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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300777

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300777

lundi 27 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300777
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 26 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a implicitement rejeté sa demande datée du 26 septembre 2023 et tendant au versement de compléments d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement (ISSR) et d'indemnité de réseau d'éducation prioritaire (REP), pour des montants respectifs de 822,83 euros et de 182,90 euros se rapportant à la période du 1er septembre 2020 au 6 juillet 2021 ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Martinique de lui verser ces indemnités, assorties des intérêts de retard au taux légal.

Elle renvoie à sa demande de paiement dans laquelle elle soutient que :

- elle a effectué au cours de la période du 1er septembre 2020 au 6 juillet 2021 plusieurs remplacements qui n'ont pas été pris en compte par le service gestionnaire de son administration pour le calcul de ses indemnités ;

- elle a droit après service fait au paiement d'un complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement (ISSR), pour un montant de 822,83 euros, et d'un complément d'indemnité de réseau d'éducation prioritaire (REP), pour un montant de 182,90 euros ;

- elle est en outre fondée à solliciter le bénéfice des intérêts de retard, en application de l'article 1231-6 du code civil.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la rectrice de l'académie de Martinique conclut au non-lieu à statuer partiel sur la requête et au rejet du surplus des conclusions de Mme B.

Elle soutient que :

- la requête a partiellement perdu son objet puisqu'elle a régularisé en cours d'instance les indemnités de sujétions spéciales de remplacement qui restaient dues à la requérante au titre de l'année scolaire 2020-2021 ;

- les autres moyens de Mme B se rapportant aux autres sommes ne sont pas fondés.

Par un courrier du 29 août 2024, le tribunal a, en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, adressé une demande de maintien de la requête à Mme B.

Par son mémoire complémentaire, enregistré le 26 septembre 2024, Mme B a indiqué maintenir les conclusions de sa requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 89-825 du 9 novembre 1989 ;

- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;

- le décret n° 2015-1087 du 28 août 2015 ;

- l'arrêté du 13 septembre 1991 fixant les taux journaliers moyens de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré ;

- l'arrêté du 28 août 2015 fixant les taux annuels en application du décret n° 2015-1087 du 28 août 2015 portant régime indemnitaire spécifique en faveur des personnels exerçant dans les écoles ou établissements relevant des programmes " Réseau d'éducation prioritaire renforcé " et " Réseau d'éducation prioritaire " ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, professeure des écoles de classe normale alors affectée en zone d'intervention localisée et rattachée à l'école élémentaire Auguste Rejon dans le quartier Beauséjour à la Trinité, a effectué plusieurs remplacements dans la circonscription de la Trinité au cours de l'année scolaire 2020-2021. Par un courrier daté du 26 septembre 2023, elle a sollicité auprès des services du rectorat de l'académie de Martinique le paiement de compléments d'indemnités de sujétions spéciales de remplacement (ISSR), pour un montant de 822,83 euros, et d'indemnité de réseau d'éducation prioritaire (REP), pour un montant de 182,90 euros. Cette demande est toutefois restée sans réponse. Dans la présente instance, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal administratif d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a implicitement rejeté sa demande de paiement des compléments d'indemnité sollicités, ainsi que d'enjoindre à l'administration de lui verser lesdits compléments d'indemnités, assortis des intérêts de retard au taux légal.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'administration a établi, le 15 mars 2024, un certificat administratif de régularisation des indemnités de sujétions spéciales de remplacement dues à Mme B au titre de l'année scolaire 2020-2021, portant sur un montant total de 784,38 euros. Un rappel d'un montant équivalent à cette somme a été effectivement versé à la requérante sur sa paie d'avril 2024. En émettant ainsi ce certificat administratif de régularisation et en procédant au versement de ladite somme, la rectrice de l'académie de Martinique doit être regardée comme ayant implicitement mais nécessairement procédé au retrait partiel de la décision attaquée, en tant qu'elle refuse à Mme B le versement d'un complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement d'un montant de 784,38 euros au titre de l'année scolaire 2020-2021. Ce retrait est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans le délai de recours contentieux. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de Mme B dirigées contre cette partie de la décision attaquée, ainsi que celles tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui verser la somme principale de 784,38 euros à titre de complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer. L'exception de non-lieu soulevée en défense par l'administration doit, par suite, être accueillie, dans cette mesure.

4. En revanche, les conclusions de la requête de Mme B qui tendent à l'annulation de la décision attaquée, en tant qu'elle refuse de lui verser le complément sollicité d'indemnité de réseau d'éducation prioritaire et le complément restant d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement, soit 37,94 euros, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction qui tendent à ce que l'administration procède au versement du principal de ces dernières sommes et au versement des intérêts de retard sur l'ensemble des sommes sollicitées conservent leur objet. Il y a lieu, par suite, d'y statuer.

Sur la légalité de la décision attaquée :

En ce qui concerne l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement :

5. L'article 1er du décret du 9 novembre 1989 portant attribution d'une indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré dispose : " Peuvent bénéficier d'une indemnité journalière de sujétions spéciales de remplacement pour les remplacements qui leur sont confiés et dans les conditions fixées aux articles ci-après : / - les instituteurs et les professeurs des écoles chargés des remplacements, rattachés administrativement aux brigades départementales et aux zones d'intervention localisées ; () ". L'article 2 du même décret dispose : " L'indemnité prévue à l'article 1er ci-dessus est due aux intéressés à partir de toute nouvelle affectation en remplacement, à un poste situé en dehors de leur école ou de leur établissement de rattachement. / () L'indemnité est attribuée jusqu'au terme de chaque remplacement assuré. " L'article 3 du même décret dispose, dans sa version applicable au litige : " Les taux journaliers moyens de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement prévue à l'article 1er ci-dessus sont fixés par arrêté du ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, du ministre d'Etat, ministre de la fonction publique et des réformes administratives, et du ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et du budget, chargé du budget () ". L'article 4 du même décret, alors en vigueur, dispose : " Le montant des attributions individuelles peut varier de 60 p. 100 à 140 p. 100 de chaque taux moyen prévu à l'article 3 ci-dessus en fonction de la distance entre l'école ou l'établissement de rattachement de l'intéressé et l'école ou l'établissement où s'effectue le remplacement. / A compter des rentrées scolaires de 1990 et de 1991, ce montant pourra varier de 50 p. 100 à 160 p. 100 de chaque taux moyen prévu à l'article 3 ci-dessus et revalorisé à chacune de ces rentrées. Au-delà de la distance correspondant au pourcentage de 160 p. 100, une majoration de 20 p. 100 du taux moyen sera accordée par tranche supplémentaire de 20 km. " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 13 septembre 1991 fixant les taux journaliers moyens de l'indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré, alors en vigueur, le taux moyen de l'indemnité de sujétions à laquelle les personnels chargés des remplacements rattachés administrativement aux zones d'intervention localisée ont droit à compter de la rentrée scolaire 1991 est fixé à 100 francs, soit 15,24 euros.

6. En l'espèce, il est constant que Mme B, affectée en zone d'intervention localisée, a effectué au cours de l'année scolaire 2020-2021 un total de 132,5 jours de remplacements au sein de la circonscription de la Trinité. La rectrice de l'académie de Martinique admet dans son mémoire en défense que les indemnités de sujétions spéciales de remplacement auxquelles la requérante pouvait prétendre à raison de ces remplacements en application des dispositions citées au point précédent s'élèvent au montant total de 2 037,85 euros, ainsi que l'intéressée le demandait dans sa demande de paiement datée du 26 septembre 2023. Il ressort des différentes fiches de paie versées au dossier que Mme B a perçu sur ses rémunérations des mois de décembre 2020, février 2021, mars 2021, juin 2021, juillet 2021 et août 2021 des rappels d'indemnités de sujétions spéciales de remplacement se rapportant à l'année en cours pour un montant total de 1 630,28 euros. Elle a également fait l'objet, en septembre 2021, d'une retenue au titre de ces mêmes indemnités d'un montant de 522,92 euros. Ainsi, le montant des indemnités de sujétions spéciales de remplacement effectivement perçu par la requérante au cours de l'année scolaire 2020-2021 s'est élevé, compte-tenu du rappel de 784,38 euros versé en cours d'instance ainsi qu'il a été dit précédemment au point 3., au total de 1 891,74 euros. Il s'ensuit que Mme B est fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Martinique a méconnu les dispositions citées au point précédent en refusant de lui verser le complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement restant en litige de 37,94 euros. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler partiellement la décision attaquée de la rectrice de l'académie de Martinique du 26 septembre 2023, en tant qu'elle refuse à Mme B le versement d'un complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement d'un montant de 37,94 euros.

En ce qui concerne l'indemnité "Réseau d'éducation prioritaire" :

8. L'article 6 du décret du 28 août 2015 portant régime indemnitaire spécifique en faveur des personnels exerçant dans les écoles ou établissements relevant des programmes " Réseau d'éducation prioritaire renforcé " et " Réseau d'éducation prioritaire " dispose, dans sa version applicable au litige : " Une indemnité de sujétions est allouée aux personnels enseignants, () exerçant dans les écoles ou établissements relevant du programme "Réseau d'éducation prioritaire". / () La liste des écoles relevant du programme "Réseau d'éducation prioritaire" est arrêtée par les recteurs d'académie () ". L'article 7 du même décret dispose, dans sa version applicable au litige : " Le taux annuel de l'indemnité prévue à l'article 6 est fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l'éducation nationale, de la fonction publique et du budget. " L'article 8 du même décret dispose : " L'attribution de l'indemnité prévue à l'article 6 est subordonnée à l'exercice effectif des fonctions dans une école ou un établissement y ouvrant droit. " L'article 9 du même décret dispose : " Le versement de l'indemnité est suspendu à compter du remplacement ou de l'intérim de l'agent dans ses fonctions. L'indemnité est versée, pendant la période correspondante, à l'agent désigné pour assurer le remplacement ou l'intérim. " L'article 2 de l'arrêté du 28 août 2015 fixant les taux annuels en application du décret n° 2015-1087 du 18 août 2015 dispose, dans sa version applicable au litige : " Le taux annuel de l'indemnité prévue à l'article 6 du décret du 28 août 2015 susvisé est fixé à 1 734 euros. ".

