jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-1900146 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ETIENNE NOEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées le 5 février 2019 et le 27 février 2023, M. B A, représenté par Me Noël, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation ;
2°) de condamner le Garde des Sceaux à lui verser la somme de neuf mille trois cents euros (9 300,00 €) se décomposant comme suit : • Six mille trois cents euros (6 300,00 €) à titre de dommages-intérêts en indemnisation de son préjudice moral ; • Trois mille euros (3 000 €) à titre de dommages-intérêts en indemnisation de son préjudice corporel ;
3°) de condamner le Garde des Sceaux à lui verser la somme de mille cinq cents euros (1 500 €) en application de l'article L. 761-1 du Code de la justice administrative ;
4°) de lui donner acte, d'une part, qu'il a déposé un dossier d'aide juridictionnelle et, d'autre part, dans l'hypothèse où le Garde des Sceaux serait condamné à lui verser la somme de 1 500,00 € en application de l'article L. 761-1 du Code de la justice administrative, il renoncerait à l'indemnité d'aide juridictionnelle, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) de condamner l'État aux entiers dépens.
Il soutient :
- L'établissement pénitentiaire de Baie-Mahault n'assure pas le maintien de conditions d'incarcération assurant le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ;
- Il ne " bénéficiait " que d'une surface largement inférieure à 3 m² en guise d'espace disponible au sein des cellules occupées, ce qui constitue un traitement inhumain et dégradant au sens de l'article 3 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme ;
- Il a été contraint de dormir à même le sol pendant toute son incarcération au Centre pénitentiaire de Baie-Mahault ;
- Les toilettes et les douches ne préservaient pas son intimité ;
- Son état de santé n'était pas compatible avec sa détention ;
- Cet établissement est en surpopulation permanente ;
- Il n'a pas bénéficié d'activités culturelles et professionnelles ;
- Les préjudices sont avérés.
Une mise en demeure a été adressée au ministère de la justice en date du 28 décembre 2022, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugements des tribunaux peuvent, par ordonnance, rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
2. M. A, né le 3 septembre 1974 à Pointe-à-Pitre, a été incarcéré au quartier " maison d'arrêt " du centre pénitentiaire de Baie-Mahault du 4 mars 2015 au 22 septembre 2016. Il a occupé, au 1er étage du quartier " MA2 SUD ", la cellule n° 50 avec deux autres détenus. Il soutient que la séparation entre les personnes condamnées et les personnes prévenues n'y était pas respectée et qu'il a été contraint de dormir sur un matelas à même le sol, en face des toilettes, lesquelles n'étaient pas séparées du reste de la pièce par une cloison, rajoutant que le matelas " était dans un très mauvais état " et que ses conditions d'incarcération ont aggravé son état de santé, lui provoquant des douleurs lombaires. Il demande au final de condamner le ministre de la justice de l'indemniser de ses préjudices moraux et corporels.
3. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A ne place pas le juge en capacité d'apprécier la dégradation de son état de santé dans la mesure où il ne produit aucune pièce médicale antérieure à son incarcération qui aurait permis de comparer son état de santé ab initio avec celle consécutive à son incarcération, les certificats médicaux produits ne permettant pas de le déduire, le certificat médical du 24 février 2016 indiquant même " que le traitement (prescrit) est purement conservateur ".
4. La requête de M. A ne comportant que des moyens en lien avec la dégradation supposée de son état de santé, par conséquent ils ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, la requête doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au ministre de la justice.
Fait à Basse-Terre, le 9 mars 2023.
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La République mande et ordonne au préfet de Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026