jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101117 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DE CONTI.AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2021 et le 1er septembre 2022 sous le n° 2101117, la SARL MBJ, représentée par Me Beulque, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution du crédit d'impôt pour investissement productif outre-mer au titre de l'année 2018, pour un montant de 46 884 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée a été signée par une personne qui n'en avait pas la compétence ;
- en vertu de l'article L. 80 du livre des procédures fiscales et du principe de sécurité juridique, elle peut se prévaloir de ce que, par courrier du 10 juillet 2013, l'administration fiscale a indiqué que, " sous réserve qu'ils ne produisent pas d'électricité, les capteurs solaires thermiques destinés à assurer le chauffage direct de locaux ou leur climatisation constituent des investissements éligibles à l'aide fiscale " ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'installation des chauffe-eaux vendus par la société MBJ chez les " utilisateurs finaux " démontre leur exploitation personnelle et commerciale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les chauffe-eaux solaires ont été effectivement installés et mis en service auprès des particuliers ;
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée n'est pas fondé.
Par ordonnance du 25 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 juin 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021 sous le n° 2101147, la SARL MBJ, représentée par son gérant M. C D, demande au tribunal de prononcer la restitution du crédit d'impôt pour investissement productif outre-mer au titre de l'année 2018, pour un montant de 46 884 euros.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la société est éligible au crédit d'impôt.
La requête a été communiquée, le 12 octobre 2021, au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe qui n'a pas produit d'observations.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête dès lors que le délai prévu par l'article R. 196-1, c), du livre des procédures fiscales était expiré lorsque la SARL MBJ a présenté sa réclamation préalable le 27 juillet 2021.
Par ordonnance du 10 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier, rapporteur public,
- et les observations de Me Beulque, représentant la SARL MBJ pour la requête n° 2101117.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL MBJ, qui exerce, depuis 2018 et, entre autres, une activité de pose de chauffe-eaux solaires, a, par courriers du 2 avril 2020 et du 27 juillet 2021, demandé la restitution du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer au titre de l'année 2018 pour un montant de 46 884 euros. Par des décisions des 16 et 27 juillet 2021, l'administration fiscale a rejeté ces demandes. Par des requêtes nos s 2101117 et 2101147, la société MBJ demande de prononcer la restitution du crédit d'impôt sollicité.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos s 2101117 et 2101147, qui concernent la même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur la requête n° 2101117 :
En ce qui concerne le bien-fondé de la demande de restitution du crédit d'impôt pour investissement productif outre-mer au titre de l'année 2018
3. Aux termes de l'article 244 quater W du code général des impôts, dans sa version en vigueur du 1er janvier au 31 décembre 2018 : " I. - 1. Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A et 44 duodecies à 44 sexdecies, exerçant une activité () commerciale () relevant de l'article 34, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs qu'elles réalisent dans un département d'outre-mer pour l'exercice d'une activité ne relevant pas de l'un des secteurs énumérés aux a à l du I de l'article 199 undecies B. / () 3. Le crédit d'impôt est également accordé aux entreprises qui exploitent dans un département d'outre-mer des investissements mis à leur disposition dans le cadre d'un contrat de location avec option d'achat () sous réserve du respect des conditions suivantes :/ a) Le contrat de location ou de crédit-bail est conclu pour une durée au moins égale à cinq ans ou pour la durée normale d'utilisation du bien loué si elle est inférieure ; / b) Le contrat de location ou de crédit-bail revêt un caractère commercial ; / c) L'entreprise locataire () aurait pu bénéficier du crédit d'impôt prévu au 1 si elle avait acquis directement le bien. / () II. - 1. Le crédit d'impôt est assis sur le montant, hors taxes et hors frais de toute nature, notamment les commissions d'acquisition, à l'exception des frais de transport, d'installation et de mise en service amortissables, des investissements productifs, diminué de la fraction de leur prix de revient financée par une aide publique. / Pour les projets d'investissement comportant l'acquisition, l'installation ou l'exploitation d'équipements de production d'énergie renouvelable, ce montant est pris en compte dans la limite d'un montant par watt installé, fixé par arrêté conjoint des ministres chargés du budget, de l'énergie, de l'outre-mer et de l'industrie pour chaque type d'équipement. Ce montant prend en compte les coûts d'acquisition et d'installation directement liés à ces équipements. / () III. - Le taux du crédit d'impôt est fixé à : / () 2° 35 % pour les entreprises et les organismes soumis à l'impôt sur les sociétés. / () IV. - 1. Le bénéfice du crédit d'impôt prévu au 1 du I est accordé au titre de l'année au cours de laquelle l'investissement est mis en service. "
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'entre le 23 janvier et le 11 juillet 2018, la société MBJ a conclu avec cinquante-trois particuliers des contrats de location avec option d'achat, pour une durée de 60 mois, ayant pour objet la fourniture et installation sur toiture de chauffe-eaux solaires, pour un montant total de 133 956 euros hors taxes. Il est constant que le schéma d'investissement de la société requérante répond aux exigences de l'article 244 quater W du code général des impôts. L'administration fiscale fait valoir que la société MBJ n'a produit aucune preuve de la mise en service des chauffe-eaux solaires au cours de l'année 2018. Si la société requérante a produit les cinquante-trois contrats utilisateurs et les procès-verbaux d'installation correspondants, attestant de la pose et de la mise en service des chauffe-eaux solaires chez ses clients, deux des procès-verbaux versés, concernant deux chauffe-eaux solaires de 200 litres d'une valeur unitaire de 2 750 euros hors taxe, installés chez M. B et M. A, ne sont pas datés. La société MBJ ne justifie ainsi pas, pour ces deux chauffe-eaux, de leur installation et mise en service au cours de l'année 2018.
5. Il résulte de ce qui précède que le taux de 35 % du crédit d'impôt doit être appliqué au montant de 133 956 euros diminué de la valeur des deux chauffe-eaux pour lesquels la preuve d'installation n'est pas rapportée, à savoir 5 500 euros. Ainsi, la société MBJ est seulement fondée à demander la restitution du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer au titre de l'année 2018 à hauteur de 44 959 euros et 60 centimes.
En ce qui concerne les frais liés au litige
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la requête n° 2101147 :
7. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / () c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. "
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'événement motivant la demande de restitution de crédit d'impôt de la SARL MBJ, à savoir la location et l'installation de chauffe-eaux solaires chez des particuliers, a eu lieu en 2018. Par suite, la réclamation contentieuse adressée le 27 juillet 2021 par la société requérante à l'administration fiscale et reçue le même jour est tardive, et la requête n° 2101147 doit être rejetée comme irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à la SARL MBJ la restitution de la somme de 44 959 euros et 60 centimes, au titre du crédit d'impôt pour investissement productif outre-mer pour l'année 2018.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à la SARL MBJ au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La requête n° 2101147 est rejetée.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la SARL MBJ et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère
Mme Sollier, conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIERLe président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
N°s 2101117 et 2101147
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026