jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200229 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, et des mémoires complémentaires, enregistrés le 19 septembre 2022, le 12 janvier 2024 et le 18 juin 2024, M. J F, M. I G, Mme B G, M. C N, M. K E, Mme Q F, M. A F et M. O H, ce dernier agissant en son nom personnel et en qualité de représentant légal de M. L F, représentés par Me Bel, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à verser aux ayants-droits de Mme M F la somme totale de 70 000 euros, en réparation des préjudices subis par cette dernière avant son décès ;
2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à verser à M. J F la somme de 15 000 euros, à M. I G la somme de 17 000 euros, à Mme B G la somme de 16 000 euros, à M. C N la somme de 17 000 euros, à M. K E la somme de 40 000 euros, à Mme Q F la somme de 40 000 euros, à M. A F la somme de 40 000 euros et à M. O H, d'une part, la somme de 45 000 euros et, d'autre part, en qualité de représentant légal de M. L F, la somme de 40 000 euros, en réparation de leurs préjudices propres, ainsi que la somme de 3 697 euros, au titre des frais d'obsèques de Mme M F ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique la somme de 2 500 euros, à verser à Me Bel, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à titre subsidiaire, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique la somme de 3 000 euros, à leur verser, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis une faute, en retenant que les troubles du comportement de Mme M F étaient imputables à une consommation excessive de cannabis, sans chercher à établir un diagnostic différentiel ;
- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis un manquement fautif à son obligation de surveillance, en laissant Mme M F fuguer de l'établissement ;
- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis un manquement fautif à son obligation d'information et à ses obligations de loyauté et de probité, en s'abstenant d'informer les proches et la gendarmerie des conditions dans lesquelles Mme M F avait quitté le service;
- ils ont droit à obtenir réparation, en qualité d'ayant droits de Mme M F, des souffrances endurées et du préjudice d'angoisse de mort imminente, survenus avant son décès ;
- ils ont également droit à obtenir réparation de leur préjudice d'affection, de leur préjudice situationnel d'angoisse des proches et du préjudice financier résultant des frais d'obsèques.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2022 et le 12 septembre 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 10 juin 2024, le centre hospitalier universitaire de Martinique, représenté par Me Zandotti, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que sa condamnation conduirait les requérants à bénéficier d'une double indemnisation, ceux-ci étant également éligibles à une indemnisation au titre de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, Mme M F ayant la qualité de victime d'un accident de la circulation ;
- sa responsabilité n'est pas engagée, dès lors qu'il n'a commis aucune faute.
La procédure a été régulièrement communiquée à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique, qui n'a produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Me Bel, avocate des requérants.
Une note en délibéré, présentée pour les requérants, a été enregistrée le 8 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Dans la nuit du 23 au 24 avril 2019, Mme M F, âgée de 50 ans, a été admise aux urgences du centre hospitalier Louis Domergue, situé à La Trinité, et dépendant du centre hospitalier universitaire de Martinique, en raison d'un état de confusion et d'agitation, consécutif à une consommation excessive de cannabis, et se manifestant par des cris, des hallucinations visuelles, un délire paranoïaque et une désorientation spatio-temporelle. Elle a ensuite été hospitalisée au service de médecine, à compter de la fin de la journée du 24 avril 2019. Le 27 avril 2019 à 11h30, l'équipe soignante a constaté que Mme M F s'était échappée de sa chambre. Celle-ci n'a alors donné aucune nouvelle, ni à l'hôpital ni à ses proches, pendant 48 heures. Aux termes d'une errance dont les circonstances précises ne sont pas connues, Mme M F a finalement été victime, le 29 avril 2019 vers 11h00, d'un accident de la circulation, ayant été percutée par une voiture alors qu'elle tentait de traverser l'autoroute à pied. Mme M F est décédée sur le coup. Estimant