LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200466

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200466

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200466
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2022 et le 11 mai 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Rock et beach demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juillet 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Martinique a refusé de lui accorder l'agrément fiscal nécessaire au bénéfice du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs en outre-mer, prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts, pour la réalisation d'un programme d'investissements destiné à la rénovation d'une villa, située sur le territoire de la commune des Anses-d'Arlet, en vue d'y créer un complexe de quatre meublés de tourisme ;

2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Martinique de lui délivrer l'agrément demandé ;

3°) de mettre ses frais d'instance à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- son programme d'investissements remplit l'ensemble des conditions posées au III de l'article 217 undecies du code général des impôts, et en particulier celle tenant à la création ou au maintien d'emplois dans le département ;

- le directeur régional des finances publiques de la Martinique ne pouvait légalement se fonder, pour refuser de délivrer l'agrément, sur les avis du préfet de la Martinique, de la direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Martinique et de la commission consultative locale d'agrément, qui se sont prévalus d'une condition qui n'était pas prévue par les dispositions de l'article 217 undecies du code général des impôts.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 mars et 6 avril 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SARL Rock et beach ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monnier-Besombes,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Rock et beach, qui exerce une activité d'hébergement touristique et d'hébergement de courte durée, a sollicité, le 19 novembre 2021, l'obtention de l'agrément fiscal nécessaire au bénéfice du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs en outre-mer, prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts, pour la réalisation d'un programme d'investissements portant sur la rénovation d'une villa, située sur le territoire de la commune des Anses-d'Arlet, en vue d'y créer un complexe de quatre meublés de tourisme. Par une décision du 19 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique, suivant les avis défavorables du préfet de la Martinique et de la commission consultative locale d'agrément, a refusé la délivrance de cet agrément. Par la présente requête, la SARL Rock et beach demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Martinique de lui accorder l'agrément sollicité.

2. En premier lieu, la décision contestée vise l'article 244 quater W du code général des impôts dont il est fait application et cite les avis défavorables du préfet de la Martinique, de la direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Martinique et de la commission consultative locale d'agrément. La société requérante a ainsi été mise à même de comprendre les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée, à savoir le fait que la condition relative à la création ou au maintien d'emplois dans le département n'est pas remplie. A supposer même qu'il soit soulevé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 244 quater W du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - 1. Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 octies A et 44 duodecies à 44 septdecies, exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale relevant de l'article 34, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs qu'elles réalisent dans un département d'outre-mer pour l'exercice d'une activité ne relevant pas de l'un des secteurs énumérés aux a à l du I de l'article 199 undecies B, à l'exception des activités mentionnées au I quater du même article 199 undecies B. / Le crédit d'impôt prévu au premier alinéa s'applique également aux travaux de rénovation et de réhabilitation d'hôtel, de résidence de tourisme et de village de vacances classés lorsque ces travaux constituent des éléments de l'actif immobilisé. () / VII. - Lorsque le montant total par programme d'investissements est supérieur aux seuils mentionnés au II quater et au III de l'article 217 undecies, le bénéfice du crédit d'impôt est conditionné à l'obtention d'un agrément préalable délivré par le ministre chargé du budget dans les conditions prévues au III du même article, sauf dans le cas où il s'agit d'un programme d'investissements mentionné au 3° du 4 du I du présent article réalisé par un organisme mentionné au 1 du I de l'article 244 quater X. () ".

4. En outre, le point II quater de l'article 217 undecies du même code dispose que : " Les programmes d'investissement dont le montant total est supérieur à 1 000 000 € ne peuvent ouvrir droit à la déduction mentionnée aux I, II et II ter que s'ils ont reçu un agrément préalable du ministre chargé du budget dans les conditions prévues au III. () ". Et le point III de cet article dispose que : " 1. Pour ouvrir droit à déduction, les investissements mentionnés au I réalisés dans les secteurs des transports, de la navigation de plaisance, de l'agriculture, de la pêche maritime et de l'aquaculture, de l'industrie charbonnière et de la sidérurgie, de la construction navale, des fibres synthétiques, de l'industrie automobile, ou concernant la rénovation et la réhabilitation d'hôtel, de résidence de tourisme et de village de vacances classés ou des entreprises en difficultés, ou qui sont nécessaires à l'exploitation d'une concession de service public local à caractère industriel et commercial doivent avoir reçu l'agrément préalable du ministre chargé du budget, après avis du ministre chargé de l'outre-mer. L'organe exécutif des collectivités d'outre-mer compétentes à titre principal en matière de développement économique est tenu informé des opérations dont la réalisation le concerne. / L'agrément est délivré lorsque l'investissement : / a) Présente un intérêt économique pour le département dans lequel il est réalisé ; il ne doit pas porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou constituer une menace contre l'ordre public ou laisser présumer l'existence de blanchiment d'argent ; / b) Poursuit comme l'un de ses buts principaux la création ou le maintien d'emplois dans ce département ; / c) S'intègre dans la politique d'aménagement du territoire, de l'environnement et de développement durable ; / d) Garantit la protection des investisseurs et des tiers. / L'octroi de l'agrément est subordonné au respect par les bénéficiaires directs ou indirects de leurs obligations fiscales et sociales et à l'engagement pris par ces mêmes bénéficiaires que puissent être vérifiées sur place les modalités de réalisation et d'exploitation de l'investissement aidé () ".

