lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300240 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIMOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 avril 2023 et le 10 avril 2024, la société Grenke location, représentée par Me Jean-Pimor, demande au tribunal :
1°) de condamner l'établissement public local d'enseignement (EPLE) Collège Petit Manoir à lui verser, d'une part, la somme de 11 875,35 euros en exécution du contrat de location d'un copieur et, d'autre part, la somme de 1 329,17 euros en exécution du contrat de location d'un finisseur, assorties des intérêts de retard représentant trois fois le taux d'intérêt légal, à compter du 8 février 2023, et capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'EPLE Collège Petit Manoir au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est fondée à solliciter la condamnation de l'EPLE Collège Petit Manoir à lui verser la somme de 11 875,35 euros en exécution du contrat de location du copieur, correspondant aux loyers échus impayés assortis d'intérêts au taux majoré, aux frais d'assurance, à l'indemnité de résiliation et à l'indemnité forfaitaire de recouvrement ;
- elle est également fondée à solliciter la condamnation de l'EPLE Collège Petit Manoir à lui verser la somme de 1 329,17 euros en exécution du contrat de location du finisseur, correspondant aux loyers échus impayés assortis d'intérêts au taux majoré, à l'indemnité de résiliation et à l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2023, l'EPLE Collège Petit Manoir conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Grenke location ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les 30 avril et 15 juillet 2020, l'EPLE Collège Petit Manoir a conclu avec la société Grenke location deux contrats de location d'un copieur et d'un finisseur, pour un loyer respectif de 750 euros HT et 90 euros HT, payable par trimestre. Ces équipements ont été mis à la disposition de l'établissement par le fournisseur, respectivement, le 30 avril 2020 et le 17 juin 2020, pour une durée de 5 ans. Toutefois, après l'envoi d'une mise en demeure infructueuse, la société Grenke location a notifié à l'EPLE Collège Petit Manoir la résiliation anticipée de ces contrats, le 18 janvier 2022 pour le copieur et le 12 août 2022 pour le finisseur, en raison du défaut de paiement de loyers échus depuis l'année 2020. Le 27 février 2023, la société Grenke location a présenté une demande préalable à l'EPLE Collège Petit Manoir, tendant au versement de la somme de 11 875,35 euros en exécution du contrat de location du copieur et la somme de 1 329,17 euros en exécution du contrat de location du finisseur. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 27 avril 2023. Par la présente requête, la société Grenke location demande au tribunal de condamner l'EPLE Collège Petit Manoir à lui verser la somme totale de 13 204,52 euros, assortie d'intérêts de retard et capitalisation de ces intérêts, correspondant aux loyers échus impayés, assortis d'intérêts au taux majoré, aux frais d'assurance, à l'indemnité de résiliation anticipée et à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, au titre de ces deux contrats de location.
Sur le droit au paiement :
En ce qui concerne le contrat de location d'un copieur :
2. En premier lieu, l'article 7 des conditions générales de location du contrat conclu le 30 avril 2020 stipule que : " 7.1 Le locataire a l'obligation d'assurer à ses frais les produits loués, notamment contre les risques visés ci-dessus, pour leur valeur de remplacement et pour toute la durée de la location. () Toutefois si dans les 6 semaines suivant la prise d'effet du contrat, il n'a pas envoyé l'attestation d'assurance au bailleur, ce dernier intégrera les produits loués au contrat cadre d'assurance dommages du bailleur aux frais du locataire () ".
3. Si la société Grenke sollicite le paiement de frais d'assurance du copieur au titre de l'année 2022, réclamés par une facture n° 233036 émise le 1er janvier 2022, d'un montant de 392,86 euros, assorti de 1,07 euros d'intérêts de retard, elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à démontrer qu'elle a intégré le matériel loué dans son contrat d'assurance dommage ni qu'elle a effectivement payé les cotisations d'assurance en litige, et ne l'allègue d'ailleurs même pas. Dans la mesure où la société requérante n'établit pas avoir pris ces cotisations à sa charge, elle ne peut prétendre à leur remboursement.
4. En deuxième lieu, il ressort de l'article 8 de ces conditions générales de location que : " 8.1 Toute somme impayée à sa date d'exigibilité sera augmentée d'un intérêt de retard égal au taux d'intérêt légal applicable en France majoré de 5 points, sans pouvoir être inférieur au triple du taux de l'intérêt légal () ", étant précisé que les loyers sont payables d'avance le premier de chaque trimestre civil.
5. La société Grenke location demande le paiement, d'une part, de la facture n° 1604691 du 1er octobre 2020, correspondant au loyer trimestriel d'octobre à décembre 2020, pour un montant de 813,75 euros, assorti de 61,71 euros d'intérêts de retard et, d'autre part, de la facture n° 229697 du 1er janvier 2022 pour le loyer trimestriel de janvier à mars 2022, pour un montant de 813,75 euros et 2,21 euros d'intérêts de retard. Si l'EPLE Collège Petit Manoir a indiqué dans son tableau, qu'il s'est borné à produire pour toute défense, que ces factures ont été réglées, il n'apporte toutefois aucun élément de preuve au soutien de ses allégations, celui-ci n'ayant au demeurant pas régularisé les pièces jointes à son mémoire, et ne conteste pas que la société Grenke location a assuré les prestations prévues au contrat. Par ailleurs, à supposer que l'EPLE Collège Petit Manoir entende soutenir qu'il n'était pas en mesure de s'acquitter de ces loyers, en l'absence de transmission des factures en litige via le portail de facturation Chorus, il ne démontre en tout état de cause pas avoir informé la société Grenke location de l'obligation d'utiliser le portail public de facturation, ainsi qu'il lui appartenait de le faire en application de l'article R. 2192-3 du code de la commande publique. Dans ces conditions, la société Grenke location est fondée à demander le versement des deux factures impayées ainsi que des intérêts de retard prévus par les stipulations contractuelles en cas de retard de paiement, pour un montant total de 1 691,42 euros.
