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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2200276

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2200276

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2200276
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE
Avocat requérantSELARL CABINET PLAISANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 30 mai 2022, enregistrée le 26 juillet 2022 au greffe du tribunal, la vice-présidente de la 1ère section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie la requête présentée par la SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson, enregistrée sous le n° 2200276.

Par une requête et quatre mémoires complémentaires enregistrés au greffe du tribunal administratif de Paris les 29 avril et 17 décembre 2019, 28 février et 5 novembre 2020 et 9 décembre 2021, la SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson (SECH), représentée par la société d'avocats AdDen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 6 février 2019 par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a refusé la délivrance d'un agrément prévu par les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts au titre de la construction d'un cinéma multiplexe au Mont-Dore ;

2°) d'enjoindre à l'Etat de lui délivrer l'agrément sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 2000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre la somme de 5 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision contestée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;

- l'Etat n'est pas compétent en Nouvelle-Calédonie en matière d'autorisation d'exploitation cinématographique dès lors que ses compétences sont strictement prévues par la loi organique du 19 mars 1999 ; or le choix entre les deux projets a été fait sur la base de considérations d'ordre cinématographique et non de l'intérêt économique des projets ; le ministre ne pouvait ainsi se fonder sur l'article R. 212-7-1 du code du cinéma et de l'image animée, non applicable en Nouvelle-Calédonie, pour retenir le projet concurrent ; il ne pouvait non plus se fonder sur les critères prévus par l'article L. 212-9 du code du cinéma et de l'image animée pour effectuer un contrôle de l'implantation des équipements cinématographiques par le biais de la procédure de l'agrément fiscal et ne détenait aucune compétence en la matière ;

- le ministre a par ailleurs commis une erreur de droit en analysant l'intérêt économique du projet au vu des critères du code du cinéma et de l'image animée et en estimant qu'il ne pouvait délivrer qu'un seul agrément ;

- le ministre a pris sa décision en se croyant lié par les avis émis par le centre national du cinéma et de l'image animée et a ainsi méconnu sa propre compétence ;

- les critères mentionnés à l'article 217 undecies du code général des impôts ont été méconnus ; le projet qu'elle a présenté est parfaitement adapté aux besoins de l'agglomération en matière d'équipement cinématographique avec 8 écrans et 1 171 places au vu des études réalisées sur la fréquentation attendue ;

- à l'inverse, le projet de la société Ki Tii Ré ne présente pas un intérêt économique dès lors qu'il est disproportionné par rapport aux besoins du marché ; l'agglomération du grand Nouméa ne connaît aucun sous-équipement en matière cinématographique ; le format du projet de la société Ki Tii Ré est donc disproportionné au regard des perspectives du marché ;

- le projet proposé est rentable économiquement, en raison de sa taille modérée et de l'expérience acquise par la SECH à la différence du projet concurrent dès lors que le nombre d'entrées prévisible sera très inférieur aux projections avancées par la société Ki Tii Ré qui se fonde sur un taux de fréquentation nationale ;

- le projet contribuera à la création de 11,5 emplois permanents et de 3,5 extras ainsi qu'au maintien des emplois du Cinécity, les deux établissements étant complémentaires ; il participera à l'aménagement de cette zone qui connait une croissance démographique ; en revanche, l'ouverture du projet de la société Ki Tii Ré portera une atteinte sévère aux conditions d'exploitation du Cinécity, seul établissement en centre-ville, avec une perte de recettes et l'obligation de supprimer des emplois ;

- le projet Cinésud répond aussi aux exigences en matière d'environnement puisqu'il évitera une consommation excessive d'espace et de réutiliser un terrain actuellement peu attractif ; il sera enfin desservi par une ligne de bus à haut niveau de service

- le projet en cause présente par ailleurs toutes les garanties pour les investisseurs et les tiers dès lors que la SECH prévoit d'engager d'importants fonds propres et qu'elle est déjà propriétaire du foncier ; enfin elle a déjà obtenu l'accord de trois banques calédoniennes pour le financement du projet ;

- le ministre a délivré le 19 novembre 2018 l'agrément fiscal à la société concurrente et l'a informée de son intention de refus en raison de sa décision de ne retenir qu'un seul projet, de sorte que la saisine de la commission consultative nationale était purement factice à cette date, privant la requérante d'une garantie de recours effectif.

Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 13 novembre 2019, 5 février et 30 septembre et 16 novembre 2020 au greffe du tribunal administratif de Paris, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999, relatives à la Nouvelle-Calédonie ;

- le code général des impôts ;

- le code des impôts de la Nouvelle-Calédonie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pilven, rapporteur,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- les observations de Me Plaisant avocate de la SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson (SECH), a sollicité, le 6 juin 2017, le bénéfice d'un agrément auprès de la direction générale des finances publiques afin de bénéficier du régime d'aide à l'investissement prévu par les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts, au titre d'un programme d'investissement consistant en la construction d'un cinéma multiplexe sur la commune du Mont-Dore. Par un courrier du 19 novembre 2018, le ministre de l'action et des comptes publics a indiqué qu'il envisageait de donner une suite défavorable à cette demande et a invité la société requérante à saisir la commission consultative nationale. Par courrier du 6 février 2019, le ministre de l'action et des comptes publics a opposé un refus à la demande, à la suite de l'avis négatif rendu par cette commission le 20 janvier 2019. Par ailleurs, la société par actions simplifiée Ki Tii Ré (KTR) a sollicité le 19 avril 2017 le bénéfice des mêmes dispositions du code général des impôts au titre d'un programme d'investissement consistant en la construction d'un cinéma multiplexe sur la commune de Dumbéa. Par une décision du 19 novembre 2018, le ministre de l'action et des comptes publics a fait droit à sa demande et lui a accordé l'agrément fiscal sollicité. La SARL SECH demande l'annulation de la décision du 6 février 2019 par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics lui a refusé la délivrance de l'agrément prévu par les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts.

2. Aux termes de l'article 199 undecies B du code général des impôts : " I.-Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu à raison des investissements productifs neufs qu'ils réalisent () en Nouvelle-Calédonie () dans le cadre d'une entreprise exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale relevant de l'article 34 () La réduction d'impôt prévue au présent I s'applique, dans les conditions prévues au vingt-sixième alinéa, aux investissements réalisés, par une société soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés dont les actions sont détenues intégralement et directement par des contribuables, personnes physiques, domiciliés en France au sens de l'article 4 B. En ce cas, la réduction d'impôt est pratiquée par les associés dans une proportion correspondant à leurs droits dans la société. L'application de cette disposition est subordonnée au respect des conditions suivantes : 1° Les investissements ont reçu un agrément préalable du ministre chargé du budget dans les conditions prévues au III de l'article 217 undecies () ".

3. Aux termes de l'article 217 undecies du même code : " III. - 1. Pour ouvrir droit à déduction, les investissements mentionnés au I () concernant la rénovation et la réhabilitation d'hôtel, de résidence de tourisme et de village de vacances classés () doivent avoir reçu l'agrément préalable du ministre chargé du budget, après avis du ministre chargé de l'outre-mer. L'organe exécutif des collectivités d'outre-mer compétentes à titre principal en matière de développement économique est tenu informé des opérations dont la réalisation le concerne. / L'agrément est délivré lorsque l'investissement : a) Présente un intérêt économique pour le département dans lequel il est réalisé ; il ne doit pas porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou constituer une menace contre l'ordre public ou laisser présumer l'existence de blanchiment d'argent ; b) Poursuit comme l'un de ses buts principaux la création ou le maintien d'emplois dans ce département ; c) S'intègre dans la politique d'aménagement du territoire, de l'environnement et de développement durable ; d) Garantit la protection des investisseurs et des tiers. () 2. L'agrément est tacite à défaut de réponse de l'administration dans un délai de trois mois à compter de la réception de la demande d'agrément. Ce délai est ramené à deux mois lorsque la décision est prise et notifiée par l'autorité compétente de l'Etat dans les départements d'outre-mer. Lorsque l'administration envisage une décision de refus d'agrément, elle doit en informer le contribuable par un courrier qui interrompt le délai mentionné au premier alinéa et offre la possibilité au contribuable, s'il le sollicite, de saisir, dans un délai de quinze jours, une commission consultative dont la composition, les attributions et le fonctionnement sont définis par décret. En cas de saisine, un nouveau délai d'une durée identique à celle mentionnée au premier alinéa court à compter de l'avis de la commission. La commission dispose, pour rendre cet avis, d'un délai ne pouvant excéder deux mois ()".

4. Aux termes de l'article 1 du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : 1° Les secrétaires généraux des ministères, les directeurs d'administration centrale, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au premier alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé et les chefs des services que le décret d'organisation du ministère rattache directement au ministre ou au secrétaire d'Etat () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Les personnes mentionnées aux 1° et 3° de l'article 1er peuvent donner délégation pour signer tous actes relatifs aux affaires pour lesquelles elles ont elles-mêmes reçu délégation : 1° Aux magistrats, aux fonctionnaires de catégorie A et aux agents contractuels chargés de fonctions d'un niveau équivalent, qui n'en disposent pas au titre de l'article 1er () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, directeur général chargé de la direction générale des finances publiques du ministère de l'action et des comptes publics, nommé dans ces fonctions par un décret du 19 juin 2014, publié au journal officiel de la République française le 20 juin 2014, était compétent de plein droit en application de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 pour signer au nom du ministre l'ensemble des actes relatifs aux affaires des services placés sous son autorité. M. D B, chef du service juridique de la fiscalité, et signataire de la décision attaquée, a reçu délégation générale de signature, en application des dispositions précitées de l'article 3 du décret du 27 juillet 2005, par un arrêté du 10 juillet 2018 publié au journal officiel de la République Française le 17 juillet 2018, de M. A C, directeur général des finances publiques, et était, en cette qualité, compétent pour signer au nom du ministre de l'action et des comptes publics tous les actes relatifs aux affaires du bureau placé sous son autorité, au nombre desquels figurent notamment les décisions relatives aux demandes d'agrément fiscal. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée refusant à la société requérante le bénéfice d'un agrément fiscal émanerait d'une autorité incompétente ne peut qu'être écarté. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, comme le soutient la société requérante que le ministre se serait senti tenu par les avis rendus du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), alors qu'il les a simplement repris à son compte, de sorte que le moyen tiré de ce que le ministre aurait méconnu l'étendue de sa compétence doit être écarté.