5. Il résulte de ces dispositions que le crédit d'impôt prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts s'applique sous réserve que soient satisfaites les conditions de fond fixées à cet article, relatives notamment à la nature, à la localisation et à la réalisation des investissements. En vertu du VII de cet article, certains de ces investissements sont soumis à l'agrément préalable prévu au III de l'article 217 undecies du même code. La délivrance de cet agrément est ainsi subordonnée au respect des conditions posées à l'article 244 quater W ainsi qu'à celles, auxquelles cet article renvoie, fixées au III de l'article 217 undecies du même code. Il revient donc à l'administration fiscale, lorsqu'elle instruit une demande d'agrément, de s'assurer que l'investissement en cause entre bien dans le champ d'application de la réduction d'impôt, fixé à l'article 244 quater W, puis, le cas échéant, de vérifier si les conditions de délivrance de l'agrément au regard des conditions fixées par l'article 217 undecies sont remplies.

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention de l'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si des dépenses sont éligibles au dispositif du crédit d'impôt prévu par les dispositions précitées du code général des impôts.

7. En l'espèce, pour refuser de délivrer l'agrément à la SARL Rock et beach, le directeur régional des finances publiques de la Martinique s'est fondé sur le fait que la condition selon laquelle l'investissement poursuit comme l'un de ses buts principaux la création ou le maintien d'emplois dans le département, n'était pas remplie.

8. D'une part, si la société requérante soutient qu'elle a pour projet de créer un emploi salarié à temps plein de " chargé de clientèle ", qui sera spécifiquement affecté à la gestion administrative et commerciale du complexe touristique, elle ne produit toutefois aucune pièce pour justifier de cette allégation. La SARL Rock et beach ne conteste ainsi pas utilement l'affirmation du directeur régional des finances publiques de la Martinique, selon laquelle la société a fait valoir, devant la commission locale consultative d'agrément, que l'exploitation du site sera assurée par la société Free'dom ingénierie, dirigée par le même gérant, faute pour la requérante d'avoir produit à l'instance son dossier de demande d'agrément ou tout autre document permettant de regarder comme établi son projet de créer un emploi de " chargé de clientèle " dans sa société. D'autre part, la SARL Rock et beach ne peut utilement faire valoir que son programme d'investissements est de nature à créer au moins onze emplois indirects, premièrement, au sein des entreprises de bâtiment auxquelles il sera fait appel pour les travaux de rénovation et, deuxièmement, pendant l'exploitation du site, pour certaines prestations, notamment le ménage et le jardinage, pour lesquelles elle fera appel à la sous-traitance. En effet, outre que la condition tenant à la création ou au maintien d'emplois dans le département doit nécessairement s'entendre au titre de l'activité exercée en propre par l'entreprise, et non par les entreprises auxquelles elle fait appel en qualité de prestataires ou de sous-traitantes, en tout état de cause les emplois indirects évoqués ne peuvent être qualifiés de création d'emplois, dès lors qu'il n'est pas démontré que ces sociétés tierces recruteront des salariés pour réaliser ces prestations. Enfin, si la SARL Rock et beach évoque le fait que la création d'emplois supplémentaires n'est pas une condition sine qua non pour obtenir l'agrément, dans la mesure où les dispositions précitées du III de l'article 217 undecies prévoient que l'agrément peut être octroyé, si l'investissement a pour but le maintien d'emplois, cette notion de maintien d'emplois ne peut s'entendre que lorsque l'investissement a pour but de préserver des emplois préexistants, qui seraient supprimés si l'investissement n'était pas réalisé, ce qui n'est en l'espèce aucunement établi, ni même allégué. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la condition de l'article 217 undecies du code général des impôts, selon laquelle l'investissement poursuit comme l'un de ses buts principaux la création ou le maintien d'emplois dans le département, serait remplie.

9. En troisième lieu, la SARL Rock et beach soutient que le directeur régional des finances publiques de la Martinique ne pouvait valablement se fonder sur les avis émis par le préfet de la Martinique, la direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la Martinique et la commission consultative locale d'agrément, dès lors que ces avis opposent un motif de refus, tiré de ce que le projet peut être financé sans aide publique, qui ne se rattache à aucune des conditions fixées par l'article 217 undecies précité. S'il est exact que le caractère incitatif de l'avantage fiscal n'est pas une condition prévue par la loi, en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le directeur régional des finances publiques de la Martinique, à supposer même qu'il puisse être regardé comme ayant entendu s'approprier ce second motif, aurait pris la même décision de refus s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré de l'absence de création ou de maintien d'emplois dans le département, qui est, à lui seul, de nature à justifier la décision. Le moyen doit, par suite, être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Rock et beach n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 juillet 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Martinique a refusé de lui accorder l'agrément prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, dès lors, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et, en tout état de cause, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Rock et beach est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Rock et beach et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.

La rapporteure,

A. Monnier-BesombesLe président,

J.-M. Laso

Le greffier,

J.-H. Minin

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions