jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300150 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MBOUHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 23 mars 2023, la SASU Gardiennage Protection Sécurité (GAPS) Antilles et la SASU Protect'home, représentées par Me Chalvin, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la résiliation du lot n° 3 " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance secteur sud " de l'accord-cadre à bons de commandes de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique conclu le 21 octobre 2022 par la collectivité territoriale de Martinique avec le groupement d'entreprises constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles ;
2°) de prononcer la résiliation du lot n° 4 " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance secteur nord " de l'accord-cadre à bons de commandes de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique conclu le 21 octobre 2022 par la collectivité territoriale de Martinique avec le groupement d'entreprises constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles ;
3°) de prononcer la résiliation du lot n° 5 " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance du LTA (laboratoire territorial d'analyses) " de l'accord-cadre à bons de commandes de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique conclu le 21 octobre 2022 par la collectivité territoriale de Martinique avec le groupement d'entreprises constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles ;
4°) de condamner la collectivité territoriale de Martinique à leur verser une indemnité d'un montant de 110 595,84 euros, assortie des intérêts de retard au taux légal à compter du 14 janvier 2023, en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis à la suite de leur éviction irrégulière des procédures de passation des lots n°s 3, 4 et 5 de l'accord-cadre à bons de commandes de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique ;
5°) de mettre à la charge de la collectivité territoriale de Martinique une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elles justifient d'un intérêt suffisant pour contester les contrats litigieux, compte-tenu de leur qualité de concurrentes évincées, et qu'elles ont présenté une demande indemnitaire préalable qui est restée sans réponse ;
En ce qui concerne la validité du lot n° 3 de l'accord-cadre :
- leur offre n'était pas irrégulière puisque, contrairement à ce qu'a estimé le pouvoir adjudicateur, elles ont renseigné dans le bordereau des prix unitaires les prix afférents aux postes 3.24 à 3.28 ;
- le groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, n'était pas en capacité économique d'exécuter simultanément les trois lots litigieux de l'accord-cadre ;
- l'offre de prix proposée par le groupement attributaire, qui était inférieur de 25 % à l'estimation du pouvoir adjudicateur et ne prenait pas en compte l'ensemble des coûts directs et indirects, présentait un caractère anormalement bas ;
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'analyse des offres concernant le critère lié au prix ;
- la procédure de passation méconnait les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité de traitement des candidats dès lors qu'elle comportait des critères de pondération fantaisistes destinés à exclure et défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- cette situation caractérise un détournement de pouvoir et de procédure ;
- l'offre du groupement attributaire était irrégulière puisque celui-ci, qui avait prévu de recourir aux moyens d'autres opérateurs pour exécuter le contrat, n'a pas produit les curriculums vitae et attestations des agents de gardiennage qui étaient pourtant exigées par la consultation ;
- le groupement ne disposait pas des capacités techniques pour exécuter le contrat, celui-ci ne disposant d'aucun personnel qualifié dans le domaine du gardiennage et envisageait de faire appel à des équipes supports d'une agence voisine ;
En ce qui concerne la validité du lot n° 4 de l'accord-cadre :
- leur offre n'était pas irrégulière puisque, contrairement à ce qu'a estimé le pouvoir adjudicateur, elles ont renseigné dans le bordereau des prix unitaires les prix afférents aux postes 4.24 à 4.28 ;
- le groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, n'était pas en capacité économique d'exécuter simultanément les trois lots litigieux de l'accord-cadre ;
- l'offre de prix proposée par le groupement attributaire, qui était inférieur de 25 % à l'estimation du pouvoir adjudicateur et ne prenait pas en compte l'ensemble des coûts directs et indirects, présentait un caractère anormalement bas ;
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'analyse des offres concernant le critère lié au prix ;
- la procédure de passation méconnait les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité de traitement des candidats dès lors qu'elle comportait des critères de pondération fantaisistes destinés à exclure et défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- cette situation caractérise un détournement de pouvoir et de procédure ;
- l'offre du groupement attributaire était irrégulière puisque celui-ci, qui avait prévu de recourir aux moyens d'autres opérateurs pour exécuter le contrat, n'a pas produit les curriculums vitae et attestations des agents de gardiennage qui étaient pourtant exigées par la consultation ;