que ce décès était imputable à une prise en charge fautive par le centre hospitalier Louis Domergue, M. J F, père de la victime, M. O H, compagnon de la victime, et M. I G, Mme B G, M. C N, M. K E, Mme Q F, M. A F et M. L F, ce dernier étant représenté par son représentant légal, tous les 7 étant enfants de la victime, ont présenté une demande préalable d'indemnisation au centre hospitalier universitaire de Martinique, le 10 décembre 2021. L'établissement a diligenté une expertise amiable, et l'expert a rendu son rapport le 7 juillet 2022. Aucune proposition d'indemnisation n'a cependant été formulée par le centre hospitalier universitaire de Martinique. Ainsi, par la présente requête, M. J F, M. O H, M. I G, Mme B G, M. C N, M. K E, Mme Q F, M. A F et M. L F demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique, d'une part, à verser aux ayant droits de Mme M F, la somme totale de 70 000 euros, en réparation des préjudices qu'elle a subis avant son décès et, d'autre part, à leur verser la somme totale de 273 697 euros, en réparation de leurs préjudices propres.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier universitaire de Martinique :
2. La circonstance que M. J F, M. I G, Mme B G et M. C N aient déjà été indemnisés, sur le fondement de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, par l'assureur de la conductrice à l'origine de l'accident, d'une partie de leurs préjudices, à hauteur, respectivement, de 20 000 euros, de 13 000 euros, de 14 000 euros et de 13 824,36 euros, ne fait pas obstacle à ce qu'ils recherchent, devant la juridiction administrative, la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique, au titre des fautes qu'il a commises. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, et tirée du " défaut de capacité à agir " des requérants, doit être écartée.
Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique :
En ce qui concerne les fautes commises par le centre hospitalier universitaire de Martinique :
3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise amiable dressé le 7 juillet 2022, et n'est d'ailleurs pas contesté par les requérants, que, dans les mois précédant son décès, et en particulier depuis le 1er janvier 2019, Mme M F consommait très régulièrement du cannabis, à hauteur d'environ 7 joints par jour. Elle présentait, lors de son admission aux urgences le 24 avril 2019, puis au service de médecine, les symptômes caractéristiques résultant d'une consommation excessive de cannabis, le taux anormalement élevé de globules blancs et la sensation d'hyperesthésie pouvant avoir été générés par cette consommation. En outre, le centre hospitalier Louis Domergue a pratiqué, le 25 avril 2019, puis le 27 avril 2019 au matin, des examens neurologiques, qui n'ont révélé aucune anomalie. Dans ces conditions, en retenant que l'état de santé physique et mentale dégradé de Mme M F résultait entièrement d'une consommation excessive de cannabis et alors que l'hypothèse d'une pathologie sous-jacente non détectée est peu probable et n'est pas véritablement étayée par l'expert, le centre hospitalier Louis Domergue ne peut être regardé comme ayant commis une faute, en s'abstenant de procéder à des examens complémentaires, dans le cadre d'un diagnostic différentiel.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, d'une part, que, s'il est vrai que, lors de l'examen pratiqué le 27 avril 2019 à 10h00, Mme M F était calme et tenait des propos cohérents et que la nuit précédente s'était déroulée sans événement particulier, son hospitalisation avait néanmoins été émaillée de plusieurs incidents, en particulier le 25 avril 2019, à 1h10 du matin, où Mme M F s'est réveillée très agitée, en criant et en vidant le contenu de son sac sur le sol et, surtout, le 26 avril 2019 dans la matinée, où Mme M F a été retrouvée déambulant dans les locaux de l'hôpital avec sa perfusion, dans un état de grande confusion. D'autre part, il a été constaté, le 25 avril 2019, que Mme M F était réfractaire aux soins et manifestait son intention de quitter l'établissement. Lorsqu'il a été proposé à Mme M F, le 27 avril 2019 dans la matinée, une prise en charge par le service d'addictologie, celle-ci n'a pas expressément donné son accord à de tels soins. Ainsi, au vu de la réticence de Mme M F au maintien de son hospitalisation, et compte tenu du très bref délai qui s'était écoulé depuis les incidents manifestant un état de grande confusion, son départ inopiné du service