jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200415 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | HACHEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2022, M. B D, Mme E C, et la société civile immobilière (SCI) LMZNew, représentés par Me Hachem, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022/246-DE du 29 mars 2022, par lequel la maire de Nouméa a délivré à la société à responsabilité limitée (SARL) Patrimonium Immobilier un permis de construire en vue de la réalisation d'un bâtiment R+3+attique composé de 28 logements et de commerces sur le lot n° 198 du lotissement Blanchot, situé au 40 route du port Despointes, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'ils ont formé le 21 juillet 2022 à l'encontre de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nouméa et de la SARL Patrimonium Immobilier une somme de 5 000 euros assortie des intérêts aux taux légal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté du 29 mars 2022 est entaché de vice de procédure, dès lors que le service local d'incendie et de secours, consulté le 8 mars 2022, aurait dû être consulté à nouveau à la suite du dépôt de pièces complémentaires du 23 mars 2022, par application de l'article PS. 221-40 du code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie ;
- le dossier de demande, qui ne répondait pas aux exigences posées par articles PS. 221-11, PS. 221-13, PS. 221-15, et PS. 221-17 du code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie, était incomplet et insuffisant ;
- le projet méconnaît les règles de prospect instituées par l'article UB1 7 du plan d'urbanisme directeur de Nouméa.
Par un mémoire, enregistré le 11 février 2023, Mme C déclare se désister de son action, tandis que M. D et la SCI LMZNew concluent aux mêmes fins que dans la requête.
Ils soutiennent en outre que :
- le permis de construire en litige a également été délivré en méconnaissance de l'article 15 1.2 du règlement du plan d'urbanisme directeur de Nouméa, des articles UB1 13 et 15 de ce plan d'urbanisme, de son article UB1 7, de son article 17, et de son article UB1 6 ;
- les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la SARL South Cross Promotion sont irrecevables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, la commune de Nouméa conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, du fait de sa tardiveté et d'un défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 janvier et le 3 février 2023, la SARL Patrimonium Immobilier, représentée par Me Pieux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 250 000 francs CFP soit solidairement mise à la charge de M. D, de Mme C, et de la SCI LMZNew, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des interventions, enregistrées le 11 janvier et le 3 février 2023, la SARL South Cross Promotion, représentée par Me Pieux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 250 000 francs CFP soit solidairement mise à la charge de M. D, de Mme C, et de la SCI LMZNew, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 février 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A représentante de la commune de Nouméa et de Me Pieux avocat de la SARL Patrimonium Immobilier et de la SARL South Cross Promotion.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2022/246-DE du 29 mars 2022, par lequel la maire de Nouméa a délivré à la SARL Patrimonium Immobilier un permis de construire en vue de la réalisation d'un bâtiment R+3+attique composé de 28 logements et de commerces sur le lot n° 198 du lotissement Blanchot, situé au 40 route du port Despointes, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'ils ont formé le 21 juillet 2022 à l'encontre de cet arrêté.
Sur le désistement de Mme C :
2. Par un mémoire enregistré le 11 février 2023, Mme C a déclaré se désister de son action. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la tardiveté de la requête :
3. Aux termes de l'article R. 600-2 du code l'urbanisme, applicable de plein droit en Nouvelle-Calédonie conformément au 6° de l'article 6-2 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code, lui aussi applicable de plein droit en Nouvelle-Calédonie : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. / () ". Aux termes de son article A. 424-15 : " L'affichage sur le terrain du permis de construire, d'aménager ou de démolir explicite ou tacite ou l'affichage de la déclaration préalable, prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis ou du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres. ". Aux termes de son article A. 424-16 : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; / b) Si le projet porte sur un lotissement, le nombre maximum de lots prévus ; / c) Si le projet porte sur un terrain de camping ou un parc résidentiel de loisirs, le nombre total d'emplacements et, s'il y a lieu, le nombre d'emplacements réservés à des habitations légères de loisirs ; / d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir. ". Aux termes de son article A. 424-17 : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ". Aux termes de son article A. 424-18 : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des constats d'huissier des 7 avril 2022, 16 mai 2022, et 8 juin 2022 qui sont produits par la SARL Patrimonium Immobilier, que le permis de construire en litige a donné lieu, depuis au moins le 7 avril 2022 et pendant une période continue de plus de deux mois, à un affichage sur le terrain lisible de la voie publique et contenant l'ensemble des informations requises par les articles R. 424-15, A. 424-16 et A. 424-17 du code de l'urbanisme, et notamment la mention des délais de recours. La circonstance, quant à elle, que la hauteur ne soit pas exprimée en chiffres et n'a donné lieu qu'à l'indication " R+3+ATTIQUE m ", n'a pas fait obstacle au déclenchement du délai de recours, dès lors que l'imprécision ainsi commise n'empêchait pas les tiers, qui connaissaient du fait de cette indication le nombre de niveaux projeté, d'apprécier l'importance et la consistance du projet. Par suite, le délai de recours contentieux de deux mois a ici commencé à courir le 7 avril 2022 à l'égard des requérants. Expirant le 8 juin 2022, il n'a pu être prorogé par le recours gracieux formé par ces derniers le 21 juillet 2022. Dans ces conditions, la SARL Patrimonium Immobilier est fondée à soutenir que la requête, déposée le 24 novembre 2022, est tardive. Cette dernière doit en conséquence être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la SARL Patrimonium Immobilier présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ni à celles formulées au même titre par la SARL South Cross Promotion, laquelle n'a en tout état de cause pas la qualité de partie à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme C.
Article 2 : La requête de M. D et de la SCI LMZ New est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la SARL Patrimonium Immobilier et de la SARL South Cross Promotion présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Mme E C, à la SCI LMZNew, à la commune de Nouméa, à la SARL Patrimonium Immobilier, et à la SARL South Cross Promotion.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
B. BRIQUETLe président,
D. SABROUXLe greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026