- le groupement ne disposait pas des capacités techniques pour exécuter le contrat, celui-ci ne disposant d'aucun personnel qualifié dans le domaine du gardiennage et envisageait de faire appel à des équipes supports d'une agence voisine ;
En ce qui concerne la validité du lot n° 5 de l'accord-cadre :
- leur offre n'était pas irrégulière puisque, contrairement à ce qu'a estimé le pouvoir adjudicateur, elles ont renseigné dans le bordereau des prix unitaires le prix afférent au poste 6.6 ;
- le groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, n'était pas en capacité économique d'exécuter simultanément les trois lots litigieux de l'accord-cadre ;
- l'offre de prix proposée par le groupement attributaire, qui était inférieur de 25 % à l'estimation du pouvoir adjudicateur et ne prenait pas en compte l'ensemble des coûts directs et indirects, présentait un caractère anormalement bas ;
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'analyse des offres concernant le critère lié au prix ;
- la procédure de passation méconnait les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité de traitement des candidats dès lors qu'elle comportait des critères de pondération fantaisistes destinés à exclure et défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- cette situation caractérise un détournement de pouvoir et de procédure ;
- l'offre du groupement attributaire était irrégulière puisque celui-ci, qui avait prévu de recourir aux moyens d'autres opérateurs pour exécuter le contrat, n'a pas produit les curriculums vitae et attestations des agents de gardiennage qui étaient pourtant exigées par la consultation ;
- le groupement ne disposait pas des capacités techniques pour exécuter le contrat, celui-ci ne disposant d'aucun personnel qualifié dans le domaine du gardiennage et envisageait de faire appel à des équipes supports d'une agence voisine ;
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices :
- la collectivité territoriale de Martinique a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en les évinçant irrégulièrement des procédures d'attribution des lots n° 3, n° 4 et n° 5 de l'accord-cadre litigieux ;
- n'étant pas dépourvue de toute chance de remporter l'attribution des trois lots litigieux, elles peuvent prétendre en raison de cette faute au remboursement des frais qu'elles ont exposés pour constituer leur dossier de candidature, qu'elles évaluent au montant de 2 500 euros ;
- compte-tenu de leur grande expérience et de leur savoir-faire reconnu, elles disposaient d'une chance sérieuse de remporter l'attribution des trois lots litigieux de l'accord-cadre et peuvent également prétendre en raison de cette faute à l'indemnisation de leur manque à gagner, qu'elles évaluent au montant de 108 095,84 euros toutes taxes comprises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, la collectivité territoriale de Martinique, représentée par Me Mbouhou, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de la SASU Gardiennage Protection Sécurité (GAPS) Antilles et de la SASU Protect'home une somme globale de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la SASU Gardiennage Protection Sécurité (GAPS) Antilles et la SASU Protect'home ne sont pas fondés.
La procédure a été régulièrement communiquée à la SASU Preventy Guard et à la SARL Securantilles, qui n'ont produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La collectivité territoriale de Martinique a lancé une procédure adaptée ouverte, initiée par un avis de marché publié le 9 juin 2022, en vue de la conclusion d'un accord-cadre mono-attributaire à bons de commande portant sur des prestations de gardiennage et de service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité. La SASU Gardiennage Protection Sécurité (GAPS) Antilles (mandataire) et la SASU Protect'home ont présenté, dans le cadre d'un groupement d'entreprises solidaire, des offres pour l'attribution des lots n° 3, intitulé " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance secteur sud ", n° 4, intitulé " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance secteur nord ", et n° 5, intitulé " gardiennage et service de sécurité et de télésurveillance du LTA (laboratoire territorial d'analyses) ", de ce contrat. Par trois décisions du 14 octobre 2022, le pouvoir adjudicateur a rejeté les trois offres du groupement en se fondant sur leur irrecevabilité en raison de leur caractère incomplet. Selon trois actes d'engagement signés le 21 octobre 2022, l'exécution des lots n° 3, n° 4 et n° 5 de l'accord-cadre à bons de commande a été confiée à un groupement d'entreprises constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles. Dans la présente instance, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home demandent au tribunal administratif de prononcer la résiliation des lots n° 3, n° 4 et n° 5 de l'accord-cadre à bons de commande et de condamner la collectivité territoriale de Martinique à leur verser une indemnité d'un montant de 110 595,84 euros, assortie des intérêts de retard au taux légal, en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis en raison de leur éviction irrégulière des procédures de passation de ces trois lots.
