mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| Section | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| N° Dossier | TA103-2400364 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CANEVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 août et 18 octobre 2024, la société par actions simplifiée Pharmevidence, représentée par Me Canevet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des quatrièmes trimestres des années 2019, 2020 et 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la Polynésie française la somme de 200 000 FCFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les prestations de services accomplies par l'établissement polynésien de la société ne sont pas utilisées en Polynésie française, comme l'exige l'article LP 340-8 du code des impôts de Polynésie française, et n'entrent donc pas dans le champ d'application de la TVA polynésienne ;
- les prestations de services accomplies par l'établissement polynésien de la société sont des prestations de services exonérées en application de l'article LP 340-9 du code des impôts de Polynésie française ;
- à tout le moins, elles relèvent du taux réduit fixé par l'article LP 342-3 du code des impôts de Polynésie française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la Polynésie française conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 février 2025 à 11h00 (heure locale).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique modifiée n° 2004-192 du 27 février 2004 ;
- le code des impôts de la Polynésie française ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan,
- les conclusions de M. Boumendjel, rapporteur public,
- les observations de M. A représentant la Polynésie française.
Considérant ce qui suit :
1. La société Pharmevidence, qui a son siège à Lyon, est une société spécialisée dans la promotion de produits pharmaceutiques (visite médicale). Elle dispose d'un établissement secondaire situé en Polynésie française, employant quatre salariés, lesquels exercent donc auprès des professionnels de santé locaux une activité de promotion et d'informations médicales qualifiées pour le compte de clients métropolitains ou étrangers. Dans les suites de l'instruction d'une demande de remboursement de crédit de TVA au titre du 4ème trimestre 2021, et du contrôle sur pièces qui a suivi, l'administration fiscale polynésienne a notamment procédé, en raison de l'activité menée par l'établissement polynésien de la société, à des rappels de TVA au titre des exercices 2019, 2020 et 2021, qui ont été mis en recouvrement par deux avis en date du 14 février 2024 pour un montant total, en droits et pénalités, de 17 157 305 FCFP. La société Pharmevidence demande au tribunal la décharge de ces rappels de TVA.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 340-1 du code des impôts de la Polynésie
française : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée () les prestations de service effectuées à titre onéreux par un assujetti ". Aux termes de l'article 340-4 de ce code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une activité économique, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur résidence, le lieu de leur siège social, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention. / () ". Aux termes de l'article 340-8 du même code : " Les prestations de services sont imposables lorsque le service est utilisé en Polynésie française ou lorsque le bénéficiaire a en Polynésie française le siège de son activité ou un établissement stable pour lequel le service est rendu, sa résidence ou son domicile. Le bénéficiaire de la prestation s'entend du client direct du prestataire, quelle que soit la personne qui, en définitive, pourrait recueillir le bénéfice du service rendu. / () ".
3. Si les fabricants de produits pharmaceutiques, qui sont les bénéficiaires finaux des prestations de service rendues par les salariés de l'établissement polynésien de la requérante n'ont pas, sur le territoire de la Polynésie française, le siège de leurs activités ou un établissement stable pour lequel le service est rendu, il reste que ces prestations de services, qui concernent surtout les professionnels de santé locaux prescripteurs, sont, de ce fait, utilisées en Polynésie française. Dès lors, elles remplissent l'une des conditions prévues par l'article 340-8 précité, qui permet à l'administration d'imposer ces prestations à la taxe sur la valeur ajoutée.
4. En second lieu, aux termes de l'article LP. 340-9 du code des impôts : " I - Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : / () /2° bis Les opérations d'importation, de vente, de livraison, de commission, de courtage ou de façon portant sur les médicaments dont la prescription ouvre droit à remboursement par la Caisse de prévoyance sociale en application des réglementations sociales et de santé en vigueur en Polynésie française ;/() ". Contrairement à ce que soutient la requérante, les opérations de commission visées par les dispositions précitées concernent seulement les contrats dans lesquels un intermédiaire intervient directement pour réaliser une vente de médicaments remboursés par la caisse de prévoyance sociale. Il résulte de l'instruction que la société requérante se borne à promouvoir des produits pharmaceutiques et n'intervient pas directement dans les commandes de ces produits, les médicaments produits par les laboratoires qu'elle représente étant, selon ses écritures mêmes, " acquis en métropole par les grossistes répartiteurs qui les importent en Polynésie française par l'intermédiaire de leurs filiales en fonction des besoins résultant des prescriptions ". Dès lors, la requérante, qui ne pratique pas d'opérations de commission au sens des dispositions précitées de l'article L.P. 340-9, ne peut utilement soutenir ni que ses prestations de services devraient être exonérées sur le fondement du dit article, ni qu'elles devraient se voir appliquer le taux réduit de TVA que l'article LP. 342-3 du code des impôts réserve à d'autres opérations de commission, comme celles portant sur les médicaments ou produits pharmaceutiques autres que ceux prévus au 2° bis de l'article LP. 340-9 et au 13° de l'article LP. 348-8, destinés à l'usage de la médecine visés au chapitre 30 de la nomenclature du tarif des douanes de la Polynésie française.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de TVA dont le paiement lui a été réclamé par les deux avis de mise en recouvrement sus-évoqués en date du 14 février 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Pharmevidence est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Pharmevidence et à la Polynésie française.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Devillers, président,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Graboy-Grobesco, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
H. Busidan
Le président,
P. Devillers
La greffière,
D. Oliva-Germain
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Polynésie française en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026