jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200214 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril et 20 juillet 2022, la société Corail doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre de recette émis le 31 décembre 2021 par la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique pour le recouvrement de la somme de 9 405 euros au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif, à raison du permis de construire délivré par le maire du François le 16 octobre 2014, et de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire est insuffisamment motivé, dès lors qu'il ne renvoie pas à la délibération mentionnant le fondement légal de la participation ;
- la créance est prescrite, dans la mesure où la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux a été déposée le 16 novembre 2015.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 juin et 3 novembre 2022, la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique, représentée par la Selarl Landot et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Corail ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré de l'insuffisance de motivation du titre de recette, relatif à la régularité formelle du titre et énoncé pour la première fois dans le mémoire du 20 juillet 2022, postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 octobre 2014, le maire du François a délivré à la société Corail un permis de construire un immeuble de bureaux sur la parcelle cadastrée section P n° 1316, située Cotonnerie Sud, sur le territoire de la commune du François (97240). L'intéressée a ensuite été destinataire d'un titre de recette, émis le 31 décembre 2021 par la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique, pour le recouvrement de la somme de 9 405 euros au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif. Par la présente requête, la société Corail doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ce titre de recette et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 9 405 euros.
Sur la régularité formelle du titre :
2. Après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours commence, en principe, à courir à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué. Toutefois, à défaut, il court, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un demandeur donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte. Il s'ensuit que la société Corail n'était plus recevable à invoquer, dans son mémoire du 20 juillet 2022, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du titre de recette, dans la mesure où sa requête, enregistrée le 6 avril 2022, ne comportait aucun moyen fondé sur la même cause juridique. Ce moyen, irrecevable, doit dès lors être écarté.
Sur le bien-fondé du titre :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, la métropole de Lyon, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires ". Il résulte de ces dispositions que la participation pour le financement de l'assainissement collectif est applicable aux immeubles qui ont été raccordés au réseau public de collecte des eaux usées et qu'elle est exigible à compter de la date de ce raccordement.
4. D'autre part, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
5. En l'espèce, la société Corail n'apporte aucun élément permettant d'identifier la date à laquelle l'immeuble a été raccordé au réseau public de collecte des eaux usées, et il n'est ni établi, ni même véritablement allégué, que ce raccordement était effectif lors du dépôt de la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux le 16 novembre 2015. Par ailleurs, la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique fait valoir, sans être nullement contredite, que la société Corail a opéré un raccordement sauvage, alors que ce raccordement devait, en principe, être opéré par la société martiniquaise des eaux, sur demande du pétitionnaire, celui-ci ne devenant effectif que lorsque la conformité des travaux de branchement est contrôlée par le service, conformément à l'article 7.2 du règlement du service d'assainissement collectif. Cette obligation, clairement mentionnée dans les documents composant le dossier de demande de permis de construire, a d'ailleurs été rappelée à la société Corail dans le courrier qui lui a été adressé par le maire du François, le 3 septembre 2015. Dans ces conditions, la société requérante, qui ne conteste pas le caractère illégal de son raccordement, ne peut être regardée comme justifiant de la date du raccordement de l'immeuble au réseau public de collecte des eaux usées, et alors que la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique ne pouvait avoir connaissance de ce raccordement avant la réalisation de l'enquête menée le 6 février 2020. Il s'ensuit que la société Corail, qui n'établit pas le point de départ de la prescription quinquennale, n'est pas fondée à soutenir que la créance était prescrite à la date de l'émission du titre de recette, le 31 décembre 2021.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Corail n'est pas fondée à demander l'annulation du titre de recette émis le 31 décembre 2021 par la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique, ni la décharge de l'obligation de payer la somme de 9 405 euros. Sa requête doit, par suite, être rejetée.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Corail une somme de 1 500 euros à verser à la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Corail est rejetée.
Article 2 : La société Corail versera une somme de 1 500 euros à la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Corail et à la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
A. ALa présidente,
H. Rouland-Boyer
La greffière,
J. Lemaitre
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026