jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mai 2021et le 16 décembre 2021, Mme A, représenté par Maître Aurélie Bel, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre le 17 novembre 2020 par le comptable public du service des impôts des particuliers de Grande Terre en vue du recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2015 à 2019 à hauteur de 5 264 euros (en droits et pénalités) ;
3°) de lui restituer la somme de 424 euros prélevée sur son compte bancaire, au titre des provisions et des frais bancaires, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par acte du 25 mai 2016 enregistré au greffe du tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre le 14 juin 2016, elle a renoncé à la succession de M. C A et de Mme D A ;
- elle n'est donc pas redevable de la quote-part sur le bien indivis situé 7 résidence les seuils, le Raizet aux Abymes (97139).
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 décembre 2021 et le 3 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'acte de renonciation de Mme A à la succession de ses parents est opposable à l'administration ;
- la requérante n'est pas redevable des impositions qui lui sont réclamées ;
- les poursuites se sont avérées infructueuses et aucune somme n'a été prélevée sur les comptes bancaires de la requérante.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme A a été rejetée par une décision du 4 juin 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique : le rapport de M. Gouès, président.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le comptable public du service des impôts des particuliers de Grande-Terre a émis à l'encontre de Mme A une saisie administrative à tiers détenteur le 17 novembre 2020 en vue du recouvrement de la somme de 5 264 euros correspondant à des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, au titre des années 2015 à 2019, à raison du bien indivis situé 7 résidence Les Seuils, le Raizet aux Abymes (97139). En l'absence de réponse à sa réclamation préalable datée du 18 janvier 2021, Mme A, demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme précitée résultant de la saisie administrative à tiers détenteur et d'enjoindre à l'administrative de lui restituer les sommes appréhendées sur son compte bancaire.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales : " Les dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables d'impôts, de pénalités et de frais accessoires () sont tenus, sur la demande qui leur en est faite sous forme d'avis à tiers détenteur notifié par le comptable chargé du recouvrement, de verser, aux lieu et place des redevables, les fonds qu'ils détiennent ou qu'ils doivent, à concurrence des impositions dues par ces redevables () ". Aux termes de l'article L. 263 de ce livre: " L'avis à tiers détenteur a pour effet d'affecter, dès réception, les sommes dont le versement est ainsi demandé au paiement des impositions privilégiées () Il comporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution () ". Enfin, aux termes de l'article L. 274 du même livre : " Les comptables des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. ".
3. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 262 et L. 263 du livre des procédures fiscales que l'effet d'un avis à tiers détenteur, qui est le transfert à l'Etat de la propriété de la créance du contribuable, s'exerce et s'épuise dès sa notification au tiers détenteur.
4. Il résulte de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas contesté par Mme A, que la saisie administrative à tiers détenteur du 17 novembre 2021 adressée à la BNP est demeurée infructueuse. Ainsi, cet avis n'a jamais eu d'effet sur le recouvrement des impositions litigieuses et la poursuite éventuelle de leur recouvrement auprès de ce tiers nécessitait la notification d'un nouvel avis. Dès lors, Mme A est sans intérêt et, par suite, irrecevable à demander la décharge de l'obligation de payer la somme résultant de la saisie administrative à tiers détenteur précitée.
Sur les conclusions tendant à la restitution :
5. Comme il a été dit au point 4, la saisie administrative à tiers détenteur est revenue sans provision. Il n'y a pas lieu d'enjoindre à l'administration fiscale de procéder au remboursement des sommes que la requérante estime avoir été appréhendées en exécution de la saisie administrative à tiers détenteur du 17 novembre 2020. Si la requérante entendait demander le remboursement des frais bancaires générés par la saisie administrative à tiers détenteur soit la somme de 424,26 euros, il résulte de l'instruction que ces conclusions n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable et sont donc irrecevables.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A est rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le président,
Signé :
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHELa greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026