jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200191 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | ELMOSNINO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 avril 2022, enregistrée le 19 mai 2022 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie la requête présentée par M. D.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 21 avril 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré au greffe du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie le 28 septembre 2022, M. A D, représenté par Me Elmosnino, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie l'a placé en congé de longue maladie non imputable au service ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande de recours gracieux du 20 décembre 2021 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de reconnaitre comme imputable au service les congés de longue maladie pris entre 2020 et 2022 ;
4°) à titre subsidiaire d'ordonner une expertise médicale aux fins de déterminer son état de santé, son taux d'invalidité, les conséquences de sa maladie sur son activité professionnelle, le caractère imputable au service des lésions constatées, la perte de chance en résultant ainsi que son préjudice moral ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 350 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en application de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, il avait droit au bénéfice d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
- sa maladie est imputable au service au regard du tableau 57 de l'annexe II du code de la sécurité sociale et au regard des fonctions qu'il a exercées tout au long de sa carrière ; la dégradation de son état de santé est attestée par les conclusions du docteur B ;
- il a déposé une déclaration de maladie professionnelle.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 septembre et 20 octobre 2022, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C pour le vice-recteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, professeur de génie industriel et structures métalliques affecté au lycée Jules Garnier à Nouméa a été placé en congé de longue maladie non imputable au service, après la décision du comité médical interministériel du 30 novembre 2021, pour la période du 3 mai 2021 au 15 mai 2021 et celle du 16 mai 2021 au 2 février 2022 par un arrêté du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie du 2 décembre 2021. Par un recours gracieux du 20 décembre 2021, M. D a demandé au vice-recteur que ses congés de longue maladie soient reconnus comme imputables au service. Par courrier du 24 mai 2022, le vice-recteur lui a précisé que sa demande initiale portait sur un congé de longue maladie non imputable au service et qu'un placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service devait faire l'objet d'une autre demande. M. D demande l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2021 le plaçant en congé de longue maladie non imputable au service ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Cette dernière demande doit être regardée comme dirigée à l'encontre de la décision explicite du 24 mai 2022 confirmant l'arrêté du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie du 2 décembre 2021.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. III.- Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l'enquête permet à l'autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service. IV.-Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. "
3. M. D soutient qu'il remplit les conditions pour bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, prévu par les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, et que l'administration a méconnu ces dispositions en le plaçant en congé de longue maladie non imputable au service. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le placement en congé de longue maladie pendant la période du 3 mai 2021 au 2 février 2022, par l'arrêté du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie du 2 décembre 2021 a été fait à la demande de l'intéressé, le 27 septembre 2021.
4. Par ailleurs, comme le précisait le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie, dans son courrier du 24 mai 2022, en réponse au recours gracieux du 20 décembre 2021 formé par M. D, une demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service doit faire l'objet, en application du décret du 14 mars 1986 précité d'une déclaration de maladie professionnelle. Or, il ressort des pièces du dossier que cette demande n'a été adressée par l'intéressé à l'administration que le 5 juillet 2022. Ainsi, à la date de l'arrêté contesté du 2 décembre 2021 et de la décision explicite du 24 mai 2022 rejetant son recours gracieux du 20 décembre 2021, M. D n'avait formé qu'une demande de placement en congé de longue maladie de sorte qu'il n'est pas fondé à contester l'absence de placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service à la date de ces décisions.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise médicale sollicitée, que ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2021 et de la décision du 24 mai 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLe greffier de séance,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026