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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2200064

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2200064

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2200064
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les arrêtés du 26 novembre 2021 et du 21 décembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud en tant qu'ils opèrent, en raison de sa participation à des mouvements de grève, des retenues sur son traitement pour absence de service fait au titre, respectivement, des journées du samedi 20 novembre 2021 et du dimanche 21 novembre 2021 et des journées du samedi 4 décembre 2021 et du dimanche 5 décembre 2021.

Elle soutient que :

- dès lors que son retour au travail a été constaté le lundi 22 novembre 2021 et le lundi 6 décembre 2021, l'administration ne pouvait, sans erreur de droit ni méconnaître les dispositions de l'article 1er de l'arrêté n° 83-521/CG du 25 octobre 1983, opérer une retenue sur son traitement au titre du samedi 20 et du dimanche 21 novembre 2021 ainsi qu'au titre du samedi 4 et du dimanche 5 décembre 2021, qui ne sont pas des jours ouvrés dans les établissements scolaires ;

- la première grève s'est achevée le 19 novembre 2021 à 16 heures et la seconde grève le 3 décembre 2021 à la même heure, ainsi que cela ressort des messages électroniques envoyés par la FCE-FO à tous les employeurs des personnels grévistes ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent le principe d'égalité en ce que les agents de la province Sud ont été traités différemment des agents grévistes relevant du vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie qui n'ont fait l'objet d'aucune retenue sur leur traitement au titre du samedi et du dimanche.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, la province Sud conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2021 et au rejet du surplus des conclusions de la requête de Mme B.

Elle soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2021 sont devenues sans objet à la suite de son retrait par un arrêté du 24 mars 2022 ;

- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2021 sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par deux actes, enregistrés les 5 et 6 juillet 2022, Mme B déclare se désister purement et simplement de sa requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;

- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;

- l'arrêté n° 83-521/CG du 25 octobre 1983 relatif aux retenues pour absence de service fait par les fonctionnaires des cadres territoriaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C représentante de la province Sud.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 26 novembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud, Mme B, agent de la province Sud, a fait l'objet de retenues sur son traitement pour absence de service fait en raison de sa participation au mouvement de grève des 17, 18 et 19 novembre 2021. Des retenues sur le traitement de Mme B ont également été opérées par un arrêté de la même autorité du 21 décembre 2021 à la suite de sa participation au mouvement de grève des 1er, 2 et 3 décembre 2021. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ces deux arrêtés en tant qu'ils opèrent, dans le cadre des mouvements de grève auxquels elle a pris part, des retenues sur son traitement pour absence de service fait au titre, respectivement, des journées du samedi 20 novembre 2021 et du dimanche 21 novembre 2021 et des journées du samedi 4 décembre 2021 et du dimanche 5 décembre 2021.

2. Par deux actes, enregistrés les 5 et 6 juillet 2022, Mme B a déclaré se désister purement et simplement de sa requête. Ce désistement étant intervenu postérieurement à la clôture de l'instruction, le tribunal n'est toutefois pas dans l'obligation de rouvrir l'instruction pour communiquer le désistement et en donner acte. Il convient, dans les circonstances de l'espèce, de se prononcer sur les conclusions de la requête de Mme B.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 21 décembre 2021 :

3. Par un arrêté n° 1116-2022/ARR/DERES du 24 mars 2022, postérieur à l'introduction de la requête, la présidente de l'assemblée de la province Sud a abrogé son arrêté du 21 décembre 2021 relatif au placement de vingt-trois agents, dont la requérante, en absence de service fait. Il ressort des indications non contestées du mémoire en défense que les retenues sur traitement décidées par l'arrêté du 21 décembre 2021 n'ont pas été opérées, lequel n'a ainsi pas reçu application avant son abrogation qui est devenue définitive dans la mesure où l'arrêté du 24 mars 2022, qui comporte les voies et délais de recours, n'a pas fait l'objet d'un recours contentieux devant le tribunal. Dès lors, les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2021 en tant qu'il opère des retenues sur son traitement pour absence de service fait au titre des journées des 4 et 5 décembre 2021 sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 novembre 2021 :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Lorsque l'administration prend toute disposition pour notifier une décision à un agent public par une remise en mains propres par la voie hiérarchique et que l'intéressé refuse de recevoir la décision, la notification doit être regardée comme ayant été régulièrement effectuée, sans qu'il soit nécessaire de vérifier si le document qui devait être remis en mains propres comportait la mention des voies et délais de recours.

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation du 25 avril 2022 rédigée par la directrice de l'école où Mme B exerce ses fonctions, ainsi que des mentions non contestées du mémoire en défense, que l'arrêté du 26 novembre 2021 opérant une retenue sur son traitement a été porté à sa connaissance par message électronique du 29 novembre 2021 auquel il était joint. Il ressort également de l'annexe à l'arrêté litigieux portant en face de son nom, dans la colonne " date + signature ", la mention " refus de signature " que Mme B a refusé de recevoir notification de cet arrêté mis à sa disposition dans le bureau de la directrice de son école au plus tard le 2 décembre 2021. Le délai de recours contentieux, qui a commencé à courir à compter de la date de cette tentative de remise en mains propres de l'arrêté du 26 novembre 2021, était, dès lors, expiré lorsque Mme B a introduit, le 13 février 2022, la requête tendant à son annulation. Il y a lieu, par suite, d'accueillir la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2021.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud en tant qu'il opère une retenue sur son traitement pour les journées des 4 et 5 décembre 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la province Sud.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Ciréfice, président,

M. Pilven, premier conseiller.

M. Briquet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.

Le président-rapporteur,

C. DL'assesseur le plus ancien,

J.-E. Pilven Le greffier de chambre,

J. Lagourde

cb

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