jeudi 6 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300153 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, M. B A, représenté par Me Gilles, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 19 décembre 2022 par laquelle le président de l'université des Antilles a refusé de lui payer deux mois de traitement, pour un montant de de 14 747,77 euros ;
2°) d'enjoindre à l'Université des Antilles de lui verser cette somme, assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 avril 2019, date de cessation de ses fonctions ;
3°) de mettre à la charge de l'Université des Antilles une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été recruté par arrêté du 14 janvier 2019 en tant que professeur invité au sein de la faculté des sciences juridiques et économiques pour une durée de deux mois au cours de l'année universitaire 2018/2019 ;
- il n'a jamais perçu sa rémunération.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, l'Université des Antilles, représentée par Me Moreau, conclut à ce que la somme demandée par le requérant soit réduite à 12 641,22 euros et à ce que les intérêts moratoires commencent à courir à compter de la date de réception de la réclamation préalable de l'intéressé.
Elle fait valoir que la somme demandée par le requérant correspond à une rémunération brute et doit être ramenée à 12 641,22 euros après application du taux de retenue applicable au moment du paiement.
Par une ordonnance du 22 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 14 janvier 2019, M. B A a été recruté en qualité de professeur invité pour exercer des fonctions d'enseignement et de recherche à la faculté des sciences juridiques et économiques de l'Université des Antilles pour une durée de deux mois au cours de l'année universitaire 2018/2019. Par courrier du 10 octobre 2022, reçu le 19 octobre suivant, il a demandé au président de l'Université des Antilles le paiement de ses deux mois de traitement. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite du 19 décembre 2022 par laquelle le président de l'université des Antilles a rejeté sa demande, et d'enjoindre à l'Université des Antilles de lui payer la somme sollicitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En l'espèce, il est constant que M. A a effectivement accompli deux mois de service au cours de l'année universitaire 2018/2019 sans recevoir de traitement en raison de son âge, supérieur à la limite d'âge règlementaire au moment de son recrutement. L'Université conteste cependant la somme de 14 747,77 euros que l'intéressé sollicite dès lors que celle-ci correspond à une rémunération brute, et fait valoir en défense qu'après déduction de diverses charges, la somme qu'elle aurait dû verser à M. A s'élève à 12 641,22 euros. Le requérant, auquel ce mémoire en défense a été communiqué, n'apporte aucun élément contraire quant au montant avancé par l'Université. Par suite, la décision implicite par laquelle le président de l'Université des Antilles a refusé de verser à M. A une somme de 14 747,77 euros au titre des services accomplis au cours de l'année universitaire 2018/2019 doit être annulée en tant qu'elle a implicitement rejeté sa demande de versement de la somme de 12 641,22 euros.
3. Eu égard au motif retenu, l'annulation de la décision implicite attaquée implique seulement et nécessairement que l'Université des Antilles verse à M. A une somme de 12 641,22 euros au titre de sa rémunération nette pour les deux mois de service accomplis au cours de l'année universitaire 2018/2019.
Sur les intérêts :
4. M. A demande le versement d'intérêts de retard. A cet égard, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur.
5. En l'espèce, M. A a demandé à l'Université des Antilles, par courrier du 10 octobre 2022, reçu le 19 octobre 2022, le paiement de son traitement correspondant aux deux mois de service qu'il a effectués. L'intéressé a droit aux intérêts au taux légal courant sur cette somme à compter de la date de réception de sa demande préalable, le 19 octobre 2022.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Université des Antilles la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle l'Université des Antilles a rejeté la demande de paiement du traitement de M. A au cours de l'année universitaire 2018/2019, est annulée en tant qu'elle refuse de lui verser la somme de 12 641,22 euros.
Article 2 : L'Université des Antilles est condamnée à verser à M. A une somme de 12 641,22 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable, le 19 octobre 2022.
Article 3 : L'Université des Antilles versera une somme de 1 500 euros à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Université des Antilles.
Délibéré après l'audience du 18 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ho Si Fat, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2025.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
F. HO SI FAT La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière
Signé
L. LUBINO
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026