présentait un caractère prévisible, et s'il est vrai que le régime d'hospitalisation libre de Mme M F ne permettait pas au centre hospitalier Louis Domergue d'avoir recours à des mesures coercitives de contention, il lui appartenait néanmoins, dans la mesure de ses moyens, de mettre en place une surveillance renforcée de Mme M F, afin de prévenir le risque de fugue. En l'absence de toute mesure prise en ce sens, les requérants sont fondés à soutenir que le défaut de surveillance de Mme M F, à l'origine de sa fugue du service, caractérise une faute dans l'organisation du service public hospitalier de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la famille de Mme M F n'a découvert qu'elle avait quitté l'établissement que le lendemain, 28 avril 2019, à 14h00, alors que son compagnon venait lui apporter des vêtements propres. Il ressort cependant du rapport d'expertise amiable, dressé le 7 juillet 2022, et des " fiches de transmission ciblées ", produites par les requérants eux-mêmes, que, dès le début d'après-midi du 27 avril 2019, l'infirmière en poste au sein du service, après avoir signalé la fugue au service de sécurité de l'hôpital, puis à la gendarmerie, a tenté de contacter téléphoniquement la famille de Mme M F et, en l'absence de réponse, a laissé un message. Ainsi, l'information tardive des proches de Mme M F n'est pas imputable au centre hospitalier Louis Domergue, qui a accompli toutes les diligences nécessaires pour les informer dans un délai raisonnable. En outre, il n'est pas établi, ni même sérieusement allégué, que le centre hospitalier Louis Domergue aurait dissimulé des informations à la gendarmerie, quant aux circonstances dans lesquelles Mme M F a quitté le service. Au contraire, il résulte de l'instruction, et notamment des " fiches de transmissions ciblées ", que l'établissement a prévenu la gendarmerie dès qu'il a constaté la fugue, et s'est maintenu ensuite en relation étroite avec les forces de l'ordre. Aucun manquement fautif ni à l'obligation d'information, ni au principe de moralité et de probité, ne peut ainsi être retenu.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
S'agissant des préjudices subis par Mme M F avant son décès :
7. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.
8. L'errance de Mme M F, pendant environ 48 heures, alors que celle-ci était livrée à elle-même, désorientée et dans un état de confusion tel qu'il l'a conduite à tenter de traverser l'autoroute à pied, a nécessairement entraîné chez elle, en l'absence de toute prise en charge thérapeutique, des souffrances physiques et psychiques, dont il sera fait une juste appréciation, en évaluant le préjudice correspondant à la somme de 5 000 euros. En revanche, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que Mme M F aurait enduré des souffrances physiques, à la suite du choc avec le véhicule, dès lors qu'il est constant qu'elle est décédée " sur le coup ". De même, il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu des circonstances du décès, que Mme M F ait subi un préjudice d'angoisse de mort imminente.
S'agissant des préjudices subis par les victimes indirectes :
9. La décision du juge administratif ne pouvant avoir pour effet de procurer à la victime une réparation supérieure au montant du préjudice subi, il y a lieu, pour celui-ci, lorsque la faute commise par un établissement public de santé dans la prise en charge de la victime d'un accident commis par un tiers engage sa responsabilité à l'égard de cette victime, de diminuer la somme mise à la charge de l'hôpital dans la mesure requise pour éviter que le cumul de cette somme et des indemnités que la victime a pu obtenir excède le montant total des préjudices ayant résulté, pour elle, de l'accident et des conditions de sa prise en charge par l'hôpital.
10. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par les requérants, résultant du décès de Mme M F, en l'évaluant, s'agissant de M. J F, père de la victime, à la somme de 5 000 euros, s'agissant de M. I G, de Mme B G et de M. C N, enfants de la victime, âgés respectivement de 28 ans, 26 ans et 22 ans au moment du décès et ne cohabitant pas avec la victime, à la somme de 6 000 euros chacun, s'agissant de M. K E, de Mme Q F, de M. A F et de M. L F, enfants de la victime, âgés respectivement de 16 ans, 14 ans, 12 ans et 11 ans au moment du décès, à la somme de 20 000 euros chacun et, s'agissant de M. O H, compagnon de la victime, à la somme de 20 000 euros.
