mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| Section | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| N° Dossier | TA103-2300568 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FABRE & ASSOCIEES, SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 décembre 2023 et 12 février 2024, la SA Allianz IARD, représentée par Me Tordjman, demande au tribunal :
1°) de condamner le Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) à lui verser une somme de 4 476 286,50 F CFP (37 500 euros) ;
2°) de mettre à la charge du CHPF une somme de 150 000 F CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est bien subrogée dans les droits du Dr B ; le règlement des sommes est justifié ;
- ainsi qu'il a été jugé par le tribunal administratif de la Polynésie française, dont il n'a pas été fait appel, le Centre hospitalier de la Polynésie Française est coresponsable à hauteur de 50 %, avec le Dr B et le Dr G, des préjudices subis par Hinatea E et ses parents du fait d'une absence de dépistage de la trisomie 21 dont elle était atteinte in utero et qui a fait perdre à ses parents une chance d'interrompre la grossesse ;
- si le Centre hospitalier de la Polynésie française estime que le laboratoire Javouhey a également engagé sa responsabilité, il lui reste la possibilité d'exercer son propre recours devant le juge civil à son encontre ;
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2024, le Centre hospitalier de la Polynésie française, représenté par Me Cariou, conclut à titre principal au rejet de la requête, subsidiairement à une limitation de sa part de responsabilité.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ; la Compagnie Allianz ne justifie pas du versement effectif des sommes et donc de sa subrogation ;
- le tribunal n'est aucunement tenu par la décision du 10 mai 2022, laquelle a fait fi des manquements du laboratoire de Javouhey dans la ventilation des responsabilités ; sa part de responsabilité devait être limitée à 25 % ; le Dr C était bien informée de la transmission des résultats au laboratoire Cerba ; le Dr B aurait pu lui aussi s'interroger sur l'absence de résultat de ce test à la lecture du dossier médical que lui avait transmis sa consœur ; le Centre hospitalier de la Polynésie française, les Drs C et B, ainsi que le laboratoire Javouhey doivent être déclarés solidairement responsables de la perte de chance de 50% subie par Madame A d'échapper au risque de donner naissance à un enfant porteur du handicap de la T21 en décidant de réaliser une interruption médicale de grossesse ; le recours de la Compagnie Allianz à son encontre sera ainsi limité à une part maximale de 25 % des condamnations prononcées à l'encontre du Dr B soit la somme de 18.750 Euros ;
- sinon la part de responsabilité du Centre Hospitalier de la Polynésie Française sera limitée à 50%, soit 37 500 euros ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Devillers, président,
- et les conclusions de Mme Theulier de Saint-Germain, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement définitif n° 2100513 du 10 mai 2022, le tribunal administratif de la Polynésie française a, à la demande de la mutuelle Assurances Corps médical Français (MACSF) et du Dr C épouse D, jugé qu'en omettant de transmettre le résultat du test HT 21 prescrit par le Dr C épouse D le 11 décembre 1999 au bénéfice de Mme A, aux médecins concernés et à Mme A, le centre hospitalier de la Polynésie française a commis une faute dans l'organisation du service à l'origine du manquement à l'obligation d'information de Mme A, qui engage sa responsabilité, et fixé sa part de responsabilité dans la survenance des dommages consistant en la naissance de l'enfant trisomique à hauteur de 50 %. Le tribunal a, en conséquence, condamné le centre hospitalier de la Polynésie française à verser à la MACSF 50 % de la provision versée par elle aux victimes, soit la somme de 3 047 311 F CFP.
2. La SA Allianz IARD, assureur du Dr B, lequel a été déclaré par l'arrêt définitif du 7 juillet 2016 de la Cour d'appel de Papeete responsable in solidum avec le Dr F du dommage causé aux victimes, a procédé au règlement de la somme de 8 952 573 F CFP en exécution de l'arrêt précité. Elle demande la condamnation du Centre hospitalier de la Polynésie Française à lui verser une indemnité de 4 476 286,50 F CFP, indiquée au prix d'une erreur matérielle comme étant 34 476 286,50 F CFP dans la requête, représentant sa part de responsabilité évaluée à 50 % par le jugement du 10 mai 2022 du tribunal.
Sur la fin de non-recevoir :
3. La SA Allianz IARD justifie le règlement de la somme de 8 952 573 F CFP au bénéfice de M. E et de Mme A en exécution des condamnations prononcées à l'encontre du Dr B par l'arrêt du 7 juillet 2016 de la Cour d'appel de Papeete. La fin de non-recevoir tirée de son défaut de subrogation dans les droits du Dr B doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. Le jugement du 10 mai 2022 du tribunal ayant fixé la part de responsabilité du CHPF à 50 % étant, en l'absence d'appel, devenu définitif, le centre hospitalier ne peut utilement, pour s'opposer à la demande de remboursement par la Cie Allianz, subrogée dans les droits du Dr B, des montant versés par elle aux victimes, faire valoir qu'eu égard à leurs fautes respectives, il devrait être retenu co-responsable solidaire avec le laboratoire de Javouhey, le Dr C et le Dr B et sa part de responsabilité en conséquence limitée à 25 %. La SA Allianz IARD est donc fondée, ayant procédé au règlement de la somme de 8 952 573 F CFP au bénéfice de M. E et de Mme A, à demander sa condamnation à lui verser une indemnité de 4 476 286,50 F CFP, représentant sa part de responsabilité dans la survenance du dommage.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Polynésie française la somme de 150 000 F CFP à verser à la SA Allianz IARD au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de la Polynésie française est condamné à verser à la SA Allianz IARD une somme de 4 476 286,50 F CFP.
Article 2 : Le centre hospitalier de la Polynésie française versera la somme de 150 000 F CFP à la SA Allianz IARD au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA Allianz IARD et au centre hospitalier de la Polynésie française.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Devillers, président,
M. Graboy-Grobesco premier conseiller,
M. Boumendjel, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
Le président-rapporteur,
P. Devillers
L'assesseur le plus ancien,
A. Graboy-GrobescoLa greffière,
D. Oliva-Germain
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Polynésie française en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2300568
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026