jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200137 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LABOR & CONCILIUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 mars 2022 et le 8 juillet 2022, Mme B G, représentée par Me Célénice, demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique à lui verser la somme de 27 000 euros en réparation des préjudices résultant d'un harcèlement moral subi dans l'exercice de ses fonctions ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a fait part en 2019 au médecin du travail des difficultés relationnelles qu'elle rencontrait avec une supérieure hiérarchique, indiquant subir des faits de harcèlement moral ;
- l'administration n'a pris aucune mesure pour la protéger ;
- la circonstance qu'elle ait pu bénéficier d'actions de formation n'est pas de nature à atténuer les préjudices résultant du harcèlement moral subi ;
- l'administration ne peut se prévaloir en défense de sa démission dès lors que les conditions de travail dégradées ont contribué à ce départ volontaire ;
- la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique ne démontre pas avoir pris les mesures qui s'imposaient pour faire cesser ce harcèlement moral ; cette carence est fautive et de nature à engager sa responsabilité ;
- la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique a méconnu, de façon générale, son obligation de veiller à la sécurité et à la protection des agents placés sous son autorité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 mai 2022 et 30 août 2022, la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Célénice, représentant Mme D A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, alors attachée territoriale, occupait les fonctions de directrice de l'administration générale au sein de la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique (CACEM) jusqu'à sa démission présentée par un courrier du 5 août 2019. Invoquant des agissements de harcèlement moral dont elle aurait été victime dans l'exercice de ses fonctions, elle a présenté une demande indemnitaire le 12 octobre 2021 qu'a rejetée le président de la CACEM par un courrier du 13 janvier 2022. Par la présente requête, Mme G demande la condamnation de la CACEM à lui verser la somme de 27 000 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article 11 de la même loi, dans sa rédaction applicable au litige : " A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".
3. D'une part, les dispositions précitées de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence de tels faits. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Mme A soutient qu'elle a été victime d'un harcèlement moral de la part de Mme F, directrice générale adjointe en charge de l'administration, des ressources humaines et des systèmes informatiques sous l'autorité de qui elle était placée. La requérante se borne toutefois à indiquer qu'elle aurait à plusieurs reprises subi des propos dévalorisants à son endroit, sans toutefois étayer ses allégations de témoignages ou autres éléments de preuve. Le courriel du 10 juillet 2018, qu'a adressé Mme A à Mme F ainsi qu'au directeur général des services, dans lequel elle sollicitait un entretien à son retour de congés et dénonçait de la part de sa supérieure hiérarchique " un an et demi d'ordres reçus de vous et de propos insultants ", n'est pas à lui seul de nature à démontrer le harcèlement moral allégué. Si Mme A indique avoir évoqué avec le médecin de prévention en mai 2019 un climat professionnel conflictuel, elle ne conteste pas ne pas avoir alerté des agissements qu'elle soutient avoir subis sa hiérarchie ou la commission d'analyse des situations de harcèlement mise en place au sein de cette collectivité pour recueillir de tels signalements. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la CACEM s'est montrée particulièrement bienveillante envers Mme A, par la prise en charge de formations suivies par l'intéressée sur son temps de travail, afin de l'accompagner dans son projet de reconversion professionnelle. Mme A a pour cela témoigné de sa reconnaissance dans un courriel de remerciements du 17 janvier 2020, quelques jours avant son départ de la collectivité, adressé au directeur général des services ainsi qu'à Mme F. Enfin, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas de l'instruction que la CACEM aurait méconnu, de façon générale, son obligation de veiller à la sécurité et à la protection des agents placés sous son autorité.
6. Il résulte de ce qui précède que les faits invoqués par Mme D A ne peuvent être regardés comme laissant présumer qu'elle aurait été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en ne prenant pas des mesures de protection à son égard alors qu'elle était en fonction au sein de cette collectivité, la CACEM a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CACEM, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme G au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B G et à la communauté d'agglomération du Centre de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
Mme E
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026