jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200336 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOULOGNE-YANG-TING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2022, Mme C A, représentée par Me Boulogne-Yang-Ting, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune du Vauclin à lui verser la somme de 335 461,99 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'accident dont elle a été victime le 3 janvier 2015 ;
2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune du Vauclin au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa chute du 3 janvier 2015 a été causée par la présence d'eau sur la chaussée résultant d'une défectuosité de la tuyauterie des toilettes publiques, de nature à engager la responsabilité de la commune du Vauclin sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;
- elle est fondée à demander, s'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires, la somme de 20 106 euros au titre de l'assistance par tierce personne ;
- elle est fondée à demander, s'agissant des préjudices extra-patrimoniaux temporaires, la somme de 11 704,20 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, la somme de 15 000 euros au titre des souffrances endurées et la somme de 6 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
- elle est fondée à demander, s'agissant des préjudices patrimoniaux permanents, la somme de 143 000,01 euros au titre de l'assistance par tierce personne, la somme de 80 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, et la somme de 9 651,78 euros au titre des frais de véhicule adapté ;
- elle est fondée à demander, s'agissant des préjudices extra-patrimoniaux permanents, la somme de 38 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, la somme de 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément, la somme de 5 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent et la somme de 2 000 euros au titre du préjudice sexuel.
Par un mémoire, enregistré le 28 août 2023, la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique demande au tribunal de condamner la commune du Vauclin à lui verser la somme de 1 616,52 euros en remboursement de ses débours et la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Elle soutient que :
- elle justifie de débours en lien avec l'accident de Mme A pour un montant total de 201 225,79 euros, qui n'ont toutefois été que partiellement remboursés par l'assureur de la commune du Vauclin, à hauteur de 199 609,27 euros ;
- elle est fondée à demander le versement de la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
La procédure a été régulièrement communiquée à la commune du Vauclin, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- l'ordonnance n° 2100508 du 31 août 2023, par laquelle la présidente du tribunal a mis fin à la mission d'expertise confiée au professeur B, qui n'a justifié le versement d'aucun frais ou honoraire à l'expert ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été victime d'une chute, le 3 janvier 2015, à proximité de l'église du Vauclin. Par une ordonnance n° 2100508 du 21 octobre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de la Martinique a ordonné une expertise médicale, confiée au professeur B. L'expert a rendu un rapport de carence, enregistré au greffe du tribunal le 28 juillet 2023. Par ailleurs, le 24 mars 2022, l'intéressée a présenté une demande indemnitaire à la commune du Vauclin, qui a été rejetée par décision du 11 avril 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner la commune du Vauclin à lui verser la somme de 335 461,99 euros en réparation des préjudices qu'elle expose subir du fait de son accident.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction que le 3 janvier 2015, Mme A a été victime d'une chute, à proximité de l'église du Vauclin, lui occasionnant une luxation du genou gauche avec déficit partiel du sciatique poplité externe gauche. Elle a été prise en charge par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, qui l'a transportée au centre hospitalier universitaire de Martinique, où elle est restée hospitalisée jusqu'au 6 janvier 2015. Si la requérante soutient que sa chute a été causée par la présence d'eau sur la voie publique, qui s'écoulait d'une tuyauterie défectueuse des toilettes publiques, elle se borne à produire à l'instance sa déclaration d'accident, rédigée par ses soins, ainsi que la fiche d'intervention des secours, qui n'apporte aucune indication sur les circonstances de sa chute. La requérante ne produit toutefois aucun élément probant au soutien de ses allégations, permettant d'établir avec précision la matérialité des faits décrits dans sa requête et les causes de sa chute, telles que des photographies de l'ouvrage public en cause, des attestations de témoins ou un constat d'huissier. Dans ces conditions, la localisation, les circonstances et les causes exactes de la chute ne pouvant être déterminées avec précision au regard des éléments produits par la requérante, le lien de causalité entre l'ouvrage et le dommage n'est pas établi. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de la commune du Vauclin sur le fondement de l'existence d'un défaut d'entretien normal de la voie publique.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également les conclusions présentées par la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique tendant au remboursement de ses débours et au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion par la commune du Vauclin.
Sur les dépens :
5. Dans la mesure où il résulte de l'instruction que, par ordonnance du 31 août 2023, la présidente du tribunal a mis fin à la mission d'expertise confiée au professeur B, qui n'a généré aucun frais ou honoraire pour l'expert, il n'y a pas lieu de mettre les frais d'expertise à la charge définitive de l'une des parties.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune du Vauclin, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées à ce titre par la requérante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique sont rejetées.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'une des parties les frais et honoraires de l'expertise, à laquelle il a été mis fin par ordonnance du 31 août 2023.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune du Vauclin et à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026