vendredi 2 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2500254 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CHALVIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2025, M. B, représenté par Me Chalvin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme provisionnelle de 54 080,41 euros, correspondant à la rente viagère d'invalidité due depuis le 29 septembre 2014, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mars 2025 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le paiement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte des dispositions de l'article R. 541- du code de justice administrative que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Le juge des référés doit rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi.
3. Il résulte de l'instruction que, le 26 décembre 2011, M. B, surveillant brigadier de l'administration pénitentiaire, affecté au centre pénitentiaire de Ducos, a été victime d'un accident qui a été reconnu imputable au service le 11 mai 2012. Puis, par une décision en date du 17 février 2015, M. B a été admis à la retraite à compter du 29 septembre 2014. Il soutient qu'il aurait dû percevoir une allocation temporaire d'activité et que cette allocation lui est due sous la forme d'une rente viagère d'invalidité au taux de 20 %. Pour demander la condamnation de l'Etat au paiement d'une provision d'un montant de 54 080,41 euros, correspondant à la rente viagère qu'il estime lui être due depuis 2014, M. B expose que l'accident dont il a été victime a été reconnu imputable au service et que la commission de réforme a émis un avis favorable, le 21 novembre 2019, à l'attribution d'une allocation temporaire d'activité à un taux de 21 % et à sa mise à la retraite pour invalidité imputable au service. Toutefois, ni la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont le requérant a été victime avant son départ à la retraite ni l'avis favorable de la commission de réforme à l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité et à sa mise à la retraite pour invalidité imputable au service, n'implique un droit de l'intéressé à percevoir une rente viagère d'invalidité. L'allocation cause n'est en effet versée que sous réserve de remplir certaines conditions. De plus, le pouvoir de décision est partagé entre l'autorité dont relève l'agent et le ministre des finances, dont les services sont chargés de la liquidation de la rente. Dès lors, la question de l'obligation de payer la somme réclamée par M. B nécessite un examen au fond de l'affaire. Dans ces conditions, eu égard à l'office du juge des référés rappelé au point 2, la créance dont se prévaut M. B à l'égard de l'Etat ne peut être regardée comme non sérieusement contestable au sens des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative précité. La demande de provision ne peut, en l'état, qu'être rejetée. Par suite, la requête présentée par M. B doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
4. Il appartient le cas échéant au requérant, s'il s'y croit fondé, de saisir le juge du fond d'une demande d'indemnisation.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministère de la justice et au ministre de l'action et des comptes publics.
Fait à Schœlcher, le 2 mai 2025.
Le président,
Jean-Michel Laso
La république mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2500254
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026