jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200769 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 juillet 2022, le 19 août 2022 et le 25 août 2022, M. A B demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Il soutient que :
- sur la régularité de la procédure d'imposition : le service vérificateur refuse de lui transmettre la copie de son droit de communication auprès de ses banques ;
- sur le bien-fondé des impositions supplémentaires, la reconstitution des bénéfices et des charges est erronée, notamment, il est en droit de bénéficier de l'exonération prévue à l'article 44 octies du code général des impôts ; pour les exercices 2017 et 2018, la commission d'un montant de 13 200 euros versée par le SNC Harold a été saisie au crédit du compte 706000 , les cotisations sociales de l'URSAFF ont été affectées à tort aux comptes 6451100 et 645300 au lieu du compte 646101 réservé aux cotisations sociales de l'exploitant, le montant des cotisations pour l'exploitant réclamées par l'URSAFF s'élève à 12 052 euros et à 12 932 euros ; la somme due au cabinet de courtage Poema Insurances est d'un montant de 135 705,99 en 2018 et de 7 758,32 euros en 2019 ; le calcul du crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement est erroné dès lors qu'il n'a pas eu de revenus exceptionnels en 2018 ;
- il a procédé aux corrections des bilans comptables 2017 et 2018 conformément aux recommandations du vérificateur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerce sous la forme d'une entreprise individuelle l'activité de courtier en assurance, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Une proposition de rectification en date du 31 mai 2021 lui a été notifiée tirant, notamment, les conséquences en matière d'impôt sur le revenu des rehaussements envisagés. Par courrier du 12 août 2021, M. B a formulé des observations. Les cotisations supplémentaires ont été mises en recouvrement par voie de rôle du 31 janvier 2022 pour les années 2017 et 2018 et rôle du 31 décembre 2022 pour l'année 2019. Par réclamation du 10 mars 2022, l'intéressé a contesté les impositions supplémentaires mises à sa charge. Par une décision du 20 mai 2022, sa demande a été satisfaite partiellement. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Sur l'étendue du litige
2. D'une part, il résulte de l'instruction que M. B a limité sa réclamation préalable aux exercices 2017 et 2018. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à la décharge des impositions supplémentaires mises à la charge du requérant au titre de l'année 2019 sont irrecevables.
3. D'autre part, par une décision du 20 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe a pris en compte une déduction des charges sociales dues à l'URSAFF à hauteur des sommes déclarées par le requérant soit 3 616 euros au titre de l'exercice 2017 et 2 740 euros au titre de l'exercice 2018 et a retenu la somme de 8 436 euros (12 052-3 616) et la somme de 10 192 euros (12 932 - 2 740). L'administration a dès lors prononcé un dégrèvement de 5 014 euros au titre de 2017 et 31 273 euros au titre de 2018. Les conclusions à fin de décharge à hauteur des sommes dégrevées sont donc irrecevables.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
4. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration fiscale, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque l'administration fonde les rectifications envisagées sur plusieurs motifs distincts et autonomes, le défaut de communication des informations utilisées pour établir l'un de ces motifs n'est pas de nature à entacher d'irrégularité, dans son ensemble, la procédure d'imposition, dès lors qu'elle a bien communiqué les informations concernant les motifs justifiant à eux-seuls l'imposition.
5. M. B soutient que malgré ses nombreuses demandes, l'administration a refusé de mettre à sa disposition la copie du droit de communication exercé par le vérificateur de l'administration. Toutefois, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale a fait usage, auprès des établissements bancaires de l'intéressé, du droit de communication qu'elle détient en application des dispositions des articles L. 81, L. 83 et L. 85 du livre des procédures fiscales. D'autre part il ne résulte pas de l'instruction que l'administration se serait fondée sur ces documents pour établir les impositions supplémentaires mises à sa charge. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
Sur le bien-fondé des impositions :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 44 octies A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " I.- Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2014, créent des activités dans les zones franches urbaines définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire, ainsi que ceux qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, exercent des activités dans les zones franches urbaines définies au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la même loi sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones. Ces bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés à concurrence de 40 %, 60 % ou 80 % de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours des cinq premières, de la sixième et septième ou de la huitième et neuvième périodes de douze mois suivant cette période d'exonération. () ".
