mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400124 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CATOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 5 février, 8 février et 26 février 2024, le Grand port maritime de la Martinique (GPMLM), représenté par Me Catol, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de la société Lakou Digital du domaine public dont il a la gestion, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de la société Lakou Digital une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que la société ne peut occuper le domaine public sans autorisation ; qu'aucune contestation sérieuse ne se heurte à la demande ; qu'en outre, l'urgence est établie compte tenu des contraintes imposées par la gestion du site portuaire ;
- la demande n'est pas sérieusement contestable dès lors que la société Lakou Digital ne dispose pas d'autorisation d'occupation du domaine public, ayant été déboutée de sa requête en référé suspension des décisions de résiliation de la convention d'occupation et de l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public du 30 mars 2021 et du 9 septembre 2021 ; la société refuse de quitter les lieux, malgré l'intervention d'un commissaire de justice.
La requête a été communiquée à la société Lakou Digital, qui n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 27 février 2024, à 10 heures, en présence de Mme Lemaitre, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Catol, représentant le GPMLM, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 14 septembre 2023, le Grand port de la Martinique (GPMLM) a résilié la convention d'occupation temporaire du domaine public conclue le 30 mars 2021 avec la société Lakou Digital et l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public du 9 septembre 2021. Les locaux dont il s'agit sont situés au bassin de Radoub, respectivement, au premier et au deuxième étage de la gare maritime. Par une ordonnance du 17 octobre 2023, le juge des référés a rejeté les demandes de suspension, présentées par la société Lakou Digital, des décisions de résiliation. Dans le cadre de l'exécution de cette ordonnance, le GPMLM a demandé à la société Lakou Digital de quitter les lieux puis a sollicité un commissaire de justice, sans succès. Par la présente requête, le GPMLM demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de la société Lakou Digital du domaine public dont il a la gestion.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence, le GPMLM se borne à soutenir que la société Lakou Digital ne bénéficie d'aucune autorisation d'occupation. Toutefois, la condition d'urgence susceptible de pouvoir justifier l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public par une mesure de référé ne saurait résulter du seul constat de l'irrégularité de l'occupation domaniale. De plus, le GPMLM faire valoir, sans plus de précisions, les contraintes imposées par la gestion du site portuaire. Dès lors, il ne justifie pas de ce que le fonctionnement du site portuaire ne serait plus assuré. En outre, le GPMLM ne justifie ni même n'allègue d'aucun projet précis d'aménagement ou d'implantation d'entreprises sur la dépendance domaniale occupée par la société Lakou Digital. Dans ces conditions, s'il est constant que la société Lakou Digital ne dispose d'aucun droit à occuper les locaux dont il s'agit, le GPMLM ne justifie pas l'intervention, dans de brefs délais, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, l'expulsion de la société Lakou Digital sollicitée le 5 février 2024 par le président du directoire du GPMLM ne présente pas, à la date de la présente ordonnance, un caractère d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de rechercher si la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, que la requête du GPMLM doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du Grand port maritime de la Martinique est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au Grand port maritime de la Martinique et à la société Lakou Digital.
Fait à Schœlcher, le 28 février 2024.
Le président,
J-M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400124
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026