jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200231 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHALVIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2022, M. A C, représenté par Me Chalvin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a rejeté sa demande tendant au paiement d'une somme de 27 677 euros correspondant à des rémunérations et frais d'hébergement restés impayés ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de lui verser la somme de 27 677,00 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 février 2022 ainsi que de la capitalisation des intérêts, correspondant à des rémunérations et frais d'hébergement restés impayés, et ce sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la date du jugement à intervenir ;
3°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser la somme de 5 265,00 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 février 2022 ainsi que de la capitalisation des intérêts, correspondant à l'indemnité de fin de contrat à laquelle il pouvait prétendre, et ce sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
4°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser une indemnité de 4 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison du comportement fautif de l'administration ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable puisqu'elle a été formée dans le délai de recours contentieux de deux mois suivant la décision implicite de rejet implicite de sa demande de paiement, née le 11 avril 2022 ;
- il a droit après service fait au paiement des rappels de rémunération et de frais d'hébergement sollicités pour un montant de 27 677 euros ;
- n'ayant pas bénéficié de contrat à durée indéterminée au terme de son engagement, il a également droit au paiement d'une indemnité de fin de contrat d'un montant de 5 265 euros, conformément aux articles L. 1243-8 du code du travail et R. 6152-418 du code de la santé publique ;
- les fautes de l'administration l'ont privé de près de la moitié de sa rémunération, dans le contexte médical difficile de la 4e vague de Covid-19 qui a frappé la Martinique à l'été 2021, lui causant un préjudice moral qu'il évalue à 4 000 euros et dont il est fondé à demander réparation.
La procédure a été régulièrement communiquée au centre hospitalier universitaire de Martinique, qui n'a produit aucune observation malgré une lettre de mise en demeure qui a été adressée par courrier du 2 septembre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête, tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Martinique au versement de la somme de 5 265 euros à titre d'indemnité de fin de contrat et d'une indemnité de 4 000 euros en réparation d'un préjudice, en l'absence de toute décision prise par l'administration sur une demande préalable formée devant elle sur ces points.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Nicolas, substituant Me Chalvin, avocate de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, médecin généraliste titulaire de la capacité en médecine d'urgence, a été recruté par le centre hospitalier universitaire de Martinique en vertu d'un contrat d'engagement à durée déterminée, afin de participer ponctuellement à la continuité de service des urgences pour la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021. Par un courrier daté du 9 février 2022, il a sollicité auprès du directeur général de l'établissement le paiement d'une somme de 27 677 euros correspondant à des rémunérations et frais d'hébergement qu'il estimait lui être dus. L'administration n'a toutefois pas donné de suite à cette demande. Dans la présente instance, M. C demande au tribunal administratif d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a rejeté sa demande de paiement de rémunérations et de frais d'hébergement du 9 février 2022, ainsi que d'enjoindre au centre hospitalier, sous condition d'astreinte, de lui verser la somme de 27 677 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts. Il demande en outre à la juridiction de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser une somme de 5 265 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, à titre d'indemnité de rupture de contrat, ainsi qu'une somme de 4 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison du comportement fautif de l'administration.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'indemnisation :
2. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
4. En l'espèce, M. C demande que l'Etat soit condamné à lui verser les sommes, d'une part, de 5 265 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail et, d'autre part, de 4 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison du comportement fautif de l'administration. Toutefois, par son courrier daté du 9 février 2022 et effectivement reçu par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 11 février 2022, le requérant s'est borné à solliciter auprès de sa hiérarchie le versement de rémunérations et frais d'hébergement impayés auxquels il estimait pouvoir prétendre, à hauteur d'un montant de 27 677 euros, sans jamais solliciter ni le versement d'une indemnité de fin de contrat, ni l'indemnisation d'un quelconque préjudice. Il n'a formé auprès du centre hospitalier universitaire de Martinique aucune autre demande tendant au versement de telles sommes, ni préalablement à sa requête, ni en cours d'instance. Dans ces conditions, faute de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires de la requête tendant à ce que le centre hospitalier universitaire de Martinique soit condamné au versement de la somme de 5 265 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat et d'une indemnité de 4 000 euros en réparation d'un préjudice sont irrecevables. Elles doivent, par suite, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires tendant au bénéfice des intérêts au taux légal, de la capitalisation des intérêts et tendant au prononcé d'une astreinte.
