leur sont confiés et dans les conditions fixées aux articles ci-après : / - les instituteurs et les professeurs des écoles chargés des remplacements, rattachés administrativement aux brigades départementales et aux zones d'intervention localisées ; () ". L'article 2 de ce décret dispose par ailleurs que : " L'indemnité prévue à l'article 1er ci-dessus est due aux intéressés à partir de toute nouvelle affectation en remplacement, à un poste situé en dehors de leur école ou de leur établissement de rattachement. / Toutefois, l'affectation des intéressés au remplacement continu d'un même fonctionnaire pour toute la durée d'une année scolaire n'ouvre pas droit au versement de l'indemnité. / L'indemnité est attribuée jusqu'au terme de chaque remplacement assuré ". Enfin, aux termes de l'article 3 du décret, dans sa version applicable au litige : " Les taux journaliers moyens de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement prévue à l'article 1er ci-dessus sont fixés par arrêté du ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, du ministre d'Etat, ministre de la fonction publique et des réformes administratives, et du ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et du budget, chargé du budget () ". Le montant journalier de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement versée aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré est fixé, pour l'année 2021, à la somme de 15,38 euros si la distance entre l'école de rattachement et l'école où s'effectue le remplacement est inférieure à 10 kilomètres.
3. En l'espèce, Mme B a été destinataire d'un ordre de mission, émanant de l'inspectrice de l'éducation nationale, afin d'effectuer un remplacement à l'école élémentaire publique Auguste Rejon le 16 septembre 2021. Elle soutient, sans être contredite, que cette journée apparaissait initialement sur son état récapitulatif des services de remplacement, puis qu'elle en a été retirée, sans qu'elle n'ait reçu aucune explication sur ce point. Il résulte de l'instruction, notamment du bilan de remplacement remis par l'intéressée le 16 septembre 2021 ainsi que des échanges de courriels avec le secrétariat de circonscription de la Trinité, que Mme B a effectivement assuré un remplacement, le matin du 16 septembre 2021, à l'école Auguste Rejon. Dans la mesure où la requérante soutient, sans être aucunement contestée en défense, ne pas avoir perçu l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement pour cette journée, ce qui ne ressort d'ailleurs pas de ses bulletins de paie produits à l'instance, elle est fondée à demander le versement de cette indemnité. Il résulte en outre de l'instruction que la distance de trajet entre l'école maternelle Simone Branglidor et l'école élémentaire Auguste Rejon affichée sur les sites internet Géoportail et Google maps, accessibles tant au juge qu'aux parties, est inférieure à 10 kilomètres, ouvrant ainsi droit au versement d'une indemnité de 15,38 euros.
Sur le remplacement du 3 au 18 janvier 2022 :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". En outre, aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ".
5. Aux termes de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code selon lesquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception " ni celles de l'article L. 112-6 de ce même code qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de recours contentieux de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent.
7. Il résulte de l'instruction que la demande de Mme B tendant à obtenir le paiement du complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement qu'elle estime lui être dû au titre du remplacement effectué du 3 au 18 janvier 2022, réceptionnée par la rectrice de l'académie de Martinique le 20 avril 2022, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet qui a pris naissance le 20 juin 2022. Le délai de recours de deux mois franc expirait donc le 22 août 2022 à minuit. Ce n'est toutefois que par son mémoire en réplique, enregistré au greffe du tribunal le 13 septembre 2022, que Mme B a sollicité la condamnation de l'Etat à lui verser ce complément d'indemnité. Il s'ensuit que les conclusions de la requérante tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 51,04 euros en complément de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement perçue au titre du remplacement qu'elle a effectué du 3 au 18 janvier 2022 sont tardives et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme B la somme de 15,38 euros en paiement de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement relative au remplacement effectué le 16 septembre 2021.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B une somme de 15,38 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la rectrice de l'académie de Martinique.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026