Sur la validité de l'accord-cadre :
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice du contrôle de légalité. Les requérants peuvent éventuellement assortir leur recours d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution du contrat. Ce recours doit être exercé, y compris si le contrat contesté est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de l'accomplissement des mesures de publicité appropriées, notamment au moyen d'un avis mentionnant à la fois la conclusion du contrat et les modalités de sa consultation dans le respect des secrets protégés par la loi. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer, ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. Toutefois, dans le cadre du contrôle de légalité, le représentant de l'Etat dans le département est recevable à contester la légalité de ces actes devant le juge de l'excès de pouvoir jusqu'à la conclusion du contrat, date à laquelle les recours déjà engagés et non encore jugés perdent leur objet.
3. Le représentant de l'Etat dans le département et les membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné, compte tenu des intérêts dont ils ont la charge, peuvent invoquer tout moyen à l'appui du recours ainsi défini. Les autres tiers ne peuvent invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont ils se prévalent ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Le tiers agissant en qualité de concurrent évincé de la conclusion d'un contrat administratif ne peut ainsi, à l'appui d'un recours contestant la validité de ce contrat, utilement invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
En ce qui concerne le lot n° 3 de l'accord-cadre litigieux :
4. En premier lieu, l'article L. 2152-2 du code de la commande publique dispose : " Une offre irrégulière est une offre qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, en particulier parce qu'elle est incomplète () ". L'article R. 2152-2 du même code dispose : " Dans toutes les procédures, l'acheteur peut autoriser tous les soumissionnaires concernés à régulariser les offres irrégulières dans un délai approprié, à condition qu'elles ne soient pas anormalement basses. / La régularisation des offres irrégulières ne peut avoir pour effet d'en modifier des caractéristiques substantielles. " Un pouvoir adjudicateur ne peut attribuer un marché à un candidat qui ne respecterait pas une des prescriptions imposées par le règlement de la consultation. Il est tenu d'éliminer, sans en apprécier la valeur, les offres incomplètes, c'est-à-dire celles qui ne comportent pas toutes les pièces ou renseignements requis par les documents de la consultation et sont, pour ce motif, irrégulières.
5. Aux termes du paragraphe 4 du règlement de consultation de l'accord-cadre à bons de commandes de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique, commun à l'ensemble des cinq lots du contrat : " 4 - Contenu du dossier de consultation / Le dossier de consultation des entreprises (DCE) contient les pièces suivantes : () - Le bordereau des prix unitaires (BPU), un par lot () ". Aux termes du paragraphe 5 du même règlement de consultation : " 5 - Présentation des candidatures et des offres / () / 5.1 - Documents à produire / Chaque candidat aura à produire un dossier complet comprenant les pièces suivantes : / () Pièces de l'offre - Documents à produire : / () b) Les bordereaux de prix unitaires (BPU), les détails quantitatifs estimatifs (DQE) ci-joint à compléter par le(s) représentant(s) qualifié(s) de l'/des entreprise(s), à remettre obligatoirement () ". Aux termes du paragraphe 6 du même règlement de consultation : " 6 - Conditions d'envoi et de remise des plis / Les plis devront parvenir à destination avant la date et l'heure limites de réception des offres indiquées sur la page de garde du présent document. " Aux termes du paragraphe 7 du même règlement de consultation : " 7 - Examen des candidatures et des offres / () 7.2 - Attribution des accords-cadres / () L'attention des candidats est attirée sur le fait que toute offre irrégulière pourra faire l'objet d'une demande de régularisation, à condition qu'elle ne soit pas anormalement basse () / 7.6 - Négociation / Dans le cadre de l'analyse des offres, l'acheteur engagera des négociations avec tous les candidats sélectionnés. Toutefois, l'acheteur public se réserve la possibilité d'attribuer l'accord-cadre sur la base des offres initiales, sans négociation () ". Aux termes des mentions figurant sur la page de garde du même règlement de consultation, la date et l'heure limite de réception des offres est fixée au 4 juillet 2022 à 12h00 heure de Martinique.