Sur le surplus de la requête :
En ce qui concerne l'acquiescement aux faits :
5. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Il résulte de ces dispositions que l'acquiescement aux faits prévu à l'article R. 612-6 est acquis lorsque, comme en l'espèce, le délai imparti à l'administration a expiré et que la date de clôture de l'instruction fixée par ordonnance est échue sans que l'administration ait présenté d'observations. Cette circonstance ne saurait dispenser le juge, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le demandeur ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'affaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision attaquée :
6. L'article R. 6152-416 du code de la santé publique dispose : " La rémunération des praticiens contractuels est fixée selon les règles suivantes : / 1° Les émoluments des praticiens contractuels recrutés en application des 1°, 2°, 4° et 5° de l'article R. 6152-402 sont fixés conformément à un arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et du budget, proportionnellement à la durée de travail définie au contrat ; () ". Aux termes de l'article 3 du contrat de recrutement en qualité de praticien intérimaire conclu le 1er juillet 2021 entre M. C et le centre hospitalier universitaire de Martinique, pour la période du 5 juillet 2021 au 6 septembre 2021, et prolongé en des termes identiques jusqu'au 31 octobre 2021 inclus, par avenant du 24 août 2021 : " Sur la base du principe du service fait () Monsieur le Docteur A C sera rémunéré sur la base du tarif de 785,66 euros brut par jour travaillé, garde et repos compensateur en cas de garde. / Le praticien s'engage à participer à la permanence des soins. / Une indemnité mensuelle (au prorata de la période contractuelle) forfaitaire de 1 500 euros net sera allouée au praticien afin de couvrir les frais de transport et d'hébergement durant la période () ".
7. En premier lieu, il résulte de la combinaison des dispositions et stipulations citées au point précédent que M. C pouvait prétendre, après service fait, à des émoluments calculés sur la base d'une rémunération d'un montant de 785,66 euros brut pour chacun des jours de travail accomplis et à des émoluments d'un même montant pour chaque garde de nuit suivie d'un repos compensateur assurée entre le 5 juillet 2021 et le 31 octobre 2021.
8. D'une part, il ressort des plannings mensuels signés par le chef du service des urgences du centre hospitalier universitaire de Martinique que le requérant a accompli au total 9 jours de service et 5 gardes de nuit suivies d'un repos au cours du mois de juillet 2021, 7 jours de service et 7 gardes de nuit suivies d'un repos au cours du mois d'août 2021, 14 jours de service et 2 gardes de nuit suivies d'un repos au cours du mois de septembre 2021, ainsi que 10 jours de service et 2 gardes de nuit suivies d'un repos au cours du mois d'octobre 2021. Il pouvait dès lors prétendre à des émoluments calculés sur la base d'une rémunération de 10 999,24 euros brut pour le mois de juillet 2021, de 10 999,24 euros brut pour le mois d'août 2021, de 12 570,56 euros brut pour le mois de septembre 2021 et de 9 427,92 euros brut pour le mois d'octobre 2021, soit une rémunération totale de 43 996,96 euros brut sur l'ensemble de la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021. D'autre part, le requérant a perçu l'ensemble des rémunérations mentionnées sur ses fiches de paie établies pour les mois de juillet, août et octobre 2021, ainsi qu'il l'indique lui-même dans ses écritures, à savoir les émoluments de 7 856,60 euros brut au titre du mois de juillet 2021, de 11 784,90 euros brut au titre du mois d'août 2021 et de 5 499,62 euros brut au titre du mois d'octobre 2021, soit un montant total de 25 141,12 euros brut pour ces trois mois. Si le centre hospitalier universitaire a également établi une fiche de paie pour le mois de septembre 2021, M. C soutient toutefois n'avoir perçu effectivement aucune des rémunérations mentionnées dans cette fiche de paie. Cette circonstance, qui n'est pas contredite par les pièces du dossier, doit être réputée établie par l'acquiescement aux faits résultant de l'absence d'observation en défense. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que le centre hospitalier universitaire reste lui devoir des émoluments correspondant à la différence entre le montant de 43 996,96 euros brut, auquel il pouvait prétendre sur l'ensemble de la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021, et le montant de 25 141,12 euros brut qu'il a effectivement perçu, soit des émoluments complémentaires calculés sur la base d'une rémunération de 18 855,84 euros brut.