11. En deuxième lieu, les proches d'une personne, qui apprennent que celle-ci se trouve ou s'est trouvée exposée, à l'occasion d'un événement, individuel ou collectif, à un péril de nature à porter atteinte à son intégrité corporelle, éprouvent une inquiétude liée à la découverte soudaine de ce danger et à l'incertitude pesant sur son sort. La souffrance, qui survient antérieurement à la connaissance de la situation réelle de la personne exposée au péril et qui naît de l'attente et de l'incertitude, est en soi consécutive d'un préjudice directement lié aux circonstances de l'événement. Ce préjudice, qui se réalise entre la découverte de l'événement par les proches et leur connaissance de son issue pour la personne exposée au péril, est, par sa nature et son intensité, un préjudice spécifique qui ouvre droit à indemnisation lorsque la victime directe a subi une atteinte grave ou est décédée des suites de cet événement.
12. Le fait, pour les proches de Mme M F, d'avoir découvert qu'elle s'était enfuie du centre hospitalier Louis Domergue et se trouvait en situation d'errance, dans un état de grande vulnérabilité, sans que personne ne parvienne à la retrouver, a nécessairement entraîné une forte inquiétude, à l'origine de troubles dans les conditions d'existence, distincts du préjudice d'affection, survenus postérieurement au décès. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral correspondant, en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, pour chacun des requérants.
13. En troisième lieu, si les requérants sollicitent l'indemnisation des frais d'obsèques de Mme M F, il résulte de l'instruction que ces frais ont été facturés à Mme P F, qui ne figure pas parmi les requérants. Il n'est ainsi pas établi, ni même véritablement allégué, qu'aucun des requérants ait eu à prendre en charge ces frais d'obsèques. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas d'un préjudice patrimonial à ce titre.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier universitaire de Martinique doit être condamné à verser aux ayants-droits de Mme M F la somme de 5 000 euros, et à M. O H, M. K E, Mme Q F, M. A F et M. L F, représenté par son représentant légal, la somme totale de 21 000 euros chacun, en réparation de leurs préjudices propres. En revanche, si les préjudices propres subis par M. J F s'élèvent à la somme de 6 000 euros et si les préjudices propres subis par M. I G, Mme B G et M. C N s'élèvent à la somme de 7 000 euros chacun, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été évoqué au point 2 ci-dessus, qu'ils ont déjà été indemnisés du préjudice moral résultant du décès de Mme M F, par l'assureur de la conductrice à l'origine de l'accident, à hauteur, respectivement, de 20 000 euros, de 13 000 euros, de 14 000 euros et de 13 824,36 euros. Dans ces conditions, et conformément aux principes évoqués au point 9 ci-dessus, il n'y a pas lieu de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à leur verser une quelconque somme.
Sur la déclaration de jugement commun :
15. La caisse générale de sécurité sociale de la Martinique a été mise en cause dans la présente instance, et n'a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer le jugement commun.
Sur les frais liés au litige :
16. Si Mme B G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 25 février 2021, cette décision était caduque, en application de l'article 59 du décret du 28 décembre 2020, à la date d'introduction de la requête. Par suite, son avocate ne peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. O H, M. I G, Mme B G, M. C N, M. K E, Mme Q F et M. A F.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Martinique est condamné à verser aux ayants-droits de Mme M F la somme globale de 5 000 euros, et à M. O H, à M. K E, à Mme Q F, à M. A F et à M. L F, représenté par son représentant légal, la somme de 21 000 euros chacun.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique versera à M. O H, à M. I G, à Mme B G, à M. C N, à M. K E, à Mme Q F et à M. A F une somme globale de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. J F et autres est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. J F, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, au centre hospitalier universitaire de Martinique et à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
Le rapporteur,
F. Lancelot
Le président,
J.-M. Laso La greffière,
M. D
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026