6. Il résulte des prescriptions citées au point précédent du règlement de la consultation que les candidats à l'attribution du lot litigieux de l'accord-cadre devaient obligatoirement remettre à l'appui de leur offre, avant la date limite de réception des plis fixée le 4 juillet 2022 à 12h00, le bordereau des prix unitaires (BPU) du lot concerné, après avoir complété l'ensemble des rubriques par une offre de prix exprimée en euros. Il résulte de l'instruction que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ont remis une offre, dans le cadre d'un groupement d'entreprises solidaires, pour l'attribution du lot n° 3 dans le délai imparti par le règlement de la consultation. Il est cependant constant que les sociétés ont omis de renseigner les offres de prix dans les rubriques 3.24 à 3.28 figurant en dernière page du bordereau des prix unitaires (BPU) qu'elles ont joint à leur offre, qui était dès lors de ce fait irrégulière. Si postérieurement à la date limite de dépôt des offres, le pouvoir adjudicateur a adressé aux sociétés requérantes, le 19 août 2022, un courrier les invitant, dans le cadre d'une négociation, à compléter leur bordereau des prix unitaires (BPU) et à transmettre leur meilleure proposition tarifaire avant le 29 août 2022, ce courrier d'invitation ne concernait toutefois que les procédures d'attribution des lots n° 1 et n° 2 auxquelles les sociétés requérantes avaient également soumissionné, et nullement le lot n° 3 en litige, que le pouvoir adjudicateur a attribué sans négociation, sur la base des offres initiales, ainsi que le lui permettait le paragraphe 7.6 du règlement de consultation. Il s'ensuit que la circonstance que, postérieurement à la date limite de réception des offres, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home aient transmis au pouvoir adjudicateur un nouveau bordereau des prix unitaires (BPU) établi le 29 août 2022, en renseignant cette fois-ci l'intégralité des rubriques par une offre de prix, n'est pas de nature à régulariser l'offre initiale qu'elles avaient remise et qui était irrégulière. Dans ces conditions, alors même que le pouvoir adjudicateur n'est jamais tenu d'inviter un candidat à régulariser son offre, la collectivité territoriale de Martinique a pu à bon droit rejeter l'offre présentée par la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home en retenant que celle-ci était irrégulière en raison de son caractère incomplet, compte-tenu de l'absence de proposition de prix renseignée dans les rubriques 3.24 à 3.28 du bordereau des prix unitaires (BPU). Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
7. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3., un concurrent évincé ne peut invoquer, outre les vices d'ordre public dont serait entaché le contrat, que des manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat en rapport direct avec son éviction. Au titre de tels manquements, le concurrent évincé peut contester la décision par laquelle son offre a été écartée comme irrégulière. Un candidat dont l'offre a été à bon droit écartée comme irrégulière ou inacceptable ne saurait en revanche soulever un moyen critiquant l'appréciation des autres offres. Il ne saurait notamment soutenir que ces offres auraient dû être écartées comme irrégulières ou inacceptables, un tel manquement n'étant pas en rapport direct avec son éviction et n'étant pas, en lui-même, de ceux que le juge devrait relever d'office. Il en va ainsi y compris dans l'hypothèse où, comme en l'espèce, toutes les offres ont été écartées comme irrégulières ou inacceptables, sauf celle de l'attributaire, et qu'il est soutenu que celle-ci aurait dû être écartée comme irrégulière ou inacceptable.
8. En l'espèce, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soulèvent dans leurs écritures les moyens tirés de ce que l'offre du groupement attributaire aurait dû être écartée dans la mesure où ledit groupement ne justifierait pas des capacités économique, financière, techniques et professionnelles nécessaires à l'exécution du lot litigieux, que son offre serait irrégulière en raison de l'absence de production des curriculum vitae et attestations des agents de gardiennage exigés par la consultation, qu'elle présenterait un caractère anormalement bas et serait pour cette raison irrégulière, et de ce que la collectivité territoriale aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des offres au regard du critère lié au prix. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 6. que l'offre remise par les sociétés requérants a été à bon droit écartée comme irrégulière par le pouvoir adjudicateur. Il s'ensuit que les moyens précités, qui critiquent l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur sur les offres des autres candidats, et en particulier sur celle du groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, sont sans rapport direct avec l'éviction la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home. Ils ne peuvent dès lors être utilement invoqués par les sociétés requérantes. Ils doivent, par suite, être écartés à ce titre.
