jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300523 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 août 2023 et le 27 octobre 2023, la société Le bon repas, représentée par son gérant M. A B, demande au tribunal d'annuler les décisions du 16 février 2023 par lesquelles le directeur régional des finances publiques de la Martinique, après réexamen ordonné par le tribunal dans son jugement du 29 décembre 2022, a de nouveau rejeté les demandes d'aides financières présentées par cette société au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19.
Elle soutient que ces nouvelles décisions de rejet sont illégales dès lors qu'elle a commencé son activité en avril 2016, qu'elle a bénéficié du fonds de solidarité au titre du mois d'avril 2021 et qu'elle ne se trouvait pas en liquidation judiciaire au 1er mars 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire de la direction régionale des finances publiques, enregistré le 5 décembre 2023, n'a pas été communiqué.
Par un courrier du 12 janvier 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de la méconnaissance de la chose jugée, le motif sur lequel sont fondées les décisions attaquées ayant été déclaré illégal par le tribunal dans son jugement du 29 décembre 2022.
Par un courrier du 17 janvier 2024, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de prononcer une injonction d'office tendant au réexamen des demandes de la société Le bon repas.
La direction régionale des finances publiques a présenté des observations sur ces moyens d'ordre public par un mémoire, qui a été enregistré le 26 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2200239 du 29 décembre 2022, le tribunal administratif de la Martinique a annulé les décisions des 8 juin, 30 juin, 20 octobre et 2 novembre 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté les demandes d'aides financières de la société Le bon repas, présentées au titre des mois de janvier, mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021, et a enjoint à cette autorité administrative de réexaminer les demandes dans un délai de deux mois. Suite à ce réexamen, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a de nouveau rejeté, le 16 février 2023, lesdites demandes. Par la présente requête, la société Le bon repas demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 : " Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. () ".
3. Aux termes du V de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 : " Pour chaque période mensuelle considérée, la demande est accompagnée des justificatifs suivants : une déclaration sur l'honneur attestant que l'entreprise remplit les conditions prévues par le présent décret et l'exactitude des informations déclarées, ainsi que l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019, à l'exception de celles qui, à la date de dépôt de la demande d'aide prévue par le présent décret, ont été réglées ou sont couvertes par un plan de règlement. Il n'est pas tenu compte des dettes fiscales inférieures ou égales à un montant total de 1 500 euros ni de celles dont l'existence ou le montant font l'objet au 1er octobre 2020 d'un contentieux pour lequel une décision définitive n'est pas intervenue ". Ces dispositions, applicables à la période de juin à septembre 2021, étaient également applicables, en vertu d'autres dispositions du même décret, pour les mois de janvier à mai 2021.
4. Ainsi que l'a précédemment jugé le tribunal, les décisions de rejet contestées par la société requérante ne pouvaient légalement être fondées sur la circonstance que la société requérante s'est acquittée avec retard de ses obligations déclaratives, la condition tirée de l'absence de défaillance déclarative n'étant pas exigée par le décret du 30 mars 2020, lequel prévoit seulement, au stade de la déclaration, de fournir une estimation du montant de la perte de chiffre d'affaires et l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019. Il s'ensuit qu'en réitérant le même motif de rejet des demandes d'aides financières de la société Le bon repas, le directeur régional des finances publiques de la Martinique, en méconnaissant ainsi l'autorité de la chose jugée, a entaché d'illégalité ses nouvelles décisions de rejet.
5. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 16 février 2023 par lesquelles le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté les demandes d'aides financières de la société Le bon repas, présentées au titre des mois de janvier, mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021 doivent être annulées.
Sur l'injonction d'office :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
7. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration prenne à nouveau des décisions après une nouvelle instruction des demandes d'aides financières présentées par la société Le bon repas. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Martinique de procéder à cette nouvelle instruction, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 16 février 2023 du directeur régional des finances publiques de la Martinique sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques de la Martinique d'instruire à nouveau les demandes de la société Le bon repas, présentées au titre des mois de janvier, mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021, et de prendre de nouvelles décisions dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Le bon repas et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. C, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
Le greffier,
J-H Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026