lundi 17 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200270 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, la société Lyonnaise d'environnement et de service, représentée par l'AARPI Beaulac Garrigues Associés, agissant par Me Beaulac, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets à lui verser une somme provisionnelle de 115 457,74 euros, correspondant au montant des travaux effectués dans le cadre du marché public de travaux de remise en état du réseau biogaz et de diagnostic sur les équipements de traitement des lixiviats et biogaz des ISDND du Poteau et de fond Canonville ;
2°) de mettre à la charge du syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas obtenu le paiement du montant du marché public de travaux de remise en du réseau biogaz de l'ISDN du Poteau et de diagnostic sur les équipements de traitement des lixiviats et biogaz des ISDND du syndicat, alors que les travaux sont achevés et n'ont pas fait l'objet de réserves ;
- le syndicat doit également lui verser les intérêts moratoires à raison du retard de paiement.
Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, la société Lyonnaise d'environnement et de service, représentée par l'AARPI Beaulac Garrigues Associés, agissant par Me Beaulac, indique que le montant en principal de sa créance lui a été versé le 11 août 2022 et précise qu'elle entend maintenir ses conclusions tendant au versement des intérêts moratoires et de la somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La requête a été régulièrement communiquée au syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets qui n'a pas produit de mémoire dans cette instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux issu de l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié par l'arrêté du 3 mars 2014 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 27 juillet 2020, le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets a confié à la société Lyonnaise d'environnement et de service un marché public, d'un montant de 111 501,37 euros, ayant pour objet la réalisation de travaux de remise en état du réseau biogaz et de diagnostic sur les équipements de traitement des lixiviats et biogaz des ISDND du Poteau et de Fond Canonville. Un avenant à ce marché public, d'un montant de 3 956,38 euros, a été conclu le 8 juillet 2021. Par un courrier en date du 19 novembre 2021, la société Lyonnaise d'environnement et de service a mis en demeure le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets de lui verser la somme de 115 457,74 due au titre de ce marché. Sa demande étant restée sans réponse, la société Lyonnaise d'environnement et de service demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le syndicat à lui verser, à titre de provision, cette somme, ainsi que les intérêts moratoires correspondant.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, la société Lyonnaise d'environnement et de service indique que le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets lui a versé le 11 août 2022, la somme de 115 457,74 euros correspondant au montant des travaux réalisés. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce que le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets soit condamné à lui verser cette somme à titre de provision.
Sur le surplus des conclusions :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
4. Aux termes de l'article L.2192-10 du code de la commande publique : " Les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entités adjudicatrices, paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire et qui peut être différent selon les catégories de pouvoirs adjudicateurs. / Lorsqu'un délai de paiement est prévu par le marché, celui-ci ne peut excéder le délai prévu par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R.2192-10 du même code : " Le délai de paiement prévu à l'article L.2192-10 est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice. ". Enfin, aux termes de l'article L.2192-13 du même code : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. ".
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la société Lyonnaise d'environnement et de service a droit aux intérêts moratoires sur la facture restée non payée et non sérieusement contestable à l'issue d'un délai de trente jours suivant réception de la demande de paiement, et ce jusqu'à la date de paiement du principal.
6. Il résulte des pièces soumises au juge des référés que la société Lyonnaise d'environnement et de service a déposé le 11 août 2021, sur la plateforme Chorus, la facture d'un montant de 115 457,74 euros. Le délai de paiement de cette facture a donc expiré le 11 septembre 2021. Les intérêts moratoires ont commencé à courir le 12 septembre 2021 jusqu'à la date de paiement de la facture, le 11 août 2022. Par suite, il y a de condamner le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets à verser, dans un délai de trente jours, à la société requérante, à titre de provision, les intérêts moratoires se rapportant à la somme de 115 457,74 euros pour la période du 12 septembre 2021 au 11 août 2022. Il n'y a pas lieu d'assortir cette condamnation d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets une somme de 1 000 euros à verser à la société Lyonnaise d'environnement et de service, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la condamnation du syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets à verser à la société Lyonnaise d'environnement et de service une somme provisionnelle de 115 457,74 euros, correspondant au montant des travaux effectués dans le cadre du marché public de travaux de remise en état du réseau biogaz et de diagnostic sur les équipements de traitement des lixiviats et biogaz des ISDND du syndicat.
Article 2 : Le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets est condamné à verser, dans un délai de trente jours, à la société Lyonnaise d'environnement et de service, à titre de provision, les intérêts moratoires se rapportant à la somme de 115 457,74 euros, pour la période du 12 septembre 2021 au 11 août 2022.
Article 3 : Le syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets versera à la société Lyonnaise d'environnement et de service une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la société Lyonnaise d'environnement et de service est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Lyonnaise d'environnement et de service et au syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets.
Fait à Schœlcher, le 17 avril 2023.
La présidente, juge des référés,
H. Rouland-Boyer
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026