9. En troisième lieu, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soutiennent que les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité des candidats ont été méconnus par la collectivité territoriale de Martinique, dans la mesure où les critères de sélection des offres et pondérations qu'elle a retenus seraient fantaisistes et destinés à exclure ou défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales, et que cette situation caractériserait en outre un détournement de pouvoir et de procédure. Toutefois, de tels moyens, qui ne sont accompagnés d'aucun développement, ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ils ne se rapportent en outre pas aux modalités de dépôt des candidatures par les soumissionnaires et ne présentent dès lors aucun lien avec le motif d'éviction des sociétés requérantes. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ne sont pas fondées à contester la validité du lot n° 3 de l'accord-cadre litigieux. Les conclusions de leur requête tendant à ce que le tribunal prononce la résiliation de ce lot doivent, par suite, être rejetées.
En ce qui concerne le lot n° 4 de l'accord-cadre litigieux :
11. En premier lieu, il résulte des prescriptions citées au point 5. du règlement de la consultation que les candidats à l'attribution du lot litigieux de l'accord-cadre devaient obligatoirement remettre à l'appui de leur offre, avant la date limite de réception des plis fixée le 4 juillet 2022 à 12h00, le bordereau des prix unitaires (BPU) du lot concerné, après avoir complété l'ensemble des rubriques par une offre de prix exprimée en euros. Il résulte de l'instruction que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ont remis une offre, dans le cadre d'un groupement d'entreprises solidaires, pour l'attribution du lot n° 4 dans le délai imparti par le règlement de la consultation. Il est cependant constant que les sociétés ont omis de renseigner les offres de prix dans les rubriques 4.24 à 4.28 figurant en dernière page du bordereau des prix unitaires (BPU) qu'elles ont joint à leur offre, qui était dès lors de ce fait irrégulière. Si postérieurement à la date limite de dépôt des offres, le pouvoir adjudicateur a adressé aux sociétés requérantes, le 19 août 2022, un courrier les invitant, dans le cadre d'une négociation, à compléter leur bordereau des prix unitaires (BPU) et à transmettre leur meilleure proposition tarifaire avant le 29 août 2022, ce courrier d'invitation ne concernait toutefois que les procédures d'attribution des lots n° 1 et n° 2 auxquelles les sociétés requérantes avaient également soumissionné, et nullement le lot n° 4 en litige, que le pouvoir adjudicateur a attribué sans négociation, sur la base des offres initiales, ainsi que le lui permettait le paragraphe 7.6 du règlement de consultation. Il s'ensuit que la circonstance que, postérieurement à la date limite de réception des offres, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home aient transmis au pouvoir adjudicateur un nouveau bordereau des prix unitaires (BPU) établi le 29 août 2022, en renseignant cette fois-ci l'intégralité des rubriques par une offre de prix, n'est pas de nature à régulariser l'offre initiale qu'elles avaient remise et qui était irrégulière. Dans ces conditions, alors même que le pouvoir adjudicateur n'est jamais tenu d'inviter un candidat à régulariser son offre, la collectivité territoriale de Martinique a pu à bon droit rejeter l'offre présentée par la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home en retenant que celle-ci était irrégulière en raison de son caractère incomplet, compte-tenu de l'absence de proposition de prix renseignée dans les rubriques 4.24 à 4.28 du bordereau des prix unitaires (BPU). Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soulèvent dans leurs écritures les moyens tirés de ce que l'offre du groupement attributaire aurait dû être écartée dans la mesure où ledit groupement ne justifierait pas des capacités économique, financière, techniques et professionnelles nécessaires à l'exécution du lot litigieux, que son offre serait irrégulière en raison de l'absence de production des curriculum vitae et attestations des agents de gardiennage exigés par la consultation, qu'elle présenterait un caractère anormalement bas et serait pour cette raison irrégulière, et de ce que la collectivité territoriale aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des offres au regard du critère lié au prix. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'offre remise par les sociétés requérantes a été à bon droit écartée comme irrégulière par le pouvoir adjudicateur. Il s'ensuit que, en application des principes rappelées précédemment aux points 3. et 7., les moyens précités, qui critiquent l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur sur les offres des autres candidats, et en particulier sur celle du groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, sont sans rapport direct avec l'éviction la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home. Ils ne peuvent dès lors être utilement invoqués par les sociétés requérantes. Ils doivent, par suite, être écartés à ce titre.