9. En l'espèce, il est constant que Mme B a effectué un remplacement de deux jours au sein de l'école élémentaire Emile Capgras du Robert, les 19 et 20 novembre 2020, ainsi qu'un remplacement de 36 jours au sein de l'école maternelle Les Coraux du Robert, entre le 1er juin 2021 et le 6 juillet 2021. Ces deux établissements figuraient sur la liste des écoles relevant du programme "Réseau d'éducation prioritaire" arrêtée par la rectrice de l'académie de Martinique pour l'année scolaire 2020-2021. Il s'ensuit que Mme B avait droit au versement de l'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire", sur la base du taux annuel de 1 734 euros, pendant ces deux périodes de remplacements de deux et 36 jours, pour des montants respectifs de 9,63 euros et 173,41 euros, soit un total de 183,04 euros. Il ressort des fiches de paie versées au dossier que la requérante n'a perçu aucune indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire" entre septembre 2020 et juin 2021, ni sur sa rémunération du mois d'août 2021. Elle a bénéficié sur sa paie du mois de juillet 2021 deux rappels au titre de cette indemnité se rapportant à l'année scolaire de montants de 245,65 euros et 578 euros. Il ressort du décompte de rappel, produit par l'administration à la suite de la mesure d'instruction que lui a adressée la juridiction par courrier du 13 novembre 2024, que les sommes versées au titre de ces deux rappels incluent l'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire" d'un montant de 9,63 euros due à l'intéressée à raison de la période de remplacement qu'elle a effectuée au sein de l'école élémentaire Emile Capgras du Robert, entre les 19 et 20 novembre 2020. Ces rappels d'indemnité ne concernent en revanche nullement le remplacement qu'elle a effectué au sein de l'école maternelle Les Coraux du Robert, entre le 1er juin 2021 et le 6 juillet 2021. Dans ces conditions, Mme B est seulement fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Martinique a méconnu les dispositions citées au point précédent en refusant de lui verser le complément sollicité d'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire" à raison de ce dernier remplacement, à concurrence d'un montant de 173,41 euros. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli, dans cette mesure.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler partiellement la décision attaquée de la rectrice de l'académie de Martinique du 26 septembre 2023, en tant qu'elle refuse à Mme B le versement d'un complément d'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire" d'un montant de 173,41 euros.

Sur l'injonction :

11. L'article 1231-6 du code civil dispose : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ".

12. En premier lieu, les annulations prononcées précédemment aux points 7. et 10., compte-tenu des motifs sur lesquelles elles se fondent, impliquent nécessairement que l'administration verse à Mme B les compléments sollicités d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement, d'un montant de 37,94 euros, et d'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire", d'un montant de 173,41 euros. Par ailleurs, Mme B a droit au paiement des intérêts au taux légal sur le montant net de ces compléments d'indemnité à compter du 18 octobre 2023, date de réception de sa demande de paiement par les services du rectorat de l'académie de la Martinique. Par suite, il y a lieu pour le tribunal administratif, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'ordonner à la rectrice de l'académie de Martinique de verser à Mme B ces compléments d'indemnité et ces intérêts de retard, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

13. En second lieu, Mme B a droit au paiement des intérêts au taux légal sur le montant net du rappel de complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement de 784,38 euros versé en cours d'instance par l'administration, à compter du 18 octobre 2023, date de réception de sa demande de paiement par les services du rectorat de l'académie de Martinique, et ce jusqu'à la date de paiement effectif. Par suite, il y a lieu pour le tribunal administratif, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'ordonner à la rectrice de l'académie de Martinique de verser à Mme B ces intérêts de retard, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de la décision attaquée de la rectrice de l'académie de Martinique portant implicitement refus de paiement d'un complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement d'un montant de 784,38 euros et celles présentées aux fins d'injonction tendant au versement du principal de cette somme.

Article 2 : La décision attaquée de la rectrice de l'académie de Martinique est partiellement annulée, en tant qu'elle refuse à Mme B le versement d'un complément d'indemnité de sujétions spéciales de remplacement d'un montant de 37,94 euros et d'un complément d'indemnité de sujétions dite "Réseau d'éducation prioritaire" d'un montant de 173,41 euros.

Article 3 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Martinique de verser à Mme B les deux compléments d'indemnité mentionnés à l'article 2, assortis des intérêts au taux légal, calculés sur le montant net de ces sommes, à compter du 18 octobre 2023, et ce dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Martinique de verser à Mme B les intérêts de retard au taux légal portant sur le montant net du complément d'indemnité mentionné à l'article 1er, pour la période courue à compter du 18 octobre 2023 et jusqu'à la date de paiement effectif, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Martinique.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

J-M. Laso, président,

M. Lancelot, premier conseiller,

M. Phulpin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2025.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

J. Lemaître

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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