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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101289

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101289

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101289
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET LONJON ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2021, la société Jarry Confort, représentée par le Cabinet Lonjon et Associés , demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 2020, sous déduction des dégrèvements partiels déjà prononcés par l'administration, à raison de l'immeuble situé 1 rue Henry Becquerel à Baie-Mahault (97122) soit la somme de 12 005 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- la valeur locative cadastrale retenue par l'administration pour le calcul de la taxe foncière est erronée au regard de la superficie de chacun des locaux et de la superficie totale prises en compte, de la détermination des superficies pondérées, du changement de consistance des locaux et du local de référence retenu pour certains d'entre eux ;

- la superficie réelle des locaux est de 3 421,49 m² alors que l'administration a retenu une superficie réelle de 3 797,15 m²;

- elle n'a pas eu connaissance d'une visite des locaux par un géomètre du cadastre, elle n'a pas établi de nouvelles déclarations n°6660 REV-K et elles ne peuvent donc être prises en compte ;

- les coefficients de pondération utilisées par l'administration doivent être appliqués aux surfaces réelles relevées par elle et son architecte ;

- s'agissant du coefficient de pondération des cuisines, ces derniers présentant le caractère d'arrière-boutique constituant un élément de l'exploitation appréciable, un coefficient de pondération de 0,5 doit être appliqué ;

- la superficie pondérée totale est de 2 536 m² au lieu de 3 645,99 m² retenue par l'administration ;

- pour les locaux occupés par les restaurants Fusion et Yoshi, le local anciennement occupé par les affaires maritimes, par l'école de prévention et de civisme, Sequopa, Scann Car et Pneus Car, le local-type retenu est erroné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- par décision du 20 novembre 2020, il a tiré les conséquences des modifications apportées par la société requérante et il a prononcé les dégrèvements partiels en résultant au titre des cotisations de taxe foncière des années 2017, 2018, 2019 et 2020 pour les montants respectifs de 12 715 euros, 12 475 euros, 12 630 et 12 478 euros ;

- la valeur locative 1975 retenue par l'administration est inférieure à celle proposée et la surface réelle supérieure à celle sollicitée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gouès,

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La société Jarry Confort a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties, au titre de l'année 2020 d'un montant de 59 002 euros, à raison de ses immeubles situés rue Henry Becquerel à Baie-Mahault. Par une réclamation en date du 25 février 2021, elle a sollicité auprès des services des impôts des particuliers de Nord Basse-Terre un dégrèvement partiel. Par une décision du 20 novembre 2020, sa demande a été admise partiellement et l'administration lui a accordé un dégrèvement partiel d'un montant de 12 478 euros. Par la présente, elle sollicite une réduction supplémentaire, à hauteur de 12 005 euros.

Sur les conclusions aux fins de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties :

2. Aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminées conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation. ". L'article 1498 du même code, dans sa version en vigueur du 31 décembre 2003 au 1er janvier 2018, dispose, s'agissant de l'évaluation de la valeur locative des locaux commerciaux et biens divers : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : / 1° Pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, la valeur locative est celle qui ressort de cette location ; / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. () ". . L'article 324 AA de ce code, dans sa version en vigueur du 1er juillet 1979 au 30 juin 2018 prévoit que : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance. ".

En ce qui concerne l'évaluation des locaux litigieuses au titre des années 2015 et 2016 :

3. La société requérante soutient que les éléments retenus par l'administration pour déterminer la base d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties de son immeuble sont erronés et elle propose de retenir une valeur locative 1975 de 37 034, 42 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que la valeur locative cadastrale 1975 est de 63 444 euros soit une valeur locative pour la taxe foncière de 31 722 euros (63 444 euros x 50%), la valeur locative actualisée au titre des années 2015 et 2016 s'élève à 87 942 euros et 88 831 euros. Ainsi les impositions ont été établies sur la base d'une valeur locative inférieure à celle proposée par la société requérante. Dès lors, la société Jarry Confort n'est pas fondée a sollicité une réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020.

En ce qui concerne la surface réelle des locaux pour le calcul de la valeur locative pour les années suivantes :

4. La société requérante soutient que la surface réelle des locaux à évaluer est de 3 421,49 m² au lieu de 3 797,15 m² retenus par l'administration. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a pris en compte les déclarations rectificatives de la société requérante établies le 9 et 10 novembre 2020, de sorte que la surface réelle des locaux en litige était désormais de 4 233 m², supérieure à la surface réelle de 3 421 m² comme soutenu dans sa requête par la société requérante. Si elle conteste avoir déposé des déclarations rectificatives, en se limitant à communiquer des plans, dont la quasi-totalité d'entre eux ne sont pas suffisamment précis, s'agissant des métrages en litige, pour établir les faits qu'elle invoque et qui ne comportent pas l'indication du lot concerné dans l'immeuble objet de l'imposition en litige, la requérante ne permet pas au tribunal d'apprécier les erreurs de superficie qu'elle invoque. Dès lors, la société Jarry Confort n'est pas fondée à remettre en cause la surface retenue par l'administration fiscale dans le calcul des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties en litige.

En ce qui concerne la surface pondérée :

5. La société requérante soutient que la surface pondérée à retenir est de 2 536 m² au lieu de 3 645 m² retenue par l'administration dès lors qu'elle aurait dû appliquer un coefficient de pondération de 0,5, ainsi qu'il ressort de la doctrine administrative figurant au BOI-IF-TFB-20-10-30-30-20121210, points 300 et 310. Toutefois, cette demande n'est assortie d'aucune précision ni de justification sur la localisation, la configuration et la superficie de ces locaux. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que les critères de pondération retenus par le service seraient inadaptés, le moyen tiré de ce que la surface pondérée et la valeur locative qui en découle de ses locaux, retenues par l'administration fiscale, auraient été appréciées de manière erronée, doit être écarté.

En ce qui concerne le local-type retenu par l'administration :

6. La société requérante conteste les locaux-type pris en compte pour déterminer la valeur locative de sept locaux pour lesquels elle demande que soient substitués d'autres locaux-types qu'elle estime plus adaptés. Toutefois, en se bornant à rappeler les sociétés occupantes des locaux à évaluer sans indiquer le lot concerné, la société requérante ne permet pas au tribunal d'apprécier les erreurs qu'elle invoque et elle ne justifie nullement que les locaux types pris en compte par l'administration dans la méthode de comparaison ne sont pas adaptés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties présentées par la société Jarry Confort doivent être rejetées et par voie de conséquence les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Jarry Confort est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Jarry Confort et au directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Goudenèche, conseillère,

Mme le Roux, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023

Le président-rapporteur,

Signé :

S. GOUÈS

L'assesseure la plus ancienne,

Signé :

C. GOUDENÈCHE

La greffière,

Signé :

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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