13. En troisième lieu, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soutiennent que les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité des candidats ont été méconnus par la collectivité territoriale de Martinique, dans la mesure où les critères de sélection des offres et pondérations qu'elle a retenus seraient fantaisistes et destinés à exclure ou défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales, et que cette situation caractériserait en outre un détournement de pouvoir et de procédure. Toutefois, de tels moyens, qui ne sont accompagnés d'aucun développement, ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ils ne se rapportent en outre pas aux modalités de dépôt des candidatures par les soumissionnaires et ne présentent dès lors aucun lien avec le motif d'éviction des sociétés requérantes. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.
14. Il résulte de ce qui précède que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ne sont pas fondées à contester la validité du lot n° 4 de l'accord-cadre litigieux. Les conclusions de leur requête tendant à ce que le tribunal prononce la résiliation de ce lot doivent, par suite, être rejetées.
En ce qui concerne le lot n° 5 de l'accord-cadre litigieux :
15. En premier lieu, il résulte des prescriptions citées au point 5. du règlement de la consultation que les candidats à l'attribution du lot litigieux de l'accord-cadre devaient obligatoirement remettre à l'appui de leur offre, avant la date limite de réception des plis fixée le 4 juillet 2022 à 12h00, le bordereau des prix unitaires (BPU) du lot concerné, après avoir complété l'ensemble des rubriques par une offre de prix exprimée en euros. Il résulte de l'instruction que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ont remis une offre, dans le cadre d'un groupement d'entreprises solidaires, pour l'attribution du lot n° 5 dans le délai imparti par le règlement de la consultation. Il est cependant constant que les sociétés ont omis de renseigner l'offre de prix dans la rubrique 6.6 figurant en dernière page du bordereau des prix unitaires (BPU) qu'elles ont joint à leur offre, qui était dès lors de ce fait irrégulière. Si postérieurement à la date limite de dépôt des offres, le pouvoir adjudicateur a adressé aux sociétés requérantes, le 19 août 2022, un courrier les invitant, dans le cadre d'une négociation, à compléter leur bordereau des prix unitaires (BPU) et à transmettre leur meilleure proposition tarifaire avant le 29 août 2022, ce courrier d'invitation ne concernait toutefois que les procédures d'attribution des lots n° 1 et n° 2 auxquelles les sociétés requérantes avaient également soumissionné, et nullement le lot n° 5 en litige, que le pouvoir adjudicateur a attribué sans négociation, sur la base des offres initiales, ainsi que le lui permettait le paragraphe 7.6 du règlement de consultation. Il s'ensuit que la circonstance que, postérieurement à la date limite de réception des offres, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home aient transmis au pouvoir adjudicateur un nouveau bordereau des prix unitaires (BPU) établi le 29 août 2022, en renseignant cette fois-ci l'intégralité des rubriques par une offre de prix, n'est pas de nature à régulariser l'offre initiale qu'elles avaient remise et qui était irrégulière. Dans ces conditions, alors même que le pouvoir adjudicateur n'est jamais tenu d'inviter un candidat à régulariser son offre, la collectivité territoriale de Martinique a pu à bon droit rejeter l'offre présentée par la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home en retenant que celle-ci était irrégulière en raison de son caractère incomplet, compte-tenu de l'absence de proposition de prix renseignée dans la rubrique 6.6 du bordereau des prix unitaires (BPU). Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
16. En deuxième lieu, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soulèvent dans leurs écritures les moyens tirés de ce que l'offre du groupement attributaire aurait dû être écartée dans la mesure où ledit groupement ne justifierait pas des capacités économique, financière, techniques et professionnelles nécessaires à l'exécution du lot litigieux, que son offre serait irrégulière en raison de l'absence de production des curriculum vitae et attestations des agents de gardiennage exigés par la consultation, qu'elle présenterait un caractère anormalement bas et serait pour cette raison irrégulière, et de ce que la collectivité territoriale aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des offres au regard du critère lié au prix. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'offre remise par les sociétés requérantes a été à bon droit écartée comme irrégulière par le pouvoir adjudicateur. Il s'ensuit que, en application des principes rappelées précédemment aux points 3. et 7., les moyens précités, qui critiquent l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur sur les offres des autres candidats, et en particulier sur celle du groupement d'entreprises attributaire, constitué entre la SASU Preventy Guard et la SARL Securantilles, sont sans rapport direct avec l'éviction la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home. Ils ne peuvent dès lors être utilement invoqués par les sociétés requérantes. Ils doivent, par suite, être écartés à ce titre.
