jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200485 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 août 2022 et le 12 janvier 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 4 979 euros en réparation des préjudices résultant de l'émission à son encontre, le 16 août 2021, de six saisies administratives à tiers détenteurs ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Martinique d'adresser aux organismes bancaires concernés un courrier par lequel le comptable public reconnait l'erreur commise.
Elle soutient que :
- les six saisies administratives à tiers détenteurs ne pouvaient légalement être effectuées en août 2021 dès lors qu'un échéancier de paiement lui avait été accordé le 28 janvier 2021 pour au moins un an ;
- la majoration de 10 % doit lui être remboursée dès lors que l'échelonnement du remboursement, initialement accordé, a été supprimé ;
- l'existence d'un compte d'assurance-vie, qui lui aurait permis de rembourser sans échelonnement sa dette, n'est pas démontrée ;
- le blocage de ses comptes l'a contrainte à contracter un emprunt bancaire pour solder sa dette dans des délais plus courts que prévus ;
- l'Etat doit être condamné à lui verser une somme de 600 euros correspondant aux frais de blocage de ses comptes, une somme de 2 979 euros correspondant à la majoration de 10 %, et une somme de 1 400 euros en réparation de son dommage moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives, qu'elles n'ont pas fait l'objet d'une demande préalable et qu'elles ne sont pas présentées par ministère d'avocat ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu l'ordonnance du 19 décembre 2022 fixant la clôture d'instruction au 20 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Retraitée de l'éducation nationale depuis le 1er mars 2020, Mme A a perçu indûment une rémunération d'activité du 1er mars au 30 septembre 2020, pour un montant de 29 789,03 euros. Un titre de perception de ce montant a été émis à son encontre le 24 novembre 2020. Sur la demande de Mme A, un échéancier lui a été accordé, lui permettant de s'acquitter de sa dette par des versements mensuels de 600 euros. Six saisies administratives à tiers détenteurs ont toutefois été effectuées par le comptable public le 16 août 2021 en vue de recouvrer la somme due par l'intéressée, démarche qui la conduit à solder sa dette le 15 septembre 2021. Par la présente requête, Mme A demande la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 4 979 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. () ".
3. Les conclusions indemnitaires présentées par la requérante entrent dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 431-2 du code de justice administrative imposant le ministère d'avocat. De plus, la situation de la requérante ne correspond à aucune des hypothèses énoncées à l'article R. 431-3 du code de justice administrative qui dérogent au principe du ministère d'avocat obligatoire. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A sans ministère d'avocat, qui n'ont pas été régularisées avant la clôture de l'instruction malgré la fin de non-recevoir opposée en défense, sont irrecevables pour ce premier motif.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
5. Il résulte de l'instruction que la demande préalable de Mme A, en date du 6 septembre 2021, a donné lieu à une décision implicite de rejet le 6 novembre 2021. La requête introductive d'instance, en application des dispositions citées au point précédent, devait être déposée dans un délai de deux mois suivant l'intervention de cette décision, soit avant le 7 janvier 2022. Il s'ensuit que, enregistrée le 8 août 2022, la requête de Mme A est tardive et, par suite, irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir soulevées en défense par le directeur régional de la Martinique doivent être accueillies. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le magistrat désigné,
S. de Palmaert
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026