mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300422 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | YANG-TING HO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juillet 2023 et le 25 septembre 2023, la société SOGEA Martinique, représentée par Me Balique, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la régie communautaire de l'eau et de l'assainissement (Odyssi) à lui verser la somme provisionnelle de 2 832,65 euros correspondant aux intérêts moratoires dus pour le retard de paiement du solde du décompte général définitif au titre du marché de travaux n°2019ODY0044 ;
2°) de mettre à la charge d'Odyssi une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance présente un caractère non sérieusement contestable dans la mesure où le solde du décompte définitif a été déposé sur Chorus le 6 avril 2022 et Odyssi a payé le solde le 11 avril 2023, avec 340 jours de retard ;
- l'irrecevabilité de la requête soulevée par Odyssi n'est pas fondée dès lors que la mise en demeure a été réceptionnée le 18 avril 2023 par la direction générale Odyssi, qu'une décision implicite de rejet est née le 26 août 2023 et est de nature à lier le contentieux avec Odyssi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 et 23 septembre 2023, la régie communautaire de l'eau et de l'assainissement (Odyssi), représentée par Me Yang-Ting Ho, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société SOGEA en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dans la mesure où la société SOGEA n'a pas respecté la procédure de la réclamation préalable prévue par l'article 50.1 du CCAG Travaux ;
- la somme de 1 374 531,38 euros a été versée à la société SOGEA Martinique en paiement de plusieurs factures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat de marché public de travaux n°2019ODY0044, la régie communautaire de l'eau et de l'assainissement a confié à la société SOGEA Martinique les travaux de réhabilitation de l'usine de production d'eau potable de Didier. Par un courrier du 18 avril 2023, la société SOGEA a mis en demeure Odyssi de lui verser la somme principale de 37 242,70 euros correspondant au solde du prix des travaux du marché, assortie des intérêts moratoires d'un montant de 2 574,19 euros et la somme de 40 euros au titre des frais de recouvrement forfaitaire. Par la présente requête, la société SOGEA demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner Odyssi à lui verser la somme de 2 832,65 euros au titre des intérêts moratoires dus pour le retard de paiement du solde principal du marché.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
3. Pour demander la condamnation de la régie Odyssi au paiement d'une provision au titre des intérêts moratoires dus pour le retard de paiement du solde des travaux effectués pour le marché en litige, la requérante produit la preuve du dépôt sur Chorus du solde du décompte définitif le 6 avril 2022 et du paiement daté du 11 avril 2023. Pour justifier de la somme de 2 832,65 euros au titre intérêts moratoires qu'elle estime dus en application de l'article 10-7 du CCAP applicable au marché, la société SOGEA produit un tableau récapitulatif contenant notamment la date de réception de la demande de paiement de la facture, la date d'encaissement prévue, la date d'encaissement, le nombre de jours de retard et le taux applicable. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du courrier du 20 septembre 2023 de l'agent comptable de la régie Odyssi, que la somme de 1 374 531,38 euros a été réglée à la société SOGEA Martinique, au titre de plusieurs factures concernant le marché en litige " M2019ODY0044 ". La société SOGEA qui ne conteste pas avoir reçu cette somme, n'indique pas que ce versement ne correspondrait pas aux intérêts moratoires dus pour le retard de paiement du solde définitif du marché en litige. Par suite, l'existence de l'obligation de créance dont se prévaut la société SOGEA ne revêt pas en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de la société SOGEA Martinique ne peut être que rejetée.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge d'Odyssi, qui n'est pas la partie perdante, la somme que réclame la requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante, la somme que réclame Odyssi au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société SOGEA Martinique est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la régie communautaire de l'eau et de l'assainissement Odyssi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SOGEA Martinique à la régie communautaire de l'eau et de l'assainissement Odyssi.
Fait à Schoelcher, le 19 mars 2024.
Le juge des référés,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°230042
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026