LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200353

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200353

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200353
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL PIERREPINTAT AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juin 2022 et le 2 janvier 2023, la société Production et commercialisation antillaise de polyéthylène (Procap), représentée par la SELARL Pintat avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2020 par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande de subvention au titre du programme opérationnel FEDER-FSE 2014-2020 pour une opération d'acquisition et d'installation d'un four et de moules, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de réexaminer sa demande de subvention ;

3°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la collectivité territoriale de Martinique au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'auteur de l'acte est incompétent, faute de disposer d'une délégation de signature régulière ;

- la décision de rejet de son recours gracieux est entachée d'erreur de fait, dès lors que le modèle de diable qu'elle a acquis ne correspond pas au modèle prévu dans la demande d'aide ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation, dans la mesure où l'aide présentait bien un caractère incitatif, les travaux n'ayant pas débuté à la date du dépôt de la demande de subvention.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, la collectivité territoriale de Martinique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que M. A n'a pas qualité pour agir en justice au nom de la société Procap ;

- les moyens soulevés par la société Procap ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire de la société Procap, enregistré le 4 mai 2023, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) N° 651/2014 de la commission du 17 juin 2014 ;

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monnier-Besombes,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Pintat, représentant la société Procap.

Considérant ce qui suit :

1. Le 27 mars 2019, la société Procap a sollicité auprès de la collectivité territoriale de Martinique le versement d'une subvention au titre du programme opérationnel FEDER-FSE 2014-2020 pour une opération d'acquisition et d'installation d'un four et de moules. Par une décision du 3 décembre 2020, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a refusé de faire droit à cette demande. La société Procap a formé un recours gracieux contre cette décision par un courrier daté du 17 décembre 2020. Le 13 avril 2022, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a expressément rejeté le recours gracieux. Par la présente requête, la société Procap demande au tribunal d'annuler la décision du 3 décembre 2020, ensemble le rejet de son recours gracieux, et d'enjoindre au président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de réexaminer sa demande de subvention.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Il résulte de l'ensemble des textes les régissant que les avocats et les avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation ont qualité, devant les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, pour représenter les parties et signer en leur nom les requêtes et les mémoires, sans avoir à justifier du mandat par lequel ils ont été saisis par leur client. En revanche, la présentation d'une action par un avocat ou un avocat aux Conseils ne dispense pas le tribunal administratif de s'assurer, le cas échéant, lorsque la partie en cause est une personne morale, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Tel est le cas lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier.

3. En outre, il résulte des dispositions de l'article L. 227-6 du code de commerce, que la société par actions simplifiée est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts, et que le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social.

4. En l'espèce, il ressort des extraits Kbis versés aux débats, que la société Procap, société par actions simplifiée, est présidée par la société Caiali, elle-même présidée par M. B A. Ce dernier avait, par suite, qualité pour agir en justice au nom de la société Procap. La fin de non-recevoir opposée par la collectivité territoriale de Martinique doit, dès lors, être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. Aux termes de l'article 6 du règlement (UE) n° 651/2014 de la commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité : " 1. Le présent règlement s'applique exclusivement aux aides ayant un effet incitatif. / 2. Une aide est réputée avoir un effet incitatif si le bénéficiaire a présenté une demande d'aide écrite à l'État membre concerné avant le début des travaux liés au projet ou à l'activité en question () ". Le point 18 de ce règlement précise que : " Afin de garantir que l'aide est nécessaire et constitue une incitation à développer d'autres activités ou projets, il convient d'exclure du champ d'application du présent règlement les aides en faveur d'activités que le bénéficiaire entreprendrait de toute façon, même en l'absence d'aide. Il y a lieu qu'une aide ne bénéficie d'une exemption de l'obligation de notification au titre du présent règlement que si le début des travaux liés au projet ou à l'activité correspondants n'intervient qu'après l'introduction d'une demande d'aide écrite par le bénéficiaire ". En outre, le point 23 définit le " début des travaux " comme étant : " soit le début des travaux de construction liés à l'investissement, soit le premier engagement juridiquement contraignant de commande d'équipement ou tout autre engagement rendant l'investissement irréversible, selon l'événement qui se produit en premier. L'achat de terrains et les préparatifs tels que l'obtention d'autorisations et la réalisation d'études de faisabilité ne sont pas considérés comme le début des travaux. Dans le cas des rachats, le " début des travaux " est le moment de l'acquisition des actifs directement liés à l'établissement acquis ".

6. En l'espèce, le refus opposé par la collectivité territoriale de Martinique à la demande de subvention présentée par la société Procap se fonde sur le fait que l'investissement prévu par la société requérante aurait été initié avant le dépôt de sa demande de subvention, et ce en méconnaissance de la règle d'incitativité de l'aide européenne. Il ressort des écritures de la collectivité territoriale de Martinique, ainsi que de la décision du 13 avril 2022 portant rejet du recours gracieux, que le service instructeur s'est appuyé sur une facture, émise par un fournisseur de la société Procap le 4 janvier 2019, pour l'achat d'un diable, et dont il n'est pas contesté qu'elle a été acquittée avant le dépôt de la demande de subvention, le 27 mars 2019. La société Procap fait toutefois valoir, sans être contestée sur ce point en défense, que ce diable de modèle ST250S a été acquis pour les besoins courants de ses activités industrielles actuelles, sans lien avec son projet d'investissement, tandis que le devis figurant dans le détail des investissements de la demande de subvention portait sur l'achat d'un diable de modèle ST250N, qui n'a pas été acheté avant le dépôt de la demande de subvention. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la facture du 4 janvier 2019 porte sur l'acquisition de quatre diables, d'un montant unitaire de 249 euros. Cette dépense d'acquisition d'engins légers de manutention présente donc un caractère très minime, et marginal par rapport au cœur du projet d'investissement de la société Procap, qui porte sur l'acquisition d'un four, d'un montant de 309 800 euros, et de 14 moules, pour un montant total de 105 648 euros. S'agissant de ces acquisitions, il est constant que les factures n'ont été émises que postérieurement au dépôt de la demande de subvention, et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la société Procap s'était juridiquement engagée auprès de ses fournisseurs, avant le dépôt de sa demande de subvention. Ainsi, la seule dépense en litige, pour un montant de 249 euros, avant le dépôt de la demande de subvention, ne peut être regardée comme ayant rendu irréversible la totalité du projet d'investissement porté par la société Procap, et ne saurait donc justifier que soit rejetée, dans son ensemble, sa demande de subvention. Par suite, la collectivité territoriale de Martinique a fait une inexacte application des dispositions du règlement européen précité en considérant que la société Procap avait méconnu le caractère incitatif de l'aide.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Procap est fondée à demander l'annulation de la décision du 3 décembre 2020 par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande de subvention, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Eu égard aux motifs qui la fondent, l'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement mais nécessairement que la collectivité territoriale de Martinique se prononce de nouveau sur la demande de subvention présentée par la société Procap, le 27 mars 2019. Il y a donc lieu d'enjoindre au président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de procéder à ce réexamen, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la collectivité territoriale de Martinique une somme de 1 500 euros à verser à la société Procap au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 3 décembre 2020 par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté la demande de subvention de la société Procap au titre du programme opérationnel FEDER-FSE 2014-2020 pour une opération d'acquisition et d'installation d'un four et de moules, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de réexaminer la demande de subvention présentée par la société Procap, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La collectivité territoriale de Martinique versera une somme de 1 500 euros à la société Procap, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Procap et à la collectivité territoriale de Martinique.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.

La rapporteure,

A. Monnier-BesombesLe président,

J.-M. Laso

Le greffier,

J.-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions