vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200734 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juillet 2022 et le 23 juin 2023, la SARL société antillaise de location de véhicules automobiles (SALVA), représentée par Me Zapf, demande au tribunal :
1°) de réformer la décision du 19 mai 2022, par laquelle le directeur général des finances publiques lui a refusé le bénéfice de l'aide " coûts fixes " au titre des mois de janvier à octobre 2021 ;
2°) de lui accorder l'aide sollicitée ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle remplissait toutes les conditions pour bénéficier de l'aide " coûts fixes original " pour le mois de mai 2021, pour lequel elle a enregistré une baisse de 66,8% du chiffre d'affaires par rapport au mois de mai 2019, et que l'administration fiscale aurait dû lui accorder partiellement l'aide sollicitée pour ce mois-ci seulement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la société requérante a déposé une demande calculée sur la base bimestrielle pour les mois de mai et juin, période sur laquelle elle ne démontre pas avoir subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 50%.
Par ordonnance du 8 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2021-310 du 24 mars 2021 instituant une aide visant à compenser les coûts fixes non couverts des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- et les conclusions de Mme Créantor, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL société antillaise de location de véhicules automobiles (SALVA) a adressé à la direction des grandes entreprises de la Guadeloupe, par courriel du 9 mars 2022, une demande d'aide au titre du décret n° 2021-310 du 24 mars 2021 instituant une aide visant à compenser les coûts fixes non couverts des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19, dite aide " coûts fixes ". Par une décision du 19 mai 2022 dont la société demande l'annulation, le directeur général des finances publiques a expressément rejeté sa demande d'aide " coûts fixes ".
2. Aux termes de l'article 1 du décret n° 2021-310 du 24 mars 2021 instituant une aide visant à compenser les coûts fixes non couverts des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 : " I. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 susvisé peuvent bénéficier, au cours du premier semestre 2021, d'une aide complémentaire bimestrielle destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : () 2° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités de l'article 3, d'au moins 50 % durant la période éligible () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " I. - La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article pour la période éligible est définie comme la somme des pertes de chiffre d'affaires de chacun des deux mois de la période éligible. / II. - La perte de chiffre d'affaires au titre d'un mois est la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires constaté au cours du mois et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme le chiffre d'affaires réalisé le même mois de l'année 2019 () ".
3. En l'espèce et tout d'abord, il est constant que la société SALVA n'a pas subi une perte de chiffre d'affaires de plus de 50 % au titre des mois de mai et juin 2021 par rapport aux mois de mai et juin 2019 ainsi que l'exigent les dispositions citées au point précédent. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a, par la décision attaquée, refusé de lui octroyer l'aide " coûts fixes " complémentaire bimestrielle sollicitée sur le fondement du décret du 24 mars 2021 précité. Par ailleurs, il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe, et alors que le décret du 24 mars 2021 a institué une aide calculée spécifiquement sur une période bimestrielle, que l'administration fiscale pouvait décider d'accorder partiellement l'aide " coûts fixes " bimestrielle pour l'un seul des deux mois de la période éligible si la perte de chiffre d'affaires au titre de ce mois était supérieure à 50 %. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors que l'administration fiscale ne lui a pas accordé l'aide " coûts fixes " complémentaire bimestrielle pour le mois de mai 2021 uniquement.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société SALVA doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL société antillaise de location de véhicules automobiles est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL société antillaise de location de véhicules automobiles et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
M. Lubrani, conseiller,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
S. GOUÈS La greffière,
Signé
N. ISMAËL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026