6. La société requérante soutient en outre que le ministre de l'action et des comptes publics aurait méconnu les dispositions de la loi organique du 19 mars 1999 dans la mesure où l'Etat français n'est pas compétent en matière de réglementation des implantations d'établissements de spectacles cinématographiques, et qu'ainsi aucune autorisation d'exploitation cinématographique n'est requise en Nouvelle-Calédonie. Toutefois, la décision d'agrément fiscal n'ayant pour objet que d'autoriser une réduction d'impôt pour des investissements outre-mer et non de donner une autorisation d'implantation pour un établissement cinématographique, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

7. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

8. Par un courrier du 19 novembre 2018, le ministre de l'action et des comptes publics a indiqué qu'il envisageait de donner une suite défavorable à la demande de délivrance d'un agrément à la société requérante et l'a invitée à saisir la commission consultative prévue par les dispositions du 2. du III de l'article 217 undecies du code général des impôts. Par courrier du 6 février 2019 postérieur à l'avis négatif rendu par cette commission le 20 janvier 2019, il a pris une décision de refus de délivrance de l'agrément sollicité. La société requérante soutient que le ministre, qui a clairement indiqué l'impossibilité de prévoir deux projets de construction de cinéma dans l'agglomération du grand Nouméa dans sa décision du 6 février 2019, doit être regardé comme ayant en réalité pris sa décision de refus de délivrer l'agrément fiscal à la société requérante dès le 19 novembre 2019, soit avant de recueillir l'avis de la commission consultative, dès lors qu'il a le même jour accordé l'agrément sollicité à la société concurrente KTR. Cette situation fait ainsi apparaitre que le ministre n'entendait pas tenir compte de l'avis à venir de la commission consultative. Toutefois, dès lors que la commission consultative a été régulièrement consultée et a rendu un avis motivé avant que le ministre ne prenne la décision de refus d'agrément contesté, cette illégalité n'a pas été de nature à priver la société requérante d'une garantie. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure.

9. La société requérante fait valoir que l'examen de la demande d'agrément fiscal par l'administration n'a pas été faite au regard des conditions fixées par le III de l'article 217 undecies du code général des impôts mais sur des motifs liés à l'aménagement cinématographique du territoire. Si l'administration a procédé à un examen de deux projets concurrents en matière d'implantation cinématographique, l'un au Mont-Dore et l'autre à Dumbéa, et a retenu que celui présenté par la société KTR présentait un intérêt supérieur à celui de la société requérante, il a mené cet examen au vu des critères de l'intérêt économique et de la garantie des investisseurs prévus par le III de l'article 217 undecies du code général des impôts. Le moyen tiré du détournement de procédure doit dès lors être écarté.

10. La société requérante soutient enfin que le refus d'agrément qui lui a été opposé est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que son projet répondait parfaitement au critère de l'intérêt économique. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet de la société requérante portait sur une création de 1012 places alors que le centre national de la cinématographie (CNC) avait estimé dans un avis du 6 novembre 2017 le besoin de création entre 1500 et 2000 places. Par ailleurs, l'offre cinématographique de la SARL SECH restait similaire à celle du cinéma Cinécity, déjà existant en centre-ville alors qu'il n'est pas contesté que les spectateurs calédoniens n'ont accès qu'à 20 % de l'offre disponible en métropole, et ne permettait ainsi pas de répondre à un besoin de diversité. Enfin, l'emplacement du complexe cinématographique prévu dans la commune du Mont-Dore s'inscrivait certes dans une politique d'aménagement du territoire, mais à moyen terme uniquement. La réorganisation du réseau de transports collectifs prévoyait, à cet égard, de mettre en place une ligne de bus à haut niveau de service pour la commune de Dumbéa dès septembre 2019 et uniquement vers 2025/2030 pour la commune du Mont-Dore où devait se situer le projet de la société requérante. Dès lors, le moyen tiré de ce que le ministre aurait entaché sa décision de refus d'agrément d'une erreur d'appréciation doit être écarté.

11. Il ressort de tout ce qui précède que SARL SECH n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 6 février 2019, portant refus d'agrément. Ses conclusions à fin d'annulation doivent ainsi être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Société d'exploitation des cinémas Hickson et au ministre de l'action et des comptes publics.

Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Pilven, premier conseiller,

M. Briquet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le rapporteur,

J-E. PILVEN Le président,

D. SABROUXLa greffière de chambre,

J. LAGOURDE

cb

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