7. Il résulte de l'instruction, en particulier de la proposition de rectification du 31 mai 2021, que pour remettre en cause l'exonération dont s'est prévalue la société requérante sur le fondement des dispositions de l'article 44 octies A du code général des impôts, le service vérificateur a mis en avant plusieurs éléments de fait démontrant selon lui l'absence d'exercice par celle-ci d'une activité effective, concrétisée par une présence significative sur les lieux et par la réalisation d'actes en rapport avec cette activité, dans la zone franche urbaine. A cet égard, l'administration fiscale fait valoir qu'une mention du 26 septembre 2003 de l'extrait KBIS précise que la nouvelle adresse de l'établissement principal de la société est le 19 rue du faubourg Alexandre Isaac, 205 centre d'affaires privalis BP 2102 à Pointe-à-Pitre. L'administration a ensuite indiqué que l'analyse des adresses mentionnées sur ses relevés bancaires révèle que ces derniers ont été adressés à Agence B S2A BP 2101 Baie-Mahault 97193 Jarry cedex. De même que les factures cafineo de 2017 ont été adressées à l'immeuble BDAF rue Félix Eboué 97110 Pointe-à-Pitre et que cette même adresse figure sur les DSN 2017 et 2018. L'administration indique également que si lors du débat oral et contradictoire, M. B a déclaré avoir réellement commencé son activité au 19 faubourg Alexandre Isaac en 2014 alors que l'établissement n'a jamais été fermé entre 2003 et 2014, il n'a pas été en mesure de présenter de justificatifs établissant l'absence d'activité au siège social entre 2003 et 2014.
8. Si pour démontrer l'occupation du local en cause, la société requérante affirme pour sa part que sa société a son siège en zone franche urbaine depuis 2014 et produit à cet effet un contrat de bail daté du 12 février 2014 et une attestation du maire de la commune de Pointe-à-Pitre en date du 10 juillet 2014, les contradictions relevées entre les pièces et les déclarations de l'intéressé ne permettent pas d'établir que la société requérante exerce son activité en zone franche urbaine et qu'elle pourrait de ce fait bénéficier de l'exonération prévue à l'article 44 octies du code général des impôts.
9. En deuxième lieu, aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts, applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ".
10. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable de justifier tant du montant des charges qu'il entend, en application du I de l'article 39 du code général des impôts précités, déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du même code que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
En ce qui concerne les frais d'entretien de véhicule :
11. Il résulte de l'instruction que M. B a déduit de ses bénéfices industriels et commerciaux des frais d'entretien de véhicule. L'administration qui a refusé d'admettre en déduction de ces charges, indique sans être sérieusement contredite que ce véhicule Mercedes dont il s'agit n'est pas immatriculé au nom de la société et que les factures dont M. B se prévaut pour justifier ces frais sont établies au com de la société CAS Europe. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé la déduction des frais d'entretien de véhicule du bénéfice industriel et commercial.
En ce qui concerne les frais kilométriques :
12. Il résulte de l'instruction que l'administration a également refusé d'admettre en déduction du résultat les indemnités kilométriques déclarées par M. B en faisant valoir que M. B n'avait démontré ni la réalité des déplacements ni le caractère professionnel de ces derniers. Si le requérant entend bénéficier d'une indemnité forfaitaire d'un montant de 14 175 euros sur la base d'un kilométrage annuel moyen de 28 000 km, l'intéressé ne produit aucun élément déterminant le nombre et la nature professionnel des déplacements. Dès lors, l'administration était fondée à refuser la déduction de ces charges.
En ce qui concerne les primes versées à Poema Insurances :
13. L'administration a refusé d'admettre en déduction du résultat au titre de l'exercice 2018 les cotisations relatives à des contrats avec des clients dues à la société Poema Insurances à hauteur de 42 920 euros au motif que les pièces produites sont fournies sans explication de nature à préciser le caractère et le montant de la charge. Si M. B soutient que la somme due à Poema Insurances s'élève à 135 705,99 euros et qu'en décembre 2018 il a émis un chèque de 42 920,88 euros, les pièces qu'il produit ne sont pas de nature à établir la réalité de cette somme.
En ce qui concerne la commission de la SNC Harold :
14. Il résulte de l'instruction que l'administration a réintégré au produit imposable de la société au titre de l'année 2017 la somme de 13 200 euros correspondant à une commission versée par la SNC Harold. Si M. B conteste l'absence de cette déclaration et fait valoir que cette somme avait bien été comptabilisée au titre de l'année 2017, l'intéressé ne démontre pas par les pièces qu'il produit notamment le grand livre général un bilan simplifié, un compte de résultat simplifié des années 2017 et 2018, et les liasses fiscales rectificatives au titre des exercices 2017 et 2018. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré la somme de 13 200 euros au bénéfice imposable de M. B.
En ce qui concerne le crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement (CIMR)
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le président rapporteur,
Signé
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
V. BIODORELa greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026