6. En troisième lieu, l'article 9 des conditions générales de location du contrat stipule que : " Le bailleur peut résilier le contrat à effet immédiat par courrier recommandé adressé au locataire en cas de retard de paiement de 3 loyers mensuels consécutifs ou non, ou d'un loyer trimestriel () ". Et l'article 10 stipule que : " Le locataire sera tenu de payer au bailleur le prix du contrat, c'est-à-dire les loyers échus impayés et les loyers à échoir jusqu'au terme prévu du contrat pour la période contractuelle en cours, et à tire de compensation du préjudice subi, les intérêts de retard de paiement éventuels restant dus ainsi qu'une somme égale à 10 % du montant des loyers à échoir pour la période contractuelle en cours ".
7. S'il ressort des pièces du dossier que le versement d'une indemnité supplémentaire, correspondant à 10 % du montant des loyers à échoir, est manifestement disproportionnée, en ce qu'elle porte l'indemnité de résiliation à un montant supérieur au loyer que l'EPLE Collège Petit Manoir aurait continué à verser en exécution du contrat si celui-ci n'avait pas été résilié, celle-ci n'a en tout état de cause pas été réclamée par la société Grenke location, qui se contente de demander le versement d'une indemnité de résiliation correspondant au montant des loyers à échoir jusqu'au terme prévu du contrat. Dans la mesure où il est constant que l'EPLE Collège Petit Manoir est à l'origine de retards de paiement de plusieurs loyers trimestriels, la société Grenke location a pu légalement prononcer la résiliation anticipée du contrat. Elle est, dès lors, fondée à demander le versement, outre des loyers échus impayés, d'une indemnité de résiliation correspondant aux loyers à échoir jusqu'au terme prévu du contrat, conformément à l'article 9 précité, pour un montant de 9 750 euros.
8. En dernier lieu, il résulte de l'article 8 des conditions générales de location qu'en cas de retard de paiement, une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros est mise à la charge du locataire. La société Grenke location est, dès lors, fondée à demander le versement de la somme de 40 euros, correspondant aux frais de recouvrement de sa créance.
En ce qui concerne le contrat de location d'un finisseur :
9. En premier lieu, la société Grenke location demande le paiement de la facture n° 230289 du 1er janvier 2022, correspondant au loyer trimestriel de janvier à mars 2022, d'un montant de 97,65 euros assorti de 3,48 euros d'intérêts de retard, de la facture n° 766964 du 1er avril 2022 pour le loyer trimestriel d'avril à juin 2022, pour un montant de 97,65 euros et 2,08 euros d'intérêts de retard, ainsi que de la facture n° 1180154 du 1er juillet 2022, correspondant au loyer trimestriel de juillet à septembre 2022, d'un montant de 97,65 euros et 0,66 euros d'intérêts de retard. Si l'EPLE Collège Petit Manoir semble soutenir qu'il a réglé les deux dernières factures, il n'apporte toutefois aucun élément de preuve au soutien de ses allégations. Dès lors qu'il n'est pas contesté que la société Grenke location a assuré les prestations prévues au contrat, et que l'établissement ne démontre pas avoir procédé au paiement de ces factures, la société Grenke location est fondée à demander le versement de ces loyers ainsi que des intérêts de retard contractuels correspondants, pour un montant total de 299,17 euros.
10. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, la société Grenke location, qui a pu légalement prononcer la résiliation anticipée du contrat, en raison de loyers demeurés impayés, est fondée à demander le versement, outre des loyers échus impayés, d'une indemnité de résiliation correspondant au montant des loyers à échoir jusqu'au terme prévu du contrat, conformément à l'article 9 précité, pour un montant de 990 euros.
11. En troisième lieu, la société Grenke location est fondée à demander le versement de la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévue à l'article 8 des conditions générales de location.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Grenke location est seulement fondée à demander la condamnation de l'EPLE Collège Petit Manoir à lui verser la somme de 11 441,42 euros en exécution du contrat de location du copieur, la somme de 1 289,17 euros en exécution du contrat de location du finisseur, ainsi que la somme totale de 80 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, sous déduction des sommes éventuellement déjà réglées à ce titre par l'EPLE Collège Petit Manoir.
Sur les intérêts au taux légal et leur capitalisation :
13. D'une part, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. A défaut d'une telle demande préalable, les intérêts moratoires, lorsqu'ils sont demandés dans la requête, courent à compter de cette saisine.
14. D'autre part, l'article 1343-2 du code civil dispose que : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
15. La société Grenke location, qui doit être regardée comme demandant le versement d'intérêts sur le fondement de l'article 1231-6 du code civil, a droit aux intérêts au taux légal sur la somme totale de 12 730,59 euros, à compter du 27 février 2023, date de réception par l'EPLE Collège Petit Manoir de sa demande préalable. En outre, la capitalisation des intérêts ayant été demandée pour la première fois par la société requérante à l'occasion du dépôt de sa requête, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 27 février 2024, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EPLE Collège Petit Manoir la somme demandée par la société Grenke location au titre de ses frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'EPLE Collège Petit Manoir est condamné à verser à la société Grenke location une somme de 12 730,59 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 février 2023. Les intérêts échus à la date du 27 février 2024 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : L'EPLE Collège Petit Manoir est condamné à verser à la société Grenke location une somme totale de 80 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Grenke location et à l'établissement public local d'enseignement Collège Petit Manoir.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026