jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200388 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | JOANNOPOULOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 octobre 2022 et le 27 janvier 2023, la province Sud demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-013150/GNC-Pr du 11 août 2022, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a prononcé la sanction du déplacement d'office à l'encontre de Mme B A ;
2°) d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, à titre principal de procéder à la révocation de Mme B A, à titre subsidiaire de prononcer à nouveau une sanction à l'encontre de celle-ci après une nouvelle instruction ;
3°) de prononcer, en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, la suppression des passages injurieux et diffamatoires du mémoire en défense présenté par Mme A le 12 décembre 2022.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la Nouvelle-Calédonie n'a pas réuni le conseil de discipline dans le délai requis par les articles 64 et 65 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953, ni ne lui a transmis de copie de l'avis rendu ;
- le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a commis une erreur d'appréciation dans le choix du degré de gravité de la sanction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2022, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de la province Sud.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2022, Mme B A conclut au rejet de la requête de la province Sud, et demande la suspension de l'exécution de l'arrêté n° 2022-013150/GNC-Pr du 11 août 2022.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 ;
- la délibération n° 338 du 13 décembre 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 février 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme D, représentant la province Sud et de Mme C, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. La province Sud a sollicité la révocation de Mme B A, assistante socio-éducatif du cadre socio-éducatif de la Nouvelle-Calédonie exerçant en tant qu'assistante sociale au sein de la direction provinciale des affaires sanitaires et sociales, en raison des multiples manquements qui lui étaient reprochés. Elle n'a toutefois pas obtenu satisfaction, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, seul investi du pouvoir disciplinaire, ayant par un arrêté n° 2022-013150/GNC-Pr du 11 août 2022 choisi de prononcer la sanction du déplacement d'office à l'encontre de Mme A au titre desdits manquements. La province Sud demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 56 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires des cadres territoriaux : " Les sanctions disciplinaires sont : / a) l'avertissement, / b) le blâme, / c) la radiation du tableau d'avancement, / d) le déplacement d'office, / e) l'abaissement d'échelon, / f) la rétrogradation, / g) la révocation sans suspension des droits à pension, / h) la révocation avec suspension des droits à pension. / Il existe en outre, une sanction disciplinaire qui est l'exclusion temporaire de fonction pour une durée qui ne peut excéder 6 mois. Cette sanction est privative de toute rémunération. / () ". Aux termes de son article 57 : " Le pouvoir disciplinaire appartient au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ou le maire. ".
3. Aux termes de l'article 10 de la délibération n° 338 du 13 décembre 2007 portant statut particulier du cadre des personnels socio-éducatifs de la Nouvelle-Calédonie : " Les assistants socio-éducatifs exercent des fonctions visant à aider les personnes, les familles ou les groupes connaissant des difficultés sociales, à restaurer leur autonomie et à faciliter leur insertion. Dans le respect des personnes, ils recherchent les causes qui compromettent leur équilibre psychologique, économique ou social. Ils conçoivent et participent à la mise en œuvre des projets socio-éducatifs de la collectivité territoriale ou de l'établissement public dont ils relèvent. / Ils peuvent être chargés, en collaboration avec les équipes soignantes, éducatives et pédagogiques, de l'éducation et de l'encadrement des personnes et des enfants handicapés, inadaptés, en danger d'inadaptation ou en difficulté d'insertion. / Selon leur formation, ils exercent plus particulièrement leurs fonctions, en partenariat avec les acteurs institutionnels et sociaux, dans l'une des spécialités suivantes : / - assistant de service social : ils ont pour mission de conseiller, d'orienter et de soutenir les personnes et les familles connaissant des difficultés sociales, de les aider dans leurs démarches et d'informer les services dont ils relèvent pour l'instruction d'une mesure d'action sociale. Ils apportent leur concours à toute action susceptible de prévenir les difficultés sociales ou médico-sociales rencontrées par la population et d'y remédier ; / () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'il est reproché à Mme A d'avoir eu de nombreuses absences injustifiées, de ne pas avoir mené ses permanences jusqu'à leur terme, d'avoir menti en prétendant se rendre à des réunions qui étaient en réalité fictives et en surévaluant nettement le nombre de personnes qu'elle recevait dans le rapport de ses activités ainsi que dans le logiciel de gestion dédié à cet effet, faisant état de plus de 90 personnes reçues par mois contre 50 en moyenne pour ses collègues, et de ne pas avoir apporté aux personnes et familles vulnérables dont elle avait la charge l'accompagnement et le suivi dont elles avaient besoin, en ne leur accordant à chacune que cinq à dix minutes dans l'unique but de quitter son poste tous les jours à 10H45. Ces manquements, dont la matérialité est reconnue par la Nouvelle-Calédonie et qui ne sont pas sérieusement contestés par Mme A, laquelle ne fait état dans ses écritures que des difficultés relationnelles et d'un harcèlement dont elle aurait fait par ailleurs l'objet, doivent être regardés comme établis. Contraires aux devoirs de probité et de loyauté pesant sur l'intéressée, ils ont ici rompu toute relation de confiance entre Mme A et la province Sud. Leur gravité est par ailleurs accrue par le fait qu'ils préjudiciaient directement aux personnes et familles connaissant des difficultés sociales dont Mme A avait la charge et allaient ainsi totalement à l'encontre des missions d'aide et de soutien dévolues aux assistants de service social. Enfin, ils ne pouvaient être justifiés par les difficultés relationnelles rencontrées par Mme A, ni par le harcèlement dont elle se prévaut, à supposer même celui-ci établi. Dans ces conditions, la province Sud est fondée à soutenir qu'en ne retenant qu'un déplacement d'office, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a commis une erreur d'appréciation dans le choix du degré de gravité de la sanction. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen, tiré du vice de procédure qui était soulevé, l'acte attaqué doit être annulé.
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation prononcée au point précédent implique que le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie prenne à nouveau une décision à l'encontre de Mme A, après une nouvelle instruction. Il y a lieu d'enjoindre à la Nouvelle-Calédonie de procéder à un tel réexamen, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
7. Les conclusions à fin de suspension qui ont été présentées à titre reconventionnel par Mme A, outre qu'elles sont irrecevables, sont en tout état de cause privées de tout objet du fait de l'annulation de l'arrêté n° 2022-013150/GNC-Pr du 11 août 2022 dont la suspension était demandée. Elles ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
8. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.
9. Les passages du mémoire de Mme A dont la suppression est demandée par la province Sud n'excèdent pas les limites de la controverse qui peut être admise de la part des parties dans le cadre d'une procédure contentieuse. Les conclusions tendant à leur suppression doivent par suite être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2022-013150/GNC-Pr du 11 août 2022, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a prononcé la sanction du déplacement d'office à l'encontre de Mme B A, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de prendre à nouveau une décision à l'encontre de Mme B A, après une nouvelle instruction, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la province Sud, à la Nouvelle-Calédonie, et à Mme B A.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026