17. En troisième lieu, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home soutiennent que les principes de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité des candidats ont été méconnus par la collectivité territoriale de Martinique, dans la mesure où les critères de sélection des offres et pondérations qu'elle a retenus seraient fantaisistes et destinés à exclure ou défavoriser les entreprises régulièrement à jour de leurs obligations fiscales et sociales, et que cette situation caractériserait en outre un détournement de pouvoir et de procédure. Toutefois, de tels moyens, qui ne sont accompagnés d'aucun développement, ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ils ne se rapportent en outre pas aux modalités de dépôt des candidatures par les soumissionnaires et ne présentent dès lors aucun lien avec le motif d'éviction des sociétés requérantes. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.
18. Il résulte de ce qui précède que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ne sont pas fondées à contester la validité du lot n° 5 de l'accord-cadre litigieux. Les conclusions de leur requête tendant à ce que le tribunal prononce la résiliation de ce lot doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
19. Lorsqu'un candidat à l'attribution d'un contrat public demande la réparation du préjudice né de son éviction irrégulière de ce contrat et qu'il existe un lien direct de causalité entre la faute résultant de l'irrégularité et les préjudices invoqués par le requérant à cause de son éviction, il appartient au juge de vérifier si le candidat était ou non dépourvu de toute chance de remporter le contrat. En l'absence de toute chance, il n'a droit à aucune indemnité. Dans le cas contraire, il a droit en principe au remboursement des frais qu'il a engagés pour présenter son offre. Il convient en outre de rechercher si le candidat irrégulièrement évincé avait des chances sérieuses d'emporter le contrat conclu avec un autre candidat. Si tel est le cas, il a droit à être indemnisé de son manque à gagner, qui inclut nécessairement, puisqu'ils ont été intégrés dans ses charges, les frais de présentation de l'offre. En revanche, le candidat ne peut prétendre à une indemnisation de ce manque à gagner si la personne publique renonce à conclure le contrat pour un motif d'intérêt général.
20. Il résulte de ce qui a été dit précédemment aux points 10., 14. et 18. que le pouvoir adjudicateur a écarté à bon droit les offres remises par les sociétés requérantes dans le cadre des procédures d'attribution des lots n° 3, n° 4 et n° 5 de l'accord-cadre à bons de commandes litigieux de gardiennage et service de sécurité par agents de prévention, de sécurité et systèmes d'alarme anti-intrusion des bâtiments de la collectivité territoriale de Martinique. La SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ne sont dès lors pas fondées à soutenir que la collectivité territoriale de Martinique aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en les évinçant irrégulièrement desdites procédures d'attribution. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de toute faute commise par le pouvoir adjudicateur, la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home ne sont pas fondées à soutenir que la responsabilité de la collectivité territoriale de Martinique devrait être engagée à leur encontre. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'engagement de la responsabilité de la puissance publique tenant à l'existence d'un préjudice et d'un lien de causalité, les conclusions à fin d'indemnisation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au bénéfice des intérêts de retard.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité territoriale de Martinique, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la collectivité territoriale et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home est rejetée.
Article 2 : La SASU GAPS Antilles et la SASU Protect'home verseront à la collectivité territoriale de Martinique une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Gardiennage Protection Sécurité (GAPS) Antilles, mandataire désignée, pour l'ensemble des sociétés requérantes, à la collectivité territoriale de Martinique, à la SASU Preventy Guard et à la SARL Securantilles.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
M. LasoLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026