jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101156 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CORDOLIANI FRANCIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2021 et le 8 juin 2022, la SCI Elmira , représentée par Me Cordoliani , demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 316 543 euros correspondant aux cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2007 à 2016 à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire situé 22 cours Nolivos à Basse-Terre (97100) ;
2°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâtis mises à sa charge au titre des années 2017 à 2020 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de produire la copie des fiches de calcul de la valeur cadastrale et tous autres éléments utiles au litige ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
La société requérante soutient que :
- pour les cotisations de taxe foncière, au titre des années 2007 à 2016, la prescription lui est acquise en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ; la lettre de relance du 2 décembre 2020, ne peut être regardée comme un acte de poursuite ; l'administration ne justifie pas de l'envoi d'un acte régulier interruptif de la prescription ; la prescription peut être soulevée même en l'absence d'actes de poursuite ;
- pour les cotisations, au titre des années 2017 à 2020, la procédure de rehaussement des bases d'imposition prévue par l'article 1508 du code général des impôts est irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été mis à même de présenter ses observations ; l'administration a méconnu les dispositions de l'article 1508 du code général des impôts dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de comprendre le redressement, de le refuser ou de l'accepter, ou de présenter des observations avant l'établissement des rôles ; la valeur locative retenue par l'administration est erronée dès lors que le rez-de-chaussée de l'immeuble a été vendu en 2003, que les trois autres niveaux sont entièrement vides, sans aménagement, sans eau ni électricité, et nécessitent d'importants travaux de remise en état.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable car la contestation, intervenue au-delà du délai de deux mois prévu à l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales, est tardive ;
- en tant qu'elle vise les lettres de relance adressée le 2 décembre 2020 à Mme A, elle est également irrecevable car cette relance ne constitue pas un acte de poursuite pouvant faire l'objet d'une contestation en vertu de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ;
- les autres moyens soulevés par la SCI Elmira ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, associée de la SCI Elmira, a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à hauteur de 25 % de sa quote-part dans le capital de la société, à raison de ses immeubles situés à Basse-Terre. Elle s'est vu notifier des lettres de relance en date du 2 décembre 2020 pour le paiement de ses cotisations au titre des années 2007 à 2017. Par une réclamation du 3 mai 2021, elle a, d'une part, contesté l'exigibilité des sommes qui lui sont réclamées au titre des années 2007 à 2017 et d'autre part elle a contesté le bien-fondé des impositions établies au titre des années 2017 à 2020. Par décision du 12 août 2021, l'administration a rejeté sa demande. Par la présente requête, la SCI Elmira sollicite la décharge de l'obligation de payer la somme de 316 543 euros et la décharge des cotisations mises à sa charge au titre des années 2017 à 2020 à hauteur de 127 724 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du même livre : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / b) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; / c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. () ". Aux termes de l'article L. 257-0 B du même livre : " 1. La mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257-0 A est précédée d'une lettre de relance lorsqu'aucune autre défaillance de paiement n'a été constatée pour un même contribuable au titre d'une même catégorie d'impositions au cours des trois années précédant la date limite de paiement ou la date de mise en recouvrement de l'imposition dont le recouvrement est poursuivi. () 2. Lorsque la lettre de relance prévue au 1 n'a pas été suivie de paiement et en l'absence d'une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement formulée dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 277, le comptable public compétent peut, à l'expiration d'un délai de trente jours suivant sa notification, adresser une mise en demeure de payer. Dans ce cas, le comptable public compétent peut engager des poursuites à l'expiration d'un délai de huit jours suivant la notification de la mise en demeure de payer. ".
3.Il résulte de l'instruction que la SCI Elmira a, par courrier du 3 mai 2021, présenté auprès du service des impôts des particuliers de Sud Basse-Terre, une demande contestant l'exigibilité de la créance d'un montant de 88 862,50 euros dont elle a été informée par une lettre de relance du 2 décembre 2020, en se prévalant des dispositions de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales. Toutefois, à supposer qu'une telle demande puisse être regardée comme une réclamation relative au recouvrement, une lettre de relance ne constitue pas un acte de poursuite susceptible de contestation au sens des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Par suite, les conclusions relatives à la décharge de l'obligation de payer les sommes réclamées par les lettres de relance du 26 février 2020 sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense doit dès lors être accueilli.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
4. Aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. () ". L'article 1415 de ce code établit que : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". L'article 1508 du même code dispose : " Les rectifications pour insuffisances d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502, font l'objet de rôles particuliers jusqu'à ce que les bases rectifiées soient prises en compte dans les rôles généraux () ".
5. Le respect du principe général des droits de la défense exige, lorsqu'une imposition est assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, que l'administration n'établisse, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir mis à même de présenter ses observations. L'administration doit, notamment, s'acquitter de cette obligation lorsqu'elle procède, en application des dispositions de l'article 1508 du code général des impôts, au redressement des bases de la taxe foncière sur les propriétés bâties d'un contribuable pour insuffisance d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502 de ce code, avant d'établir la première cotisation de taxe affectée par ce redressement. En revanche, elle n'y est pas tenue lorsque, sans remettre en cause aucun élément qu'il aurait incombé au redevable de déclarer, elle prend en compte les bases retenues au titre de l'année précédente qu'elle reconduit sans changement.
6. En l'espèce, les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties en litige sont des impositions primitives et ne résultent d'aucune rectification. Dans ces conditions, l'administration n'était dès lors pas tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de mettre à même la SCI Elmira de présenter ses observations. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est inopérant et doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
7. La société requérante conteste le bien-fondé des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2017 à 2020 et se prévaut de ce que l'administration n'a pas pris en compte la vente en 2003 d'une partie de l'immeuble litigieux ainsi que son état de dégradation. Toutefois, elle ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de la vente du bien objet de l'imposition et de la vétusté du bien. Il résulte de l'instruction notamment des déclaration n°6660-REV-K que les locaux 971 105 0137590D, 971 105 0137591Z, 971 105 0137592V, ont été classés en MAG4 par la société requérante. Il s'en suit que c'est à bon droit que l'administration a imposé la SCI Elmira à la taxe foncière sur les propriétés bâties, au titre des années 2017 à 2020, à raison de ses immeubles.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI Elmira doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Elmira est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SCI Elmira et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le président-rapporteur,
Signé :
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHE
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026