9. En second lieu, il résulte de la combinaison des dispositions et stipulations citées au point 6. que M. C pouvait prétendre au versement d'une indemnité mensuelle destinée à couvrir ses frais de transport et d'hébergement d'un montant de 1 500 euros net calculée au prorata de la période contractuelle, entre le 5 juillet 2021 et le 31 octobre 2021 inclus, soit un montant total de 5 806,45 euros net. Il ressort des fiches de paie que le requérant a perçu un montant total 4 350 euros net au titre de cette indemnité forfaitaire sur les rémunérations qui lui ont été versées pour les mois de juillet, août et octobre 2021. Si la fiche de paie établie pour le mois de septembre 2021 fait mention de cette indemnité forfaitaire d'un montant de 1 500 euros net, il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que le requérant n'a perçu aucune des rémunérations mentionnées dans cette fiche de paie. Dans ces conditions, compte-tenu des sommes perçues sur les paies des mois de juillet, août et octobre 2021, M. C est seulement fondé à soutenir que le centre hospitalier universitaire reste lui devoir une somme de 1 456,45 euros net au titre de l'indemnité forfaitaire couvrant les frais de transport et d'hébergement à laquelle il pouvait prétendre pour la période contractuelle du 5 juillet 2021 et le 31 octobre 2021 inclus.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C est seulement fondé à contester la décision implicite de rejet attaquée du directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique en tant qu'elle lui refuse le versement d'émoluments, calculés sur la base d'une rémunération de 18 855,84 euros brut, en rémunération des services impayés accomplis sur la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021, et d'un reliquat d'indemnité forfaitaire couvrant les frais de transport et d'hébergement, à hauteur d'un montant de 1 456,45 euros net. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision implicite attaquée, dans cette seule mesure.
En ce qui concerne l'injonction :
11. L'article 1231-6 du code civil dispose : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". L'article 1343-2 du code civil dispose : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. "
12. L'annulation prononcée au point 10., compte-tenu du motif sur laquelle elle se fonde, implique nécessairement que le centre hospitalier universitaire de Martinique verse à M. C les émoluments, calculés selon les bases précisées au point 8., qui lui sont dus en rémunération des services impayés accomplis sur la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021, ainsi que sur la somme de 1 456,45 euros net, correspondant au reliquat impayé d'indemnité forfaitaire couvrant les frais de transport et d'hébergement. Par ailleurs, M. C a sollicité pour la première les intérêts au taux légal lors de l'introduction de sa requête. Il a dès lors droit aux intérêts au taux légal sur le montant net de ces émoluments et de cette indemnité à compter du 12 avril 2022, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal. Enfin, si M. C a également sollicité à l'occasion de la requête introductive d'instance le bénéfice de la capitalisation des intérêts en application de l'article 1343-2 du code civil, cette demande n'est toutefois pas fondée dès lors qu'il n'était pas dû, à la date du présent jugement, une année d'intérêts.
13. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de verser à M. C les émoluments, calculés selon les bases précisées au point 8., qui lui sont dus en rémunération des impayés accomplis sur la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021, ainsi que sur la somme de 1 456,45 euros net, correspondant au reliquat impayé d'indemnité forfaitaire couvrant les frais de transport et d'hébergement, assortis des intérêts au taux légal à compter du 12 avril 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. C.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet attaquée du directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique est annulée, en tant qu'elle refuse à M. C le versement d'émoluments, calculés sur la base d'une rémunération de 18 855,84 euros brut, en rémunération des impayés accomplis sur la période du 5 juillet 2021 au 31 octobre 2021, et d'un reliquat d'indemnité forfaitaire couvrant les frais de transport et d'hébergement, à hauteur d'un montant de 1 456,45 euros net.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier universitaire de Martinique de verser à M. C les émoluments et le reliquat d'indemnité mentionnés à l'article 1er, assorti des intérêts au taux légal, calculés sur le montant net de ces sommes, à compter du 12 avril 2022, et ce dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Martinique versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au centre hospitalier universitaire de Martinique.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
V. B
La présidente,
H. Rouland-BoyerLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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