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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2200393

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2200393

vendredi 27 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2200393
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge unique
Avocat requérantMATHURIN KANCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11, 28 avril 2022 et 10 janvier 2023, Mme B D, représentée par Me Mathurin-Kancel, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe a "suspendu" le versement de son revenu de solidarité active à compter du mois de février 2022 ;

2°) d'enjoindre au conseil départemental de la Guadeloupe de la rétablir dans ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation de Me Mathurin-Kancel au bénéfice de l'aide juridictionnelle par application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle a, courant du mois de mars 2022, constaté une absence de perception du revenu de solidarité active à compter du mois de février 2022 ; par une réclamation enregistrée le 28 mars 2022 sur la plateforme de la caisse d'allocations familiales, elle a contesté la suspension de son revenu de solidarité active ; par un courrier du 11 avril 2022, postérieurement à la suspension de son allocation, la caisse l'a informée que sa situation nécessitait l'avis du conseil départemental ; elle a fait l'objet d'un contrôle par la caisse le 13 juin 2022 ;

- la suspension de son revenu de solidarité active est irrégulière à partir du mois de février 2022 jusqu'à ce jour, en l'absence de possibilité pour elle de justifier de sa situation préalablement à l'effectivité de la suspension ;

- la suspension de son revenu de solidarité active méconnaît les dispositions des articles L. 262-2 et L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles ; la suspension du revenu de solidarité active relève en principe du président du conseil départemental qui doit informer préalablement l'intéressé qu'il envisage cette sanction ; c'est à la notification de cette décision que l'intéressé dispose d'un délai de deux mois pour contester et justifier des manquements qui lui sont reprochés ;

- en l'espèce, elle a constaté seulement la suspension du versement de son allocation de revenu ; en l'absence de versement pour les mois de février et mars 2022, elle a fait, le 28 mars 2022, une réclamation, pour contester cette suspension, dans son espace personnel du site de la caisse d'allocations familiales, et ce sans qu'aucune décision ne lui soit notifiée ;

- sur l'erreur manifeste d'appréciation, la caisse d'allocations familiales a estimé au regard des adresses communiquées et celle mentionnée pour le co-gérant de la société sur l'extrait K-bis, qu'il existait un doute sur sa situation maritale ; or, la caisse d'allocations familiales reconnaît qu'elle a indiqué avoir changé d'adresse depuis octobre 2018, élément qui figure sur le dernier extrait K-bis transmis aux services de la caisse ; jusqu'en 2022, le conseil départemental indique qu'elle percevait le revenu de solidarité active en considérant qu'elle était une personne célibataire vivant seule ; pour autant, son avis d'imposition fait apparaître qu'elle ne perçoit pas de salaire et, à ce titre, elle ne peut être regardée comme gérant-salarié ;

- en décidant de suspendre le versement de son revenu de solidarité active, le conseil départemental a commis une erreur d'appréciation des faits et de sa situation ;

- elle a remis à la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe tous les documents justifiant de sa situation professionnelle (extrait K-bis, statuts de l'entreprise, etc.) en qualité de gérante non-salariée de la société qu'elle a créée en réparation et vente informatique ;

- en ne percevant pas de salaire, l'absence de versement du revenu de solidarité active a en plus aggravé la précarité de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- Mme D a introduit deux recours contentieux devant la juridiction administrative pour la même cause les 23 avril 2021 et 17 mai 2022, enregistrés respectivement sous les numéros 2100391 et 2200393 ;

- le jugement n° 2100391 rendu le 14 octobre 2022 a décidé qu'il n'y a pas lieu à statuer sur la requête de Mme D en raison de la régularisation de son dossier par la caisse d'allocations familiales ;

- s'agissant du présent recours, Mme D a bénéficié du revenu de solidarité active jusqu'au 4 février 2022 ; les éléments permettant le calcul de l'allocation ont été envoyés à la caisse d'allocations familiales le 17 novembre 2022 ; le dossier de la requérante est en conséquence actuellement en cours de traitement par ladite caisse ; il en résulte que le recours est sans objet.

Par un mémoire en observations, enregistré le 2 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin conclut au rejet de la requête

Elle fait valoir que :

- jusqu'en janvier 2022, Mme D a régulièrement perçu le revenu de solidarité active en tant que célibataire, sans enfant à charge et ne disposant d'aucun revenu ; l'intéressée est gérante égalitaire d'une SARL, immatriculée au registre du commerce et des sociétés sous la dénomination "Micro-Caraïb-PC" ; à l'analyse des pièces communiquées par l'intéressée, notamment l'extrait K-bis, le service administratif de la caisse a constaté que Mme D et son associé présentent une adresse similaire ; aussi, avant de poursuivre le paiement de l'allocation, la caisse a saisi le conseil départemental d'une décision d'opportunité afin qu'il statue sur le droit de l'allocataire ; pour prendre sa décision, le président du conseil départemental a diligenté une enquête sur place afin de déterminer avec exactitude la situation professionnelle, financière et familiale de Mme D ;

- dans son rapport d'enquête, le contrôleur indique que la situation familiale de Mme D n'est pas très claire et que l'entreprise, dont elle est co-gérante, ne lui permet pas de se verser un salaire ; sur la base de ce contrôle, le président du conseil départemental a décidé, le 7 juillet 2022, de rejeter la demande de revenu de solidarité active de l'intéressée pour suspicion de vie maritale ; informée de cette décision, la caisse d'allocations familiales a notifié à Mme D le refus de droit par courrier du 27 juillet 2022 ;

- à la date du 14 septembre 2022, Mme D a déclaré en ligne avoir changé d'adresse depuis le mois d'octobre 2018 et communiqué par la même occasion un nouvel extrait K-bis sur lequel figure sa nouvelle adresse ; par la suite, soit depuis le 15 septembre 2022, elle a rempli une nouvelle demande de revenu de solidarité ; depuis, elle est mère célibataire ;

- Enfin, si la requérante conteste le fait que la caisse l'a codifiée comme gérant-salarié, sa situation professionnelle a été déterminée en fonction du régime fiscal de sa société ; en effet, cette dernière a déclaré que "le régime fiscal est l'impôt sur la société" (régime réel simplifié) ; dans ce cas, la codification de la caisse est bien "gérant-salarié".

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 12 mai 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. E, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sabatier-Raffin, premier conseiller ;

- les observations des représentants du conseil départemental de la Guadeloupe et de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin ;

- et les observations de Me Mathurin-Kancel, représentant Mme D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 777-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Au mois de mars 2022, Mme D a constaté que la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe a mis fin au versement du revenu de solidarité active au motif qu'elle n'avait pas renvoyé les déclarations trimestrielles de ressources. Par la présente requête, Mme D, contestant le fait que la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe ne lui verse pas le revenu de solidarité active, qu'elle estime pouvoir bénéficier, demande au Tribunal d'annuler cette décision de suspension et d'enjoindre à l'administration de la rétablir dans ses droits au bénéfice du revenu de solidarité active.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le conseil départemental de la Guadeloupe relative à la recevabilité de la requête :

2. D'une part, le premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : "Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental ().". Selon le premier alinéa de l'article R. 262-88 du même code : "Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée ().". Ce recours administratif préalable obligatoire constitue une demande au sens de l'article L. 112-1 du code des relations entre le public et l'administration, aux termes duquel : "Toute personne tenue de respecter une date limite ou un délai pour présenter une demande () peut satisfaire à cette obligation au plus tard à la date prescrite au moyen d'un envoi de correspondance, le cachet apposé par les prestataires de services postaux autorisés au titre de l'article L. 3 du code des postes et des communications électroniques faisant foi.". D'autre part, sauf texte contraire, le respect du délai de recours devant une juridiction administrative s'apprécie lors de l'enregistrement du recours au greffe de la juridiction.

3. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, vise à laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Pour autant, dès lors que le recours administratif obligatoire a été adressé à l'administration préalablement au dépôt de la demande contentieuse, la circonstance que cette dernière demande ait été présentée de façon prématurée, avant que l'autorité administrative ait statué sur le recours administratif, ne permet pas au juge administratif de la rejeter comme irrecevable si, à la date à laquelle il statue, est intervenue une décision, expresse ou implicite, se prononçant sur le recours administratif. Il appartient alors au juge administratif, statuant après que l'autorité compétente a définitivement arrêté sa position, de regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours administratif préalable, qui s'y est substituée.

4. Le conseil départemental de la Guadeloupe fait valoir que le recours de Mme D est sans objet dès lors que le dossier de celle-ci est en cours de traitement par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe. Toutefois, il résulte de l'instruction que le recours de Mme D, enregistré au greffe du Tribunal le 11 avril 2022, fait suite, d'une part, à la suspension de son revenu de solidarité active à compter du mois de mars 2022 par ladite caisse et, d'autre part, au recours administratif préalable obligatoire que l'intéressée a adressé, le 1er avril 2022 au président du conseil départemental, de telle sorte que le recours contentieux a été déposé sans que l'autorité administrative ait pu arrêter définitivement sa position. Toutefois, à la date à laquelle il est statué, est intervenue, le 7 juillet 2022, une décision expresse du département de la Guadeloupe rejetant la demande de Mme D et se prononçant, par voie de conséquence, sur son recours administratif, cette décision ayant été confirmée par le 27 juillet 2022, par la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir du conseil départemental de la Guadeloupe ne peut être accueillie.

Sur la détermination des droits à l'allocation de revenu :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : "Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / ().". L'article R. 262-35 du même code précise que : "Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. / ().". En vertu du 1° de l'article R. 262-40 de ce code, le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies.

6. D'autre part, l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction alors applicable, dispose que : "Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / () ; / 4o Ou lorsque le bénéficiaire refuse de se soumettre aux contrôles prévus par le présent chapitre. / Cette suspension ne peut intervenir sans que le bénéficiaire, assisté à sa demande par une personne de son choix, ait été mis en mesure de faire connaître ses observations aux équipes pluridisciplinaires mentionnées à l'article L. 262-39 dans un délai qui ne peut excéder un mois. / Lorsque, à la suite d'une suspension de l'allocation, l'organisme payeur procède à une reprise de son versement et, le cas échéant, à des régularisations relatives à la période de suspension, il en informe le président du conseil départemental en précisant le nom de l'allocataire concerné et en explicitant le motif de la reprise du versement de l'allocation. / ().". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : "Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments.". En outre, il résulte de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article R. 262-83 du code de l'action sociale et des familles, que la non-présentation à l'organisme chargé du service de la prestation des pièces justificatives nécessaires au contrôle des conditions d'ouverture de droit entraîne la suspension "du versement de la prestation jusqu'à la production des pièces demandées".

7. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources, dont il dispose, ainsi que sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, sauf à avoir procédé, en l'absence de domicile stable, à une élection de domicile dans les conditions prévues par les

articles L. 264-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles. Cette obligation a notamment pour objet de permettre de connaître la situation de l'allocation et de la composition de son foyer. L'organisme chargé du service de la prestation qui constate, en raison d'une déclaration inexacte du bénéficiaire sur sa résidence, son empêchement à procéder aux contrôles prévues par le chapitre II du titre VI du livre II du code de l'action sociale et des familles, peut suspendre le versement du revenu de solidarité active en vertu du 4° de l'article L. 262-37 du même code, en mettant en œuvre la procédure prévue par cet article, ou en vertu de l'article L. 161-1-4 du code de la sécurité sociale. Si l'autorité administrative est, en outre, en mesure d'établir que le bénéficiaire ne peut prétendre au bénéfice de l'allocation de revenu de solidarité active ou qu'il n'est pas possible, faute de connaître le montant exact des ressources des personnes composant le foyer de déterminer s'il pouvait ou non bénéficier de l'allocation pour la période en cause, elle est en droit de mettre fin à cette prestation et, sous réserve des délais de prescription, de décider de récupérer les sommes qui ont ainsi été indûment versées à l'intéressé. Il appartient au juge administratif de rechercher dans quelle mesure l'autorité administrative a pu se fonder sur les déclarations de l'intéressé quant au lieu de sa résidence, de sa situation professionnelle, financière et familiale.

8. La décision de suspendre ou de mettre fin au bénéfice de l'allocation du revenu de solidarité active de cette allocation à compter du mois de février 2022, prise à l'encontre de Mme D, a été motivée, au vu de l'analyse des pièces qu'elle a communiqué, notamment de l'extrait K-bis au 31 mars 2022, par la circonstance que l'intéressée et son associé présentaient une adresse similaire, conduisant la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe à saisir le conseil départemental d'une décision d'opportunité afin qu'il soit statué sur le droit de Mme D.

9. Il résulte de l'instruction que l'allocataire a fait l'objet d'un contrôle quant à sa situation le 13 juin 2022 dans le cadre du revenu de solidarité active, qui a donné lieu à un rapport établi le 16 juin 2022. Ce rapport mentionne que la situation de Mme D n'est pas claire, en admettant toutefois que la société, dont elle est co-gérante, ne lui permet pas de de se verser une rémunération. Sur le plan familial, Mme D déclare ne pas être en concubinage avec son co-gérant, M. C, bien qu'elle partage avec ce dernier une adresse de domicile commune, qu'il est le père de son enfant à naître et contribue financièrement, selon l'enquêteur, à toutes les charges du ménage. Si Mme D soutient que ses droits ont été méconnus, notamment sur le fait qu'elle n'a pu justifier de sa situation préalablement à la suspension de son allocation de revenu, le rapport précise toutefois que l'allocataire a été informée, d'une part, de son droit d'apporter toute précision, modification ou rectification, par tous moyens, de contester par écrit le rapport de contrôle et, d'autre part, des suites du contrôle. Dans ces conditions, Mme D ne peut soutenir que la suspension de son droit au revenu de solidarité active est illégale. C'est sur la base de ce rapport que le président du conseil départemental a rejeté, le 7 juillet 2022, la demande d'allocation faite par Mme D au motif de la suspicion de vie maritale de l'intéressée, et a informé, ensuite, la caisse d'allocations familiales, qui a, en conséquence, confirmé la fin du versement de l'allocation. La circonstance que Mme D a effectué, le 15 novembre 2022, une nouvelle demande de revenu de solidarité active, après avoir déclaré en ligne, un nouvel extrait K-bis au 28 septembre 2022, un changement d'adresse différent de celui son co-gérant ainsi que la naissance de son fils, A, le 10 octobre 2022, est sans incidence sur la décision contestée du 27 juillet 2022, dès lors que sa nouvelle demande est postérieure à cette décision et conduit à une nouvelle instruction, actuellement en cours, de sa demande de revenu de solidarité active. Pa suite, Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 27 juillet 2022, par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe a mis fin à son droit au revenu de solidarité active à compter du mois de février 2022.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E

Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au conseil départemental de la Guadeloupe.

Copie, pour information, en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe et de Saint-Martin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

P. ELa greffière,

Signé

N. Ismaël

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cetol

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