lundi 27 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200451 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MBOUHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2022, le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique, représenté par la SELARL Grimaldi Molina et associés, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil d'administration du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique a rejeté sa demande du 8 décembre 2021 tendant à la mise à disposition d'un local pour l'exercice de son activité syndicale, ensemble la décision implicite du 4 juin 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de condamner le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique à lui verser la somme de 10 005 euros en réparation de son préjudice résultant de l'absence de mise à disposition d'un local syndical ou du versement d'une subvention lui permettant de louer et d'équiper un local depuis le mois de septembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au service territorial d'incendie et de secours de la Martinique de mettre à sa disposition un local syndical et de lui allouer la somme de 10 005 euros, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 213-2 du code général de la fonction publique et l'article 3 du décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- le refus opposé à sa demande de mise à disposition d'un local syndical lui cause un préjudice, qu'il évalue à la somme de 10 005 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, représenté par Me Mbouhou, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, dans la mesure où il est sur le point de conclure un bail afin de mettre un local à disposition des organisations syndicales ;
- les moyens soulevés par le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative, le mémoire en défense du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, enregistré le 23 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée ;
- le décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. A, représentant le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique a sollicité auprès du président du conseil d'administration du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, par courrier du 8 décembre 2021, la mise à disposition d'un local pour l'exercice de son activité syndicale. Cette demande est toutefois restée sans réponse. Le syndicat a formé un recours gracieux contre cette décision, le 4 avril 2022, et a également sollicité le versement de la somme de 84 042 euros, correspondant selon lui au montant de la subvention qu'il aurait dû percevoir depuis le mois de septembre 2021. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 4 juin 2022. Par la présente requête, le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande, ensemble le rejet de son recours gracieux, de condamner le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique à lui verser la somme de 10 005 euros en réparation de son préjudice et de lui enjoindre, sous astreinte, de mettre à sa disposition un local pour l'exercice de son activité syndicale et de lui allouer la somme de 10 005 euros.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. L'article 100 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur et désormais repris à l'article L. 213-2 du code général de la fonction publique, dispose que : " () Les collectivités et établissements employant au moins cinquante agents doivent mettre à la disposition des organisations syndicales représentatives, sur leur demande, des locaux à usage de bureau. A défaut d'une telle mise à disposition, ces collectivités et établissements leur versent une subvention permettant de louer un local et de l'équiper () ". L'article 3 du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale dispose que : " Lorsque les effectifs du personnel d'une collectivité ou d'un établissement relevant de la loi du 26 janvier 1984 susvisée sont égaux ou supérieurs à 50 agents, l'autorité territoriale doit mettre un local commun à usage de bureau à la disposition des organisations syndicales représentatives ayant une section syndicale dans la collectivité ou l'établissement. Dans toute la mesure du possible, l'autorité territoriale met un local distinct à la disposition de chacune de ces organisations. / Lorsque les effectifs du personnel de la collectivité ou de l'établissement sont supérieurs à 500 agents, l'octroi de locaux distincts est de droit pour chacune de ces organisations syndicales. / () Sont considérées comme représentatives les organisations syndicales représentées au comité technique local ou au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale. " Il résulte de ces dispositions que seules les organisations syndicales représentées au comité technique local ou au conseil supérieur de la fonction publique territoriale ont droit à la mise à disposition d'un local syndical.
3. En l'espèce, si le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique se prévaut du dépôt de sa déclaration d'existence en mairie le 30 août 2021, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, il ne disposait d'aucun siège au sein du comité technique local du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, mais n'a obtenu des sièges au comité social territorial que lors des dernières élections professionnelles, intervenues le 8 décembre 2022. Par ailleurs, si l'organisation syndicale Force ouvrière est représentée, au plan national, au sein du conseil supérieur de la fonction publique territoriale, il n'est pas démontré, ni même d'ailleurs simplement allégué par le syndicat requérant, qu'il serait régulièrement affilié à cette organisation syndicale, celui-ci s'étant abstenu de produire à l'instance ses statuts ou la preuve du versement d'une cotisation à l'organisation syndicale nationale Force ouvrière. Dans ces conditions, le syndicat requérant n'apporte pas la preuve de son caractère représentatif, à la date de la décision contestée. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'en refusant de mettre à sa disposition un local syndical, le président du conseil d'administration du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique aurait méconnu les dispositions précitées du décret du 3 avril 1985. Le moyen soulevé sur ce point doit, par suite, être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique n'est pas fondé à contester la légalité de la décision implicite rejetant sa demande de mise à disposition d'un local syndical. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'exception de non-lieu opposée par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique. Les conclusions du syndicat requérant tendant à l'indemnisation de son préjudice résultant de l'absence de mise à disposition d'un local syndical ou du versement d'une subvention lui permettant de louer et d'équiper un local depuis le mois de septembre 2021 doivent, en conséquence, également être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées à ce titre par le requérant. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique la somme demandée par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat Force ouvrière du STIS de la Martinique et au service territorial d